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Au nom des jeunes et de leur libre arbitre

Loïc Guines, président de la chambre d’agriculture d’Ille et Vilaine.

Pas facile de retrouver l’air libre à la sortie d’une projection du film "au nom de la terre". On est démuni face à la détresse de l’agriculteur, de sa femme, de ses enfants, vécue dans la chair et l’âme du réalisateur. On pourrait être cet agriculteur, sa femme, son fils ou sa fille, son père ou sa mère, son ami, son voisin et collègue. Chacun peut un jour se retrouver sur cette ligne de crête, où l’épuisement physique et mental peut conduire à la dépression et au désespoir, quand d’autres, tiennent le coup et rebondissent.

Au nom de ceux qui s’usent …

Nombreux sont ceux qui cumulent les heures de travail sans revenus supplémentaires ; ceux qui angoissent à l’idée d’une intrusion dans leur élevage ; d’appliquer un traitement dans une parcelle ; ceux pour qui les livraisons de céréales et les avances PAC ne couvriront pas les encours chez le fournisseur ; ceux qui peinent à se faire remplacer quelques jours ; qui se sentent seuls et n’osent pas parler de leurs difficultés.

Le film dénonce "le système". A juste titre peut-être ? L’engrenage de l’endettement, la course aux prix bas, la charge de travail, enlève à l’agriculteur sa capacité de décider et de rester patron chez lui. Au point qu’il n’arrive plus à écouter, ni entendre ceux qui pourraient l’aider. 

Cet aspect du film bouscule les valeurs de solidarité et de responsabilité collective de nos organisations et institutions. Au point de ne plus discerner entre ce que nous avons raté collectivement, mais aussi ce que nous avons réussi collectivement.

La force du film, c’est aussi d’aborder la responsabilité individuelle et le poids moral de la famille sans concession. Il questionne l’éternelle tension interne au sein du monde agricole entre la revendication de libre entreprise, son imbrication dans l’histoire de la famille.

L’environnement familial peut être nid protecteur ou une prison mentale.

Aidons les jeunes à mettre des mots sur ce qui se joue au moment de leur installation et à leur autonomie de décision. Des jeunes bien dans leurs bottes, bien dans leur tête…

Les plus jeunes enchaînent expériences à l’étranger, ou dans d’autres métiers, avant de s’installer. Nos territoires ont besoin d’eux pour produire les produits agricoles et alimentaires attendus par nos concitoyens. C’est donc avec eux et pour eux que nous devons cultiver des raisons d’espérer en un avenir plus porteur pour l’agriculture. Récemment un jeune agriculteur témoignait souffrir davantage de la crise de reconnaissance que de la crise économique.

Personne ne peut s’épanouir sans respect ni reconnaissance.

Si l’organisation collective agricole d’aujourd’hui, et notamment la chambre d’agriculture, n’avait qu’une mission, ce, serait celle-là : permettre à la nouvelle génération d’agriculteurs, issus d’horizons très divers, d’embrasser le métier, libres dans leur choix, bien dans leurs bottes et dans leur tête.

Il faut aller voir "Au nom de la terre".  La culture est un puissant médiateur. Emparons nous des questions qu’il nous pose, avec humilité et volonté partagée de tracer des raisons de devenir agriculteurs et l’espoir d’en vivre bien ?

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