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Phytos : l'échange entre agriculteurs permet de progresser

Si la demande sociétale se fait plus pressante, relayée par celle des acheteurs, réduire les phytos à l'échelle de l'exploitation n'est pas si simple. Lancés dans le cadre du programme Écophyto, les groupes Dephy y sont parvenus, notamment via l'échange entre producteurs. Retour d'expériences en zone légumière.

À la demande des bassins versants de l'Horn, de la Penzé et du Trégor, la chambre d'agriculture a organisé trois rendez-vous autour des phytos. Ici le 19 décembre dernier à Sibiril (29).

"L'objectif qui nous était assigné était clair : réduire les IFT, les indices de fréquence de traitement, de 27 %". Animateur du groupe Dephy salades du Finistère voilà trois ans déjà que Nicolas Mézencev suit une douzaine de légumiers. Et les résultats sont au rendez-vous. "Sur les salades de printemps, nous en sommes même à 40 %", détaille le conseiller légumes à la chambre d'agriculture. Si fongicides et insecticides sont en nette régression, les produits de bio-contrôle ont progressé, notamment pour lutter contre le rhizoctone, les limaces...

 

Lister les leviers

"Nous avons commencé par lister les leviers que chaque producteur pouvait activer". Ainsi, le faux semis est désormais utilisé par plus d'un membre du groupe sur deux. "Je le pratique dès que la météo le permet, témoigne Christian Stéphan, légumier sur une soixantaine d'hectares à Sibiril (29). S'il réduit les adventices jusqu'à 40 %, il améliore aussi mes conditions de travail : parfois, les fenêtres météo sont très courtes et avec le faux semis, réalisé quelques jours avant, je n'ai plus que le culti-rateau à passer". Mais ce n'est pas là son seul avantage ! "Le faux semis va réchauffer la terre et permettre une meilleure reprise de la culture, qui va couvrir le sol plus rapidement. Et une plante en pleine forme est moins attractive pour les insectes". Autant de gagné sur l'IFT !

Les agriculteurs ont pris conscience qu'on peut faire aussi bien avec moins.

Filet et film plastique

En culture de salade, le filet insect-proof limite les attaques de noctuelles et de pucerons. Et le paillage plastique, notamment sur les chicorées, réduit les problèmes sanitaires, en évitant les projections de terre et la remontée des maladies du sol, tout en permettant de gagner en calibre.

"On a également constaté que diminuer les apports d'azote permet de réduire les bactérioses, rajoute Nicolas Mézencev. Et certains producteurs font maintenant l'impasse sur l'engrais pour les cultures de fin d'été". C'est aussi l'expérience qui a conduit Christian Stéphan à bannir l'arrosage après binage. "C'est la porte ouverte aux maladies".

Pour lutter contre le sclérotinia, qui peut provoquer jusqu'à 50 voire 70 % de perte sur Iceberg, un produit de bio-contrôle est désormais utilisé. "Il réduit jusqu'à 50 % la viabilité des sclérotes dans le sol, explique Claire Gouez, conseillère légumes à la chambre d'agriculture. Ce n'est pas toujours suffisant. Mais cela permet une meilleure efficacité des autres méthodes de lutte".

 

Aussi bien avec moins

"Améliorer nos pratiques ? Nous n'avons guère le choix", estime Christian Stéphan. Si la demande sociétale est là, la pression des acheteurs aussi, tous soucieux de communiquer sur le sujet. "Mais réduire les traitements est aussi intéressant pour nous".

Livrer obligatoirement une salade zéro défaut a pu pousser certains producteurs à jouer la sécurité. "Et l'échange au sein du groupe, à partir des expériences des uns et des autres, nous a conduit à remettre en cause nos pratiques", apprécie le légumier. Ainsi, le traitement à plein contre le botrytis a été totalement abandonné. "Mais les solutions de l'un ne seront pas forcément transposables chez l'autre, prévient Claire Gouez. Chacun doit s'adapter aux conditions de son exploitation".

Très différentes au lancement du groupe il y a trois ans, les pratiques ont désormais tendance à se resserrer. "Les agriculteurs qui traitaient plus ont pris conscience qu'on peut faire aussi bien avec moins".

 

Une Échalote résistante au mildiou

Si les groupes Dephy sont parvenus à réduire nettement les IFT, le programme Ecophyto n'a cependant pas atteint l'objectif qui lui était assigné, ce qui a poussé le Gouvernement à lancer les Fermes 30 000. "Un groupe vient d'être lancé dans la zone légumière, cette fois autour de la culture d'échalotes", détaille Claire Gouez. Une production à l'IFT important, puisque nécessitant jusqu'à une dizaine de traitements. L'arrivée de la variété Molène, résistante au mildiou, va cependant modifier la donne, au fil de la disponibilité en semences. Et l'élargissement de la gamme Zéro phyto de Prince de Bretagne à l'échalote oblige les producteurs à raisonner autrement. "C'est notamment vrai pour le désherbage des allées, indique Claire Gouez. Certains ont acheté une bineuse sophistiquée. D'autres en ont bricolé une".

 

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