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Prince de Bretagne prépare l'avenir

Face au réchauffement climatique, le renouvellement des générations, les nouveaux modes de consommation et les exigences environnementales, la filière fruits et légumes se mobilise. Jeudi 6 mai, à Saint-Méloir-des-Ondes (35), sur l’exploitation maraîchère bio de Philippe et Jean-Philippe Lesné, la marque Prince de Bretagne a réaffirmé ses objectifs pour les dix prochaines années.

Philippe et Jean-Philippe Lesné, maraîchers bio pour Prince de Bretagne.

La marque Prince de Bretagne, qui réunit 1 700 maraîchers de la côte nord bretonne, se donne de nouveaux objectifs concrets "pour rester une filière solide dans 20 ans". Ainsi, à Saint-Méloir-des-Ondes, dans l’exploitation maraîchère de Philippe et Jean-Philippe Lesné, Marc Keranguéven, président de Prince de Bretagne, a détaillé la stratégie de la marque. Labellisation, recherches, expérimentations, accompagnements… Le point sur cette stratégie ambitieuse.

 

Pratiques agroenvironnementales.

En 2020, la marque a réalisé un chiffre d’affaires de 345 M€ pour une production de 470 000 tonnes de fruits et légumes. Avec une offre large (une soixantaine de légumes différents), la marque est le premier producteur de fruits et légumes bio en France. Une première place qui se mérite. Si, "chez nous, nous parlons d’agroécologie depuis déjà 30 ans", affirme Marc Keranguéven, la marque entend bien poursuivre ses efforts. Car, "c’est en répondant aux attentes des consommateurs et en participant à la transition écologique que nous pérenniserons notre filière légumière bretonne", ajoute-t-il. Ainsi, dès 2022, 100 % des maraîchers seront certifiés HVE 3. De plus, la marque souhaite convertir en bio 25 % de ses surfaces cultivées d'ici 2030. Parallèlement, elle se donne pour objectif de renforcer sa démarche "cultivé sans pesticide", lancée en 2017 et qui concerne aujourd’hui six légumes différents (courge, tomate, potimarron, brocoli, chou romanesco, échalote). Si aujourd’hui elle représente 10 % de la production totale de la filière, ils espèrent doubler d’ici à 2030.

 

Recherche et développement

En ce printemps particulièrement sec, le réchauffement climatique se fait sentir. La marque investit ainsi dans la recherche afin de développer des variétés plus résistantes aux maladies et modifie ses pratiques culturales vers plus de résilience. "Ce dérèglement climatique nous oblige à nous adapter, à faire évoluer nos pratiques, mais pourrait aussi nous offrir de nouvelles opportunités", explique le président. Si elle a forgé sa réputation autour de l’artichaut, de la pomme de terre et du chou-fleur, elle expérimente aujourd’hui la production de fruits exotiques (kiwanos, kumquat, combava, citron caviar). Une toute petite "production développée dans la station d’expérimentation de la marque, mais qui pourrait prendre de l’essor dans les années à venir. Cueillis à maturité, ses fruits sont très bons", ajoute-t-il. Enfin pour répondre à l'évolution des modes de consommation, la marque a élargi son pannel avec des légumes comme le piment antillais, le potimarron, les fèves et patate douce, dont 100 tonnes ont pu être récoltées en 2020. "Des exemples, qui montrent notre capacité d’innovation", appuie Marc Kerangueven.

C'est en répondant aux attentes des consommateurs et en participant à la transition écologique que nous pérenniserons notre filière.

Le renouvellement des générations

Le maraîchage n’échappe pas à la règle et, tout comme les autres secteurs agricoles, il doit faire face à un gros enjeu de renouvellement des générations, avec 56 % de départs à la retraite dans les dix prochaines années. Une problématique forte pour le groupe, qui souhaite montrer son dynamisme et attirer "du sang neuf". Un défi relevé sur l’exploitation de Philippe Lesné, à Saint-Méloir-des-Ondes, qui a transmis à son fils de 28 ans, Jean-Philippe, sa passion et son savoir-faire. À chaque génération sa nouveauté, l’arrivée de Jean-Philippe marque un changement dans l’histoire de l’exploitation familiale de 85 ha, avec une conversion en bio, soutenu à la fois techniquement et financièrement par le groupement. Dynamique, le jeune maraîcher explique être "administrateur à la coopérative de Terres de Saint-Malo", comme preuve de son engagement dans la filière.

 

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