Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Installation : accompagner l’après, tout de suite

L’accompagnement post-installation, les JA en ont fait une priorité pour réussir l’installation. Un dispositif à proposer "au plus tôt". Venus de toute la France, 160 Jeunes agriculteurs se sont réunis à Erdeven (56) durant trois jours, les 5, 6, et 7 février derniers, pour leur séminaire renouvellement des générations en agriculture.

"Il faut revenir au contact des jeunes. À l’installation, il y a cette sorte de rupture qu’il faut travailler pour qu’on soit en continuité avant et après l’installation", constate Didier Meyer, directeur du service installation et transmission de la chambre d’agriculture des Pays de Loire. Le constat est là, partagé. "On est la tête dans le guidon, on a été porté et cocooné pendant tout le parcours à l’installation et après, on est seul", témoigne Thomas Chaullier (lire encadré). Seul, aussi face à des associés, seul face à la charge de travail qui peut être une surcharge, conduisant à délaisser des tâches, ne plus se former, s’isoler… La situation peut devenir à risque, même si, "90 % de jeunes chefs d’exploitations agricoles sont encore là cinq ans après leur installation". Des chiffres enviés par bien des professions. Reste qu’à bas bruit, il peut y avoir mal-être. Or, "l’aspect humain est essentiel dans la réussite, pour le jeune et l’entreprise", insiste Didier Meyer qui plaide pour un suivi post-installation préparé, intégré dès le parcours à l’installation.

 

Accompagnement et formation

Frein majeur, le financement de ce suivi post-installation. "Les chambres d’agriculture seules, ne peuvent pas le financer. Il faudra mobiliser d’autres moyens", prévient Didier Meyer, rappelant la déconvenue sur le bonus DJA, retoqué par l’Europe. "Pourquoi pas un crédit d’impôt montrant l’intérêt sur la formation post-installation, se retrouver ensemble, pallier les manques. Quitte à le flécher dès le parcours 3P", militent certains pour rendre le dispositif attractif. Ou via un co-financement, tel l’API mis en place dans les Bouches du Rhône. "L’argent public est bien utilisé pour l’agriculture si l’installation est réussie car on aide le territoire en aidant l’agriculture", estime Raymond Le Brazidec, conseiller régional. Reste un levier délaissé, celui des groupes de développement. "Les jeunes n’y viennent pas assez", regrette Olivier Tourand, vice président du réseau Trame qui plaide pour mettre en place des passerelles entre les deux réseaux, "et que les jeunes y cherchent de la formation, de l’échange, de l’innovation et de la compétence". Alors quand déclencher ce suivi post-installation ? "C’est avant l’installation qu’il faut y penser et sensibiliser", pour les uns, "c’est avant qu’il y ait un souci", pour les autres, donc "au plus tôt".

 

 

"On a besoin de líaccompagnement au plus tôt"

Depuis 2007, le développement de l’accompagnement post-installation, API, a commencé à se développer dans les Bouches du Rhône, "qu’on soit bénéficiaire de la DJA, ou pas. On est suivi pendant cinq ans par un conseiller et cela coûte 125 euros par jeune et par an", détaille Thomas Chaulier, éleveur ovin installé en 2014, viticulteur sur le dispositif que son département a mis en place. "Au début, j’étais la tête dans le guidon, à 100 % sur la production. Je ne me préoccupais pas de la paperasse", reconnaît-il. L’animateur post-installation a commencé à se rappeler à lui, coup de fil, visite... "J’ai repris en main ce côté administratif. Cet accompagnement m’a permis de prendre du recul, de me remettre en question, de saisir une nouvelle opportunité vers la viticulture, via des formations en groupe". Un dispositif qui met à disposition trois jours par an un animateur pour ce suivi qui bénéficie à 23 jeunes installés cette année. Le tout sur une enveloppe globale de 50 000 euros que financent, le conseil départemental, la métropole d’Aix-Marseille, la Région, les banques et assurances. "En dehors du suivi par trimestre puis semestre, dès que j’avais une question, j’appelais le conseiller. J’ai continué à me former, apprendre de nouvelles méthodes, rencontrer des collègues. Dès qu’on a de nouveaux besoins, on se remet en groupe, on se forme sur un autre sujet. Le plus dur, c’est de faire la première formation, ensuite, ça coule de source", estime ce responsable installation des JA des Bouches du Rhône.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Vignette
La FNP (producteurs de porcs) dénonce une intrusion de BFMTV dans un élevage

"Des journalistes de BFMTV sont entrés de nuit en toute illégalité dans un élevage de porcs, faisant le jeu des…

Vignette
FNSEA et JA annoncent un "blocage des axes majeurs de circulation" le 8 octobre

Les syndicats agricoles majoritaires ont annoncé un "blocage des axes majeurs de circulation le 8 octobre". Il s'…

Vignette
L’agriculture paysanne, solution au changement climatique
Face au changement climatique, la Confédération paysanne de Bretagne s’est penchée sur les scénarios agricoles et alimentaires…
Vignette
Quelle place pour les femmes en agriculture ?
Si un chef d'exploitation sur trois est aujourd'hui une femme, ces dernières restent encore peu visibles en agriculture et…
Vignette
100 emplois

"Les salariés et salariées craignent une perte de plus de 100 emplois sur 620" dans les cinq chambres d’Agriculture…

Vignette
Suicide des agriculteurs : un nouveau groupe de "sentinelles" en cours de constitution
La MSA d'Armorique veut accroître son réseau de sentinelles, un réseau de veille et de prise en charge des agriculteurs en…
Publicité