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LAIT / Retrouver la confiance

Contrairement aux prévisions, 2020 n’a pas été l’année de l’effondrement des marchés laitiers. Néanmoins, les cours reculent, les charges augmentent, le prix et la collecte diminuent modérément en Bretagne, le revenu des éleveurs s’inscrit en baisse. 2021 pourrait être l’année du retour à des équilibres de marché plus satisfaisants. Mais la confiance est ébranlée et c’est là peut-être un péril encore plus insidieux pour la filière bretonne.

31 000 euros/UTA : C’est le résultat courant avant impôts des éleveurs laitiers bretons spécialisés en 2019

Après 4 années consécutives de hausse, le prix du lait payé aux éleveurs bretons se replie annuellement de 1,2 % en 2020. Il atteint en moyenne 353 € toutes primes et qualités prises en compte, ce qui reste supérieur à la moyenne décennale.
Le résultat disponible par UTH se dégrade de 8 % en 2020 au sein des élevages bretons du réseau Inosys, soit 3 400 €/UTH familial de moins en comparaison à 2019. En cause notamment, la hausse des charges opérationnelles ainsi que la diminution du prix du lait et du produit cultures. La baisse du résultat est davantage accentuée au niveau national : plus économes en aliment concentré, les élevages bretons ont atténué l’impact de la flambée des coûts de l’aliment.

Les chiffres de l'agriculture

5,4 % milliards : de litres de lait sont livrés à l’industrie en 2020 dans la région

La collecte bretonne atteint 5,4 Mds de litres en 2020, en léger repli annuel de 0,5 %. À l’inverse, la collecte progresse légèrement (0,5 %) au niveau national. L’année a notamment été marquée par la chute de 2,8 % des livraisons au mois d’avril en comparaison à un an plus tôt. Cette évolution est liée entre autres à la mise en œuvre du plan interprofessionnel de réduction de la collecte. Il a permis d’écrêter l’habituel pic de collecte printanier, au moment où le 1er confinement intervenait en France.
Le repli de la production s’explique aussi par la réduction du cheptel laitier. En janvier 2021, le cheptel breton de vaches est en recul de 2,2 % par rapport à un an plus tôt.

Les chiffres de l'agriculture

L'Actualités de la filière

À RETENIR DE 2020

Les effectifs de vaches laitières reculent en Bretagne comme au niveau national. Jusqu’ici, les gains de productivité ont limité l’impact sur la production laitière bretonne. Autre point notable, l’agrandissement des élevages a ralenti en 2020.

La production laitière bio bretonne s’inscrit en croissance annuelle de 11 % en 2020. Face à un marché moins dynamique, plusieurs transformateurs ont suspendu temporairement les conversions depuis l’automne 2020.

L’Association d’organisations de producteurs (AOP) du Grand Ouest, rebaptisée Poplait en 2020, continue à s’élargir. Elle prévoit l’intégration de nouvelles OP dans ses rangs d’ici fin 2021. Poplait, qui souhaite porter des projets pour le compte de ses OP adhérentes, indique notamment explorer la voie d’une valorisation locale d’une partie de leur lait.

LES ENJEUX DE LA FILIÈRE POUR 2021 ET LES ANNÉES SUIVANTES

Début 2021, les transformateurs laitiers bretons continuent d’être secoués par la pandémie avec pour certains l’enjeu pressant de consolider leur rentabilité. Cela conduit à des repositionnements stratégiques : abandon du lait conventionnel pour Triballat-Noyal, délégation de la collecte pour Froneri, transfert dans l’Orne de fabrications fromagères jusque-là assurées dans la fromagerie vieillissante de Retiers pour Lactalis…
Pour améliorer la rentabilité, le bon chemin est-il encore celui de la montée en gamme et de la promotion des marques nationales ? Les consommateurs pourraient être moins réceptifs à la montée en gamme, à l’heure où le pouvoir d’achat et le prix redeviennent des préoccupations fortes, comme l’illustre le développement des ventes de produits sous marque de distributeurs.
La rentabilité de la production et l’amélioration des conditions de travail sont deux défis à relever pour assurer l’attractivité de l’élevage laitier et la reprise des élevages qui seront libérés dans les années à venir dans le cadre de nombreux départs à la retraite.
La stratégie nationale bas-carbone prévoit, au niveau national, une réduction de 18 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur en 2030 par rapport à 2015 et de 46 % à l’horizon 2050. Comment s’adaptera le secteur laitier breton, considéré comme émetteur de GES ?

 

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