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Plan de relance : La marque Denormandie

Le nouveau ministre de l’Agriculture dévoile, avec le volet agricole du Plan de relance, sa vision" de la politique agricole qu’il veut mener d’ici la fin de son mandat. Tirant les conclusions de la période du confinement qui avait chamboulé les filières agricoles, Julien Denormandie veut se réorienter vers la "souveraineté alimentaire et agricole" et l’augmentation de la consommation de "produits frais".

© Pixabay

Comme annoncé, le volet "Transition agricole, alimentation et forêt" du plan de relance sera doté de 1,2 Mrd€ sur deux ans, dont 200 M€ consacrés aux filières bois et forêt. Présenté par le ministre de l’Agriculture le 3 septembre, ce volet agricole du plan provient uniquement de "fonds additionnel" (incluant le plan de relance européen) et ne reprend pas les budgets déjà programmés de la Pac ou des comptes de l’État : "Ça ne sera que du plus", a assuré Julien Denormandie.
Le plan comprend quatre axes : le premier volet vise à "reconquérir la souveraineté alimentaire de la France" (364 M€). Il comprend un plan protéines (100 M€), un plan de modernisation des abattoirs et des élevages (250 M€), et des mesures pour le renouvellement des générations (communication sur l’attractivité des métiers, bilans carbone pour les jeunes installés).

 

Abattoirs territoriaux en difficulté

"Le plan protéines, beaucoup en parlaient, mais il n’y avait pas d’argent en face", se félicite Julien Denormandie. Il sera décliné en trois volets : des fonds destinés, d’une part, aux cultures et à la substitution aux importations de soja brésilien, d’autre part aux éleveurs, et enfin à l’alimentation humaine.
Le plan de modernisation des abattoirs et des élevages n’est pas encore finalisé, mais devrait en grande partie passer par les outils du PCAE (second pilier de la Pac), même "si on ne s’interdit pas des appels à projets", annonce le cabinet.
Le second volet porte sur "la transition agro-écologique" (346 M€), incluant une prime à la conversion des agro-équipements (135 M€) associé à un "accélérateur pour le développement d’agroéquipements de demain", un crédit d’impôt HVE (70- 80 M€), un abondement du fonds Avenir bio et de la structuration des filières bio (60 M€), et un plan d’accompagnement à la mise en place de haies (50 M€).

Le plan protéines, beaucoup en parlaient, mais il n’y avait pas d’argent en face.

Julien Denormandie

HVE, PAT, paniers fraîcheurs

Le ministre a ajouté que la certification Haute valeur environnementale (HVE) l’intéressait comme outil dans le cadre des éco-schemas de la prochaine Pac. Les modalités de ce crédit d’impôt ne sont pas encore arrêtées, mais visent "les coûts d’enregistrement administratif". Le plan de plantation des haies fait écho au programme Breizh Bocage, lancé depuis 2007 en Bretagne.
Le troisième volet de 200 M€ est consacré à "l’alimentation saine et durable", dont un plan de soutien aux cantines scolaires (50 M€), aux plans alimentaires territoriaux (80 M€), un soutien au projet "1 000 restaurants durables", aux jardins partagés, et aux "paniers fraîcheurs" . Enfin, le quatrième et dernier axe porte sur "l’adaptation au changement climatique" (300 M€), dont un soutien aux investissements d’adaptation agricoles (100 M€) et forestiers (200 M€).
Le fort accent mis sur les circuits courts, dotés d’au moins 130 M€, apparaît comme la principale réorientation politique imposée par Julien Denormandie sous l’inspiration de la période de confinement. En effet, ce thème n’apparaissait pas jusqu’ici dans les priorités ciblées lors de la préparation du Pacte productif, ce plan d’investissement public élaboré cet hiver, et qui n’aura finalement pas vu le jour, à cause de la crise sanitaire.
Julien Denormandie l’assure face aux journalistes : ce volet agricole du plan de relance est son œuvre : "Il a été défini à partir de la vision que j’ai élaborée avec mes équipes". Reste à ce que cette politique soit validée par le Parlement, qui doit l’examiner tout l’automne dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2021.

 

 

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