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NEIGE, VERGLAS...
Intempéries : l'heure des comptes

Face aux intempéries et à leurs conséquences sur l'agriculture, le préfet de région a réuni lundi une cellule de crise, tandis qu'une autre réunion, en vue d'une éventuelle indemnisation des pertes subies, devait se tenir, mercredi, au ministère de l'Agriculture.

Jusqu'à 50 cm de neige sur les toitures des bâtiments agricoles : il n'est pas étonnant que certaines n'aient pas résisté. C'est ainsi qu'en Côtes d'Armor et en centre Bretagne, régions les plus touchées (lire page suivante), on a recensé de nombreux accidents. Mais c'est sans compter aussi avec les difficultés de circulation qui ont totalement isolé plus d'une exploitation.
C'est pourquoi, lundi, à la demande du président de la FRSEAB, Laurent Kerlir, le préfet de région a réuni une cellule de crise à laquelle ont participé, outre les représentants syndicaux (Laurent Kerlir, René Colin et Jean-Michel Lemétayer) ceux de la profession : chambres d'agriculture (Joseph Ménard), Coop de France Ouest, Afab, UGPVB et Fnil Ouest.
L'objectif de cette réunion était de dresser un état des lieux de la situation, chose qui devait être fait le lendemain, mardi midi, via les différentes préfectures. On le sait, durant cette période de froid intense et de chute de neige, les axes principaux ont été rapidement rendus à la circulation, moins rapidement toutefois pour la circulation des camions, d'où les difficultés de collecte ou d'approvisionnement.
Quant aux routes secondaires, les choses ont été plus compliquées, isolant complètement certaines exploitations. Ce sont ces dernières qu'il convenait d'identifier afin de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour rompre leur isolement, en espérant que les températures redeviennent rapidement positives, comme cela était annoncé mardi.
Côté indemnisation, s'il semble que les bâtiments couverts par une assurance pourront être indemnisés par les assureurs, il n'en va pas de même des pertes liés à l'arrêt de la collecte ou aux difficultés d'approvisionnement ou encore à l'impossibilité pour les producteurs de légumes de récolter poireaux et autres tubercules prisonniers d'une terre gelée.
Là encore, la cellule de crise mise en place va se charger d'en réaliser un recensement et de définir le montant des pertes subies en vue d'une éventuelle indemnisation. "Pas évident, avoue Laurent Kerlir, car, dans ce cas, rien n'est prévu, sauf à envisager une procédure de type calamité agricole, zone sinistrée ou catastrophe naturelle. Comme plusieurs régions sont concernées, une réunion est fixée, demain, mercredi, au ministère de l'Agriculture".
En attendant, il convient que chacun se signale rapidement, notamment auprès des FDSEA de chaque département, celles-ci ayant décidé d'effectuer leur propre recensement. Une consigne : ne restez pas isolés ! N'hésitez pas à faire connaître votre situation.

Billet d'humeur d'une naufragée des neiges

Prisonnière. Prisonnière de la glace et de la neige alors que la liberté est à un kilomètre, là où passe la "grande" route. A l'heure de midi, j'y suis allée, à pied, pour m'en rendre compte. J'aurais pas dû, ça m'a encore plus donné le bourdon !
A pied, à petits pas mesurés, dans la neige qui craque ou sur les traces glacées des pneus, ça passe. En voiture, autant ne pas y compter. L'infirmière, bien qu'équipée de chaînes, a bien du mal à venir soigner ses patients, tous les matins. Les journaux ? Le courrier ? Ca fait plusieurs jours qu'on n'a plus de nouvelles. L'aliment pour les vaches ? Le camion de ramassage du lait ? Pas de nouvelles non plus, ce qui est bien plus embarrassant ! Le ramassage scolaire ? En rade, lui aussi, mais les enfants ne s'en plaignent pas, alternant batailles rangées de boules de neige et parties de luge. Et pourtant, la liberté n'est qu'à un kilomètre ! Mais personne ne fait rien pour hâter notre délivrance, pas de sel, pas de chasse-neige... Juste l'éleveur du village, qui passe avec son rabot, en espérant dégager suffisamment la route pour que le laitier puisse passer demain. Et qui lorgne avec angoisse du côté du ciel : jeter 3 500 litres de lait, ça lui a suffi !
Chantal Pape

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