Aller au contenu principal
Font Size

Une nouvelle étape pour le projet de légumes secs bio bretons

Depuis 2018, un collectif d’agriculteurs mène des travaux sur la création d’une filière de légumineuses à graines destinées à l’alimentation humaine, en partenariat avec un transformateur vannetais et la chambre d’Agriculture de Bretagne. Cette année à l’issue des récoltes, des premiers essais de tri sont réalisés pour une valorisation par le transformateur.

Lentille corail associée, début juillet.

Suite à la demande, en 2017, d’un transformateur agroalimentaire morbihannais pour se fournir en légumineuses biologiques le plus localement possible, un collectif d’agriculteurs du Morbihan et du Sud Finistère s’est réuni autour du sujet. Objectif : produire des cultures de pois chiche, haricot rouge, pois de casserie et lentille corail et fournir une matière première utilisable directement par le transformateur. Un constat est fait : les graines recherchées ne sont pas produites pour le moment sur la région. Depuis 2018, le groupe d’agriculteurs accompagné par la chambre d’Agriculture teste la faisabilité de ces cultures. Il bénéficie pour cela d’un financement "Agriculture Ecologiquement Performante" par la Région Bretagne. Composé de quinze personnes, ce groupe teste cette année également les étapes post-récolte. Pour certaines, le matériel n’est pas disponible en Bretagne : décorticage de lentille corail par exemple.

 

projet de légumes secs bio bretons

Les années culturales se suivent sans se ressembler

Les quatre légumineuses ont été mises en place sur sept sites, du Sud Finistère à la presque-île de Sarzeau, en passant par le Nord Morbihan, dans des contextes pédoclimatiques variés. Le printemps 2019 a été marqué par des pluies régulières en mars qui n’ont pas facilité les semis des premières cultures, suivi par des gelées tardives début mai, et un mois de juin très pluvieux. Les semis de haricot ont été particulièrement perturbés, avec une levée lente en raison des précipitations importantes et des faibles températures. Les fortes précipitations de juin ont en revanche été bénéfiques aux pois verts et aux lentilles, pour lesquels le remplissage des gousses a été favorisé par les apports d’eau fréquents.

Contrairement à 2017, les pois chiches ont développé des maladies qui ont pu impacter le rendement. Le mois de juillet particulièrement sec a eu un effet négatif sur le rendement des haricots (en pleine floraison à cette période) dans les situations non irriguées, mais a favorisé les récoltes de pois vert et de lentilles. La récolte des pois chiches a été plus délicate, avec des pourritures de gousses dues aux pluies d’août et septembre. Enfin, une majorité de haricots n’a pas pu être récoltée : la plupart étaient mûrs à partir d’octobre et les deux mois suivants ont présenté très peu de jours sans pluie.

Les pois destinés à la casserie ont tous été associés à de l’orge cette année, avec d’excellents résultats.

Un itinéraire technique qui s'affine

Tirant les leçons d’une première année de tests, les agriculteurs ont modifié quelques points d’itinéraire technique pour cette deuxième campagne de tests. Ils ont également adapté la conduite des cultures au matériel dont ils disposent. Par exemple, certains ont semé les pois chiches avec des écartements similaires aux semis de céréales, quand d’autres ont choisi des écartements plus importants afin de biner. Les pois destinés à la casserie ont cette année tous été associés à de l’orge : cette association présente une bonne concordance de maturité, un avantage dans la tenue du pois, tout en restant facile de tri. Enfin, les lentilles ont été semées avec différentes céréales, dans un objectif de couverture de sol et de limitation de la verse de cette légumineuse au port plutôt rampant.

 

Des résultats variables

Les essais de pois ont donné cette année d’excellents résultats, avec des rendements de 20 à 30 q/ha de pois avec 20 à 38 q/ha d’orge. Les rendements en lentille corail sont plus variables, allant d’une parcelle broyée en raison du salissement à 10 q/ha. Les résultats en pois chiche sont du même ordre. Enfin, la récolte de haricot, arrivée à maturité entre septembre et octobre, a été particulièrement compliquée cette année par les conditions météorologiques. Certaines parcelles ont même dû être broyées. Globalement, le salissement des cultures a été mieux maîtrisé que sur la première année, mais contrairement à 2017 les oiseaux ont causé des dégâts importants aux semis.

 

projet de légumes secs bio bretons

Un tri précis et des opérations de casse et décorticage

Pour la première fois cette année, les agriculteurs ont envoyé leur production de lentille corail à décortiquer (chez un prestataire extérieur) et leurs pois verts en casserie. Pour toutes les récoltes, des étapes de tri et parfois de séchage ont été réalisées : d’abord chez les agriculteurs, puis en centre de tri afin d’aboutir à des produits utilisables directement par le transformateur, de qualité répondant aux normes de l’alimentation humaine. Les résultats de ces étapes ne sont pas encore disponibles.

Pour toutes les récoltes, des étapes de tri ont été réalisées, d’abord chez les agriculteurs, puis en centre de tri.

 

Et économiquement, ça vaut le coût ?

Dès que les résultats des opérations post-récolte seront disponibles, une étude économique pour chaque culture sera réalisée, en prenant en compte les différentes charges (semences, tri, opérations culturales, etc...).

Une dernière année de test est prévue en 2020 afin de conforter les résultats obtenus sur les deux premières années. À chaque producteur ensuite d’évaluer l’intérêt d’introduire ou non ces légumineuses dans son assolement.

 

Info : Si vous produisez des cultures qui nécessitent la structuration d’une filière, les chambres d’Agriculture peuvent vous accompagner.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le plan de relance de l'apprentissage peut profiter au monde agricole
Le 4 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé un plan de relance de l'apprentissage, avec notamment une prime à l…
Les agricultures bretonnes en 2040 se dessinent aujourd'hui
Quels visages auront les agricultures bretonnes à l'horizon 2040 ? Désireux de se saisir des enjeux, de se projeter et de s'…
Tensions autour  de la PAC
L'Allemagne a pris la présidence du conseil des Ministres depuis le 1er juillet. Elle se fixe pour principale tâche de finaliser…
MAEC non reconduites, revenu amputé pour 60 éleveurs bretons
Ils sont 60 en Bretagne à faire les frais de la non reconduction de la MAEC(1) SP3 M, type maintien, de la région Bretagne. 60 c’…
EGAlim : l'effet papillon de la loi Agriculture et Alimentation
La première année d’application de la loi découlant des États généraux de l'alimentation aura bouleversé le paysage des produits…
Un Clap d'or pour le lycée Pommerit

Cinq élèves de 1re en bac professionnel Agroéquipement du lycée Pommerit dans les Côtes d'Armor ont décroché un 1…

Publicité