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Installation : Oui, à de nouvelles formes d'accompagnements

Avec 132 installations aidées en Côtes d'Armor en 2016, le département connaît une dynamique d'installation. Dans les écoles, les jeunes ont toujours en tête des projets. Mais l'installation hors-cadre familial, la frilosité des banques et l'augmentation du montant des reprises posent la question de l'accompagnement financier et de la formation. Le point de vue de JA 22.

Jeudi 9 mars, les Jeunes agriculteurs des Côtes d'Armor (JA) se sont retrouvés en assemblée générale pour débattre de l'installation, fondement même du réseau syndical. "Ce soir, nous montrons une fois de plus ce qui est notre raison d'être : l'installation", a introduit dans son discours Damien Blanchard, président de JA 22. Malgré une année 2016 fortement marquée par de violentes crises dans les filières et de nombreuses mobilisations d'agriculteurs, le climat de cette assemblée générale n'avait rien de morose. Confrontés aux difficultés économiques toujours présentes et aux transmissions à assurer, les JA ont porté les débats sur la formation, le profil des jeunes, leur accompagnement, la valeur des reprises et les outils à mettre en place pour aider la transmission. La pression du maintien des exploitations agricoles sest à la mesure du départ massif de la génération des baby-boomers, "48 % des exploitations actuelles dans les 10 ans à venir", et de l'augmentation de la taille des fermes. Pour ce faire, les jeunes agriculteurs avaient réuni autour d'une table, des représentants de coopérative, de lycée agricole et un expert comptable afin de partager leur point de vue.

La formation, un pilier de l'installation
Pour les professionnels agricoles, la formation initiale ne suffit pas, elle doit se poursuivre tout au long de la carrière : "il faut inciter les jeunes à faire de la formation continue, seul 16 à 17 % des agriculteurs se forment", pointe Pierre-Marie Vouillot, vice-président JA national en charge du dossier Installation. Former de véritable gestionnaire est un prérequis pour Jean-Luc Cade, président de la coopérative Garun-Paysanne et administrateur à Coop de France. "Dans le secteur de l'élevage, les investissements sont conséquents, il faut donc former des gestionnaires d'entreprise. Trop souvent certains ont le sentiment de tout savoir à la sortie de l'école. La première des compétences est de connaître ses forces et ses faiblesses. Savoir s'entourer est aussi important que le reste car faire du traitement médical en tant que coopérative quand cela dérive n'est pas évident", rappelle-t-il.
Mais Marc Janvier, directeur du lycée Pommerit, rassure sur le niveau de formation : un tiers des jeunes installés sont en possession d'un diplôme de niveau 3 (bac +2), tandis que Stéphane Coatrieux, expert comptable, décrit de "très bons candidats, partenaires des banques et des coopératives, avec de bons niveaux et des projets réfléchis et novateurs".
Chez les JA, on souhaiterait mieux personnaliser les parcours à l'installation face à des profils de plus en plus diversifiés et atypiques. "Dans le PPP (plan de professionnalisation personnalisé) on a oublié le 3ème P. Il faut personnaliser les parcours", estime Pierre-Marie Vouillot. Le National veut remettre en place "dès l'automne 2017", les stages à l'étranger et évoque des stages en exploitation après la sortie de l'école ou un suivi post-installation.

Diversifier les partenariats financiers
Les installations hors cadre familial se sont fortement accrues ces 10 dernières années même si elles stagnent aujourd'hui autour de 30 % en Bretagne. Or le frein pour les porteurs de projets, notamment non familiaux, est évidemment financier. Parmi les outils, les JA proposent la création d'une déduction pour transmission et installation (DPTI) (rapport d'orientation 2011) qui permettrait au cédant d'une exploitation d'épargner sur un compte une fraction du bénéfice 5 ans avant son départ à la retraite. Au moment de l'installation du jeune, une partie de l'épargne reviendrait au cédant sans fiscalité, l'autre partie au JA pour son installation, lequel rembourserait cette somme sur 10 ans sans intérêts.
Trouver d'autres modes de financements, autre que les banques, fait son chemin. Pour l'expert comptable Stéphane Coatrieux, il n'est pas certain que les banques assurent toujours "70 % du financement (tous secteurs confondus). C'est énorme, il faudra trouver des modes de financement autres !", pense-t-il. Financement participatif, contrat de portage temporaire..., l'expert comptable évoque même du tutorat financier entre un jeune et un exploitant, "pas forcément le cédant". Dans ces cheminements nouveaux, la coopérative a toute sa place dans l'accompagnement des futures générations mais pas à n'importe quel prix. "La coopérative accompagne les financements d'une exploitation en complément mais pour une durée donnée. Il ne faut pas tomber dans l'intégration, ce n'est que temporaire ! Il faut faire du jeune un chef d'entreprise", insiste le président de Garun-Paysanne.

Ils ont dit

José Jaglin, secrétaire général JA. "Entre une étude économique réelle et l'estimation patrimoniale du cédant, comment ramener tout cela à une économie de marché réelle ?"
Stéphane Coatrieux, expert comptable. "Mieux vaut imposer un diagnostic car il faut que le porteur de projet dans son échange avec le cédant explique la demande de baisse de prix".
Damien Blanchard, président JA. "Les dispositifs d'aides travaillés par JA sont un gage de sérieux. Et la réforme récente l'atteste encore, car c'est notre position qui a été écoutée".
"Je n'ai de cesse de croire dans le modèle coopératif, là où le producteur est censé avoir du poids, encore faut-il qu'il comprenne les stratégies de sa coopérative, qu'elle lui soit expliquées de manière transparente".

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