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Installation en Bretagne, retrouver de l'attractivité

Il faut se réjouir que le rythme de l'installation en agriculture en Bretagne reste l'un des plus soutenus de France, 692 en 2018 dont 480 installations aidées, juste derrière les Pays de la Loire dans le palmarès des régions. Mais ici comme ailleurs, on ne crie pas victoire. Car l'enjeu est considérable : du nombre des installations dépend le renouvellement des générations en agriculture. Et en Bretagne comme ailleurs, il passera par une amélioration de l'image de l'agriculture. "Ce n'est pas un métier de misère" n'hésitent plus à dire les élus agricoles.

Réunis à l'occasion d'un comité régional installation-transmission le 18 mars dernier, les élus professionnels agricoles en charge du dossier affichaient une réelle satisfaction à voir la situation se maintenir à ce niveau de 480 installations aidée. Pour Sébastien Rouault, élu référent installation transmission à la chambre d'agriculture de Bretagne, "la dynamique est bonne", en tous cas pas si mauvaise au regard du nombre des installations que connaissent la plupart des autres régions françaises. "En Bretagne, on a des volumes de production qui donnent la capacité de trouver un revenu en agriculture", insistait pour sa part Loïc Guines, nouveau président de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine et élu en charge de l'entreprise à la chambre d'agriculture de Bretagne. Pour lui, le chiffre est conforme à la réalité agricole bretonne. Mais ce n'est pas le niveau des installations qui pose problème aux membres du comité installation transmission, c'est l'écart entre le nombre des installations et celui des départs. Ils sont ainsi 2 000 agriculteurs bretons à quitter le métier chaque année, le plus souvent pour partir en retraite.

 

Bonnes intentions et bonne volonté

2 000 départs, pour moins de 500 installations aidées - 700 en ajoutant les installations non-aidées -, cela laisse plus de 1 300 exploitations bretonnes sans repreneur. La tendance ne s'inverse pas malgré les efforts engagés pour favoriser l'installation. Car les efforts sont réels, ceux de la profession d'abord qui n'a jamais baissé la garde sur la question du renouvellement des générations en agriculture. Et il faut y ajouter les efforts des filières, devenues soucieuses d'une baisse des volumes de production qui signerait à terme un déficit d'approvisionnement en lait, en porcs, en volaille, en légumes, etc... Ces filières multiplient les gestes de bonne volonté à l'intention des nouveaux installés, en facilitations diverses mais aussi en droits de production supplémentaires. Sans douter de ces bonnes intentions des filières, les responsables professionnels expriment tout de même quelques réserves sur les risques de surcharge de travail pour des exploitations pas exactement dimensionnées pour réaliser ces volumes supplémentaires.

 

Agriculteurs-entrepreneurs

Plus sûrement encore, le dogmatisme sur l'installation n'a plus cours. "Il n'y a plus de modèle", assure Loïc Guines. De l'installation en individuel sur une petite structure en hors cadre familial, à l'installation en renouvellement d'associé de Gaec sur une très grosse ferme, de la production de plantes aromatiques à la production porcine en bio ou pas bio, peu importe pourvu que le projet tienne la rampe. L'appréciation porte plus que jamais sur la viabilité du projet et la capacité du porteur de projet à le mener, pas sur sa taille ni sur le profil de celui ou celle qui le porte.
Et les professionnels s'accordent sur un aspect beaucoup plus déterminant selon eux, le nombre des installations en agriculture dépend et dépendra surtout de l'attractivité du métier. Cécile de Saint-Jan s'agace que le métier d'agriculteur soit trop souvent associé à la difficulté d'en vivre, parce que dit-elle "ce n'est pas vrai". Toute engagée qu'elle est sur la défense du revenu et sur des prix rémunérateurs, la responsable JA refuse ces représentations qui sont autant de repoussoirs aux vocations. Pour Loïc Guines, "ce n'est pas un métier de misère", il fait même le constat qu' "il y a de belles réussites". "À nous de montrer qu'on peut être des entrepreneurs à part entière", assure avec énergie Cécile de Saint Jan, convaincue qu'une fois assumée cette responsabilité, l'installation en agriculture ne s'en portera que mieux... Et que l'accompagnement de l'installation en agriculture, bien réel celui-là, en sera facilité.

 

 

L'installation en Bretagne dans le détail


472 installations aidées (bénéficiaires de la dotation jeune agriculteurs) en 2018 sur une estimation de 692 installations totales, soit un taux d'installations aidées de 70 %.

36,2 % hors cadre familial /
Non issus du milieu agricole : 26,1 %

Bio : 30,1 % des installations / Vente directe : 22,2 %

SAU moyenne à l'installation : 82 ha (77 en 2017)

Forme juridique : Gaec 24 % / SCEA-EARL-SARL 30 % / Individuel 24 %

Production principale : Lait dans 41,9 % / Maraichage dans 13,1 % / Mixte dans 14,2 % / Volaille dans 9,5 % / Porc dans 8,1 % / Bovins viande dans 4,2 %.

Âge moyen des nouveaux installés : 29,65 ans

Côtes d'Armor : 140 installations classées, le département passe en deuxième position des départements français pour l'installation aidée après avoir pris la première place en 2017.

Finistère : 117 installations aidées, en 5e position nationale, il était second en 2017 avec 135 installations.

Ille-et-Vilaine : 132 installations aidées, prend la 4e position nationale, le département avait enregistré 98 installations aidées en 2017

Morbihan : 83 installations aidées en 2018, soit une installation de mojns qu'en 2017.

 

 

 

Une meilleure valorisation des transmissions

Dans la liste des obstacles à l'installation, la difficulté à mettre en relation cédants et repreneurs est en passe d'être levée. Depuis deux ans, le répertoire départ-installation qui recense les exploitations cédées et les offres des repreneurs est de plus en plus sollicité. Et devient enfin l'outil de mise en relation qu'il voulait être depuis sa création. "Notre travail, c'est comment valoriser les offres qu'on reçoit", explique Marie Isabelle Le Bars. Et selon la coordonnatrice du réseau installation régional piloté par les chambres d'agriculture, ce travail-là commence à porter ses fruits, à tel point que le rapport de force entre cédants et repreneurs tend à tourner à l'avantage des porteurs de projets. Un changement qui doit inciter et encourager les cédants à préparer bien plus en amont qu'aujourd'hui la transmission de leur ferme.
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