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Installation, adapter l'accompagnement à la diversité des projets

Pour toujours mieux répondre à sa mission de renouvellement des chefs d'exploitation, l'Adasea accompagne les futurs cédants et s'investit dans le nouveau parcours à l'installation.

L'économiste Michel Murgalé a encouragé les futurs installés à saisir les opportunités d'une économie en mouvement.
L'économiste Michel Murgalé a encouragé les futurs installés à saisir les opportunités d'une économie en mouvement.
© Cécile Julien

Avec 207 installations aidées, l'Ille et Vilaine reste leader en terme d'installation, pour la 4e année consécutive. D'excellents chiffres présentés par l'Adasea, lors de son assemblée générale du 24 juin. "Nous avons recentré nos activités sur le coeur de nos missions que sont l'installation et la transmission", souligne Jean Luc Fossé, le président de l'Adasea. Si les départs à la retraite seront moins nombreux dans les années à venir, il faut continuer à accompagner le renouvellement des chefs d'exploitation. Pour anticiper le devenir des exploitations et préparer les transmissions, l'Adasea travaille à partir des déclarations d'intention que remplissent les agriculteurs de 58 ans. Le Répertoire départemental à l'installation est un autre outil pour faciliter la transmission. En 2008, il a permis 40 installations après tiers. Au total, 207 jeunes se sont installés avec les aides. Soit 17% de plus qu'en 2007.

Le lait est toujours présent dans une large majorité des projets, mais de plus en plus associé à d'autres productions, notamment du fait du grand nombre d'installations en société. Le coût des reprises a encore augmenté, + 2,5% en 2007. "Les jeunes doivent être vigilants de ne pas accepter des prix supérieurs à la valeur économique", rappelle Yves Chénedé, responsable technique de l'Adasea.

Si, 3 ans après l'installation, il y a très peu de modification des productions, les résultats économiques sont supérieurs aux prévisions. Pour un revenu moyen calculé à 18.000 euros dans l'EPI, les jeunes arrivent à dégager 24.000 euros. "95% des jeunes atteignent le revenu minimum exigé, chiffre Yves Chénedé. En 2004, ils n'étaient que 82%". Mais, avec une perte de 50 euros/1.000 litres sur le produit lait, ils ne seraient plus que 59%.

 

Un parcours sur-mesure

2009 verra se mettre en place le nouveau parcours à l'installation. Un parcours plus individualisé afin de mieux prendre en compte la diversité des projets et des profils. Après un tiers, avec son conjoint, en créant sa propre exploitation, lait ou diversification, conventionnel ou bio, les projets d'installation sont de plus en plus variés. Elise s'est installée en lait avec son mari, Gildas a créé son exploitation maraichère bio, Mickaël a repris la production avicole de son patron. Un parcours identique ne leur convenait pas forcément. "L'EPI n'était pas adapté à mon projet, constate Gildas. J'ai dû trouver les références économiques par ailleurs". Ce que devrait permettre le nouveau parcours. Dès juillet, tous les porteurs de projet pourront contacter le Point info installation au 02 23 48 29 93 ou pii@maison-agri-rennes.fr.

Cécile Julien

 

 

Encadré

Travailler dans un contexte économique mouvant

 

Les chefs d'entreprise que sont les jeunes installés doivent tenir compte d'une réalité économique de plus en plus complexe. "Il faut se préparer à vivre dans un monde changeant, prévient l'économiste Michel Murgalé. Le secteur agricole est connecté en marchés mondiaux, avec les prix de l'énergie". Pour concilier la hausse de la demande et une disponibilité en eau et sol contrainte, l'agriculture devra trouver un niveau de productivité élevé et respectueux de l'environnement. Si ce nouveau contexte s'annonce plus instable, l'augmentation des risques créera aussi des opportunités pour ceux qui sauront les saisir, ceux qui se donneront les moyens de ne pas subir. "Il faut faire le pari de l'intelligence collective, ne pas hésiter à aller chercher des solutions ailleurs, mobiliser le collectif humain autour de projets partagés, identifier les risques et les opportunités, se recentrer sur l'essentiel", encourage l'économiste. Des conseils valables pour les jeunes installés. "Le futur jeune agriculteur devra avoir un profil ouvert sur un monde en mouvement et travailler dans une logique de projet", analyse Jean Luc Fossé.

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