Aller au contenu principal

Investir dans la recherche de compétitivité

La station expérimentale du Caté à Saint Pol de Léon a tenu son assemblée générale. Alors que la recherche progresse, les élus s'interrogent sur les moyens mis à disposition et les thématiques soulevées.

Les recherches sur les fraises se poursuivent pour améliorer la précocité et concurrencer les fruits espagnol en début de saison.
Les recherches sur les fraises se poursuivent pour améliorer la précocité et concurrencer les fruits espagnol en début de saison.
© Terra

 

"Comment faire plus et mieux avec moins". Une phrase qui semble caractériser les travaux du Caté. Spécialisée en cultures légumières, la station expérimentale souhaite être au service des producteurs bretons en apportant des résultats d'expérience directement applicables par les producteurs. Un challenge qui doit se concilier avec les orientations des programmes de recherche. "Nos financeurs publics orientent principalement les subventions vers la recherche sur le respect de l'environnement et l'agro-écologie. La réduction des phytosanitaires et de la fertilisation sont souvent au cœur du cahier des charges", explique Michel Leroux, directeur du Caté. Une ambition louable qui doit être élargie pour travailler sur la précocité des espèces, la résistance aux maladies, la réduction de la consommation d’énergies, la diversification... Autant d'attentes fortes des producteurs. Les élus interpellent Michel Morin, en charge des questions agricoles au conseil régional, en demandant que "des fonds soient orientés sur des aspects de compétitivité économique".

 

La fraise de printemps

Les producteurs souhaitent élargir le calendrier de production de la fraise. L'objectif : concurrencer dans les rayons des GMS les fraises espagnoles de mars-début avril avec de la gariguette bretonne. Les ingénieurs du Caté ont donc planché sur l'origine du plant, le nombre d'heure à basse température que le plan doit subir et une fertilisation en pépinière pour améliorer la précocité de la fraise locale. "Pour obtenir une bonne précocité, il faut une initiation florale précoce", assure Alain Guillou, en charge des recherches. Et d'ajouter : "nous notons également qu'un nombre d'heures de froid plus élevé (environ 800 heures) est favorable à l'obtention d'un meilleur état végétatif dans des conditions précoces". Ces résultats doivent permettre aux agriculteurs de produire des plantes en meilleur équilibre avec moins de fruits déformés et le maintien du calibre. Le chercheur révèle "qu'une compensation d'un manque de froid est en partie possible par un prolongement de la période d'éclairage".

 

Phytosanitaires : bilan à mi-parcours

Le Caté est engagé depuis trois ans dans une démarche de réduction des phytosanitaires (dephy écophyto Breizleg). Porté par le Cerafel et réalisé par le Caté et Terres d'essais, le projet est prévu sur une durée de six ans. Il doit permettre d'évaluer la possibilité de réduire les intrants phytosanitaires sur des systèmes de culture légumière de plein champ. Les chercheurs travaillent sur plusieurs leviers pour réduire la consommation d'intrants : la variété de plants plus tolérante aux maladies, des solutions alternatives comme les SDP (stimulation de défense des plantes) qui agissent comme des vaccins végétaux et la réduction des doses. "Parfois, nous pouvons réduire de 30% les doses prescrites. L'intérêt est écologique et économique", rappelle le directeur. Il souligne cependant que "le programme s'étale sur six ans et qu'il reste encore du travail de standardisation, de réduction des IFT... A mi-parcours, nous pouvons simplement estimer que nous avons des marges de progrès".

Tomates I-Tech

La station expérimentale Caté investit dans une nouvelle serre de tomates en remplacement des 2 000m2 construits dans les années 90. Ces dernières vont passer de 3 à 7 mètres de hauteur pour "favoriser les économies d’énergie grâce à l'inertie.

"Les plants seront toujours à la même hauteur du sol, mais l'espace entre la tête de la plante et la verrière sera plus important ce qui évitera les brûlures". L'investissement innovant atteint 1 700 000 € et

répondra en tous point aux appels à projets présentés par France Agrimer.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Quand agriculteur et apiculteur travaillent de concert
Voilà 4 ans déjà que Frédéric Mésangroas, producteur de porcs à Plouigneau (29), accueille les ruches de Daniel Le Louët. Au fil…
Le retour très controversé des protéines animales transformées
Le 14 avril dernier le Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (Scopaff - en français Comité permanent des végétaux…
Le Space sera bien là en 2021, à Rennes
Le salon de l'élevage fait son grand retour à Rennes. Entre soulagement, fierté et impatience, les organisateurs du Space livrent…
Les Entreprises des territoires en recherche constante de reconnaissance
Les entreprises des territoires (EDT) se réunissaient encore une fois en viso conférence pour l’assemblée générale 2021. l’…
Porcs : les éleveurs demandent la fin de la castration
"On bute sur le mur des abatteurs… Si le gouvernement ne nous aide pas, ça va être compliqué". Mardi dernier, l’association pour…
Choucas des tours : que faire pour limiter les dégâts à l’agriculture ?
Cette année encore, les dégâts de choucas des tours sur les semis de maïs sont nombreux. Et les agriculteurs des environs de…
Publicité