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Influenza aviaire : la plus grande vigilance est de mise

Plusieurs canards appelants morts ont été découverts dans le Pas de Calais, porteurs d'une version très virulente du virus influenza H5N8. Tout est mis en place pour que le virus ne franchisse pas la porte des élevages. Les GDS sont mobilisés. Le point avec Felix Mahé et Pierrick Le Labourier, respectivement référent technique aviculture et président de la section avicole de GDS Bretagne.

Où en est la situation de l'influenza aviaire en France ?

Félix Mahé. On s'attendait à l'arrivée du virus en France. On connaît ce virus H5N8 depuis deux ans. Il avait déjà causé des dégâts en faune domestique au cours de l'hiver 2014/15. Cette année, il est réapparu en Asie, début 2016, il a circulé et contaminé des oiseaux, en particulier des canards sauvages, qui nidifient dans l'hémisphère Nord. On retrouve aujourd'hui ce virus sur la route des vols migratoires vers l'Allemagne, la Hongrie, la Suisse, et les Pays-Bas...

Quels sont les risques ?

F. M. Des animaux sauvages sont porteurs du virus. Le risque à éviter est la contamination des animaux domestiques, les basses-cours et surtout les élevages commerciaux. 28 foyers en élevages domestiques ont été dénombrés : 14 en Hongrie, 10 en Allemagne, 2 en Autriche, 1 aux Pays-Bas et au Danemark. Ce sont des contaminations en basse-cour essentiellement, sauf en Hongrie ou des élevages très importants ont été contaminés. Ce virus semble très pathogène, même pour les palmipèdes. Je n'ai jamais vu une telle mortalité chez les oiseaux sauvages, palmipèdes, mouettes, goélands.

Quelles décisions ont été prises ?

F. M. Le 16 novembre le ministère a pris un arrêté de risque modéré sur la France et a défini des zones à risque particulier (voir carte en page 3). Des niveaux différents de mesure sont appliqués qui correspondent au plan de biosécurité, notamment toutes les mesures de précaution lors des entrées dans les élevages. Pour les élevages  plein-air en zone à risque modéré, les éleveurs appliquent des mesures de contrôle des intervenants, ce sont des sas sanitaires, et font en sorte que les véhicules s'approchent le moins possible des bâtiments. Tout le matériel qui entre dans les bâtiments est désinfecté. Pour les zones à risque particulier en élevage plein-air, les oiseaux doivent être confinés, sauf dérogation. L'accès aux mares et plans d'eau est interdit. Dans les élevages non-commerciaux, le confinement est obligatoire. Les rassemblements d'animaux sont interdits. Il faut restreindre au maximum les contacts entre des animaux potentiellement contaminés et les animaux domestiques.

Quel est le rôle du GDS ?

Pierrick Le Labourier. Le GDS informe et forme les éleveurs à la biosécurité. Un coup d'accélérateur a été mis sur la formation. L'arrêté du 8 février 2016 impose une journée de formation obligatoire aux éleveurs, pour la mise en place de la biosécurité dans les élevages. Les ateliers en vente directe avec des parcours plein air ont été les premiers ciblés. On élargit actuellement le public aux éleveurs en groupements.

Quelles seraient les conséquences d'une contamination ?

P. L.L. Le virus est quasi exclusivement aviaire, il ne présente pas de danger pour l'homme. Il représente surtout un risque économique pour toute la filière avicole et notamment l'économie des élevages. En cas de contamination, l'intégralité des animaux doit être abattue. Un seul cas supprime le statut indemne pour le pays, sans compter le risque d'une épizootie plus importante. La France devait "récupérer" son statut de pays indemne d'influenza aviaire le 3 décembre, suite à l'épisode du Sud-Ouest. Si l'on déclare un nouveau cas sur des animaux domestiques - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui- on risque de reperdre ce statut, avec pour conséquence un embargo sur les ventes de produits avicoles vivants, génétique, volailles d'un jour, et sur la viande de volaille non cuite, y compris la viande congelée, le foie gras …

Ce risque lié à un virus semble revenir de plus en plus fréquemment. Serons nous exposés tous les ans ? Il est aujourd'hui difficile d'expliquer ce qui se passe. Détecte-t-on mieux ces virus ? Oui sans doute , mais a-t-on affaire à un développement dans la faune sauvage ? C'est encore difficile à dire. Aujourd'hui, il faut surtout lancer un appel à la vigilance et la surveillance, pour éviter toute contamination.

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