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JA : installer et relever le défi du renouvellement des générations

Le 13 mars dernier, à Châteaulin, les Jeunes agriculteurs ont placé l’installation et le renouvellement des générations au coeur des débats de leur assemblée générale. Et avancé des propositions innovantes.  

L’AG, le 13 mars dernier à Châteaulin, a été l’occasion de présenter le nouveau conseil d’administration des JA, qui comprend 27 membres, dont 4 femmes et 13 nouveaux élus. Il devait se réunir mardi dernier pour élire Bureau et président. Mais pour cause de coronavirus, les élections sont reportées à une date ultérieure.
© Chantal Pape

"L’installation, c’est l’ADN des JA". Epidémie de coronavirus oblige, c’est via une petite vidéo que Samuel Vandaele s’est exprimé vendredi soir devant les Jeunes agriculteurs du Finistère. "Il faut simplifier l’accès à la DJA, la dotation aux jeunes agriculteurs, et inventer un dispositif fiscal pour faciliter la transmission, détaille le président de JA national. Soyez force de proposition". Une balle que les JA du Finistère ont saisi au bond, en faisant de l’installation le thème de leur assemblée générale.

Une installation pour 3 départs

"Un agriculteur, c’est cinq emplois", ont commencé par souligner Myriam Hélias et Florian Kérébel, en présentant le rapport d’orientation, avant de rappeler que, dans le Finistère, on compte, bon an mal an, une installation pour trois départs, arrêt d’activité ou retraite.

Pour assurer le renouvellement des générations et faciliter l’installation, les JA ont multiplié les propositions, comme ce droit à l’essai pour les installations en société. "Il faudrait pouvoir tester l’entente entre futurs associés pendant 6 mois au moins".

Une refonte de la DJA

"Nous voulons que la DJA reste une aide au démarrage pour les jeunes, plaident les JA, qui demandent qu’elle soit versée en une seule fois, en année 1 et non plus, comme aujourd’hui, à 80 % en année 1 et 20 % en année 2. Son montant doit être inférieur aux investissements. Et, pour en bénéficier, le jeune doit adhérer à une filière organisée".

Pour faciliter leur installation, les jeunes bénéficient actuellement d’un abattement fiscal de 100 % la première année puis de 75 % les quatre années suivantes, si leur revenu est inférieur à 3 Smic. "Nous demandons à maintenir l’abattement à 100 % pendant les 5 ans, sans plafond". Pour mieux mûrir son projet et prendre le temps d’aller se forger une expérience ailleurs, ils souhaitent décaler l’âge minimum à l’installation de 18 à 21 ans.

Une aide plus marquée

Se félicitant d’une aide du Conseil départemental passée de 3 000 à 7 000 € en début d’année pour les bénéficiaires de la DJA, et 6 000 € pour les autres, les JA demandent maintenant à l’ensemble des EPCI de soutenir plus fortement l’installation. "En moyenne, elles versent une aide de 2 000 € par porteur de projet. Passer à 5 000 € prouverait l’attachement et la volonté de soutenir l’agriculture localement". Au Conseil régional, les JA demandent une extension du prêt d’honneur aux productions laitière et légumes de plein champ.

Un guichet unique

Pour simplifier l’installation, les JA proposent aussi la création du Pafit, point accueil formation installation transmission, un guichet unique pour cédant, porteurs de projets et personnes souhaitant se former en agriculture. "Il faut aussi moderniser le RDI, le répertoire départ installation. Et mettre fin aux agences immobilières, qui tirent le prix de l’exploitation à la hausse".

Enfin, pour rendre toutes les installations viables, vivables et transmissibles, les JA demandent aux porteur de projets de tabler sur des revenus suffisants mais aussi sur des temps de travail acceptables. "Pourquoi ne pas prévoir d’être en repos un week-end sur deux, d’avoir 5 semaines de congés par an, de ne pas dépasser les 50 heures de travail par semaine… Il faut se libérer du temps pour sa vie personnelle, ses engagements, se former…".

Et après ?

Si le jeune est très entouré au moment de son installation, il se trouve parfois un peu "abandonné" dans les mois qui suivent. "Nous les incitons à organiser une table ronde avec la banque, le centre de gestion et tous les partenaires économiques, pour faire le point et avoir une approche plus globale".

 

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