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Innover pour transmettre

Laurent Kerlir, président de la chambre d'agriculture de Morbihan.

Nous avons tous des exemples de belles exploitations autour de chez nous qui ont du mal à trouver des repreneurs. Moins de porteurs de projets ? Non en valeur absolue, ils sont stables depuis 10 ans avec 2 000 porteurs de projets bretons par an. Oui au regard de l’augmentation du nombre de départs. Oui en terme de décalage entre les offres et les demandes qui s’accentue. Malgré tous les atouts du travail à plusieurs, moins de porteurs de projets veulent s’installer en société. Beaucoup d’élevages sont à céder, et plus de jeunes veulent développer un projet en production végétale. Des exploitations conséquentes en immobilier et foncier sont à céder et nombreuses sont les demandes de petites structures en foncier. Autre décalage, au niveau territorial, avec des demandes fortes sur les territoires déjà attractif (littoral, zone dense en exploitation) et moindre ailleurs.
Si nos actions ont montré de bons résultats jusqu’à aujourd’hui, notre rôle est d’accompagner encore un peu plus les cédants et les porteurs de projet, parfois avec des méthodes différentes, et sûrement demain encore en innovant davantage. C’est notamment le rôle et les missions que nous donnons à nos conseillers transmission, et conseillers en installation des chambres d’agriculture de Bretagne. Des fondamentaux demeurent bien sûr. Construire des projets viables économiquement, vivables en matière de conditions de travail.
Différemment, nous n’avons pas le choix. Il nous faut accepter de remettre en cause des schémas historiques. Pour le cédant, dans de plus en plus de cas il faut accepter que sa ferme puisse continuer de vivre et de se développer autrement : des productions historiques remplacées par d’autres, regroupements parcellaires, changement de système de production (conventionnel vers le bio…)
Différemment lors de la cession, car la valeur économique de l’exploitation doit continuer de prendre le pas sur la valeur patrimoniale.
Différemment en acceptant des solutions multiples de financement : les banques, les solutions complémentaires proposées par les coop/privés au travers des contrats et des garanties de prix, les apporteurs de capitaux pour le foncier comme la Safer sait le faire, les GFA…
En innovant sur le foncier dans nos territoires. Nous n’aurons pas de nouvelle loi foncière sur ce mandat présidentiel. Alors il faudra trouver des solutions avec les outils existants, et par la concertation et le dialogue. Pour des exploitations sans possibilité de reprise à l’identique, répondre à des schémas différents d’installation et profiter pour prioriser du foncier autour des sièges d’exploitations et installer correctement. Dans d’autres il faudra trouver des solutions en lien avec les collectivités pour maintenir dans la durée des exploitations sur des zones agricoles "résiduelles". A nous de continuer à innover collectivement.

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