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Guillaume Garot aux patrons des IAA
"J’ai besoin de vous entendre"

"J’ai besoin de vous entendre". C’est ainsi que Guillaume Garot, le ministre délégué en charge de l’agroalimentaire, a lancé, très officiellement, lundi à Rennes les "Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire"(1), devant un parterre d’élus, mais aussi de responsables professionnels et de chefs d’entreprise.

Devant un parterre de chefs d’entreprise, d’élus et de responsable professionnels, dont Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne, Jean-Michel Lemétayer, président de Sopexa, et bien d’autres encore, Guillaume Garot et Pierrick Massiot, président du conseil régional, ont lancé les “Rencontres régionales de l’agroalimentaire”.
Devant un parterre de chefs d’entreprise, d’élus et de responsable professionnels, dont Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne, Jean-Michel Lemétayer, président de Sopexa, et bien d’autres encore, Guillaume Garot et Pierrick Massiot, président du conseil régional, ont lancé les “Rencontres régionales de l’agroalimentaire”.
© terra

Une belle reconnaissance : c’est par la Bretagne, région ô combien agricole et agroalimentaire, que le ministre a jeté, en premier, les bases d’une vaste concertation pour l’avenir d’un secteur, ici plus qu’ailleurs, capital pour l’économie. Car, au delà du seul secteur agricole, l’agroalimentaire pèse sur la croissance, le commerce extérieur, sur les emplois, bref sur l’activité générale des régions et du pays tout entier.

Feuille de route claire

"Le Président de la République m’a fixé une feuille de route claire, n’a pas caché Guillaume Garot. Faire de ce secteur d’activité un fleuron, faire contribuer l’agriculture et l’agroalimentaire au redressement productif de la France".
4 groupes de travail, présidés chacun par un représentant d’entreprises, sont mis en place "afin d’approfondir le diagnostic et préciser les actions à conduire".

Sont ciblés le financement des entreprises, sans lequel, a cité Guillaume Garot le retard pris par l’agroalimentaire dans le secteur de la recherche-développement ("0,7% seulement"), ne pourra être comblé. L’une des premières étapes de cette reconquête est ainsi la création de la Banque publique d’investissement chargée également d’accompagner les efforts de modernisation des outils de production.

Un second groupe s’attaquera au marché. La volaille, le porc : aux yeux du ministre, trop de secteurs sont en perte de vitesse. "Je souhaite que l’on mette en place une stratégie de reconquête des marchés et de la valeur ajoutée. Pourquoi ne pas définir une zone-cible prioritaire qui pourrait être l’Asie, en 2013. Il s’agira de mobiliser les outils, y compris ceux entre les mains des agents de l’Etat, pour parvenir à un travail cohérent, construire du sur-mesure".

A l’image de Doux (voir aussi dans cette page) ou de la filière porcine(2) qui va rencontrer Stéphane Le Foll, le 30 octobre, "pour reconstruire le modèle breton en intégrant les aspects environnementaux, créer de la valeur ajoutée et reconquérir des parts de marché", des mesures spécifiques vont être prises rapidement dans ces secteurs, les "Rencontres régionales" se situant sur le long terme.

Coût du travail : "pas un tabou !"

L’emploi et les compétences seront les thèmes du troisième groupe, notamment le volet attractivité des métiers, 10 000 emplois, à l’heure actuelle, n’étant pas pourvus. Sans doute sera-t-il question aussi de rémunération, et là, Guillaume Garot a été clair : “le coût du travail n’est pas un tabou pour moi, car il compte dans la compétitivité des entreprises”. Puis, plus tard, face à l’exemple allemand qui lui sera opposé : “ce n’est pas en tirant les salaires vers le bas que se situe la solution, mais plutôt par le biais d’une concertation avec nos partenaires européens”.

Enfin, le quatrième thème s’intitule “les stratégies collectives” dans lequel le ministre place, par exemple, les délicates relations entre les IAA et les GMS.

Bref, Guillaume Garot demande à tous de se rallier à son blanc panache. Et comme pour, par avance, désamorcer certaines critiques, il souligne : “je suis convaincu que l’agroalimentaire française dispose d’une puissance de feu. Mais je ne crois qu’à une puissance partagée. Je ne veux pas de bla-bla, mais des propositions concrètes pour des résultats concrets”.

 

Les groupes de travail devront se réunir 2 ou 3 fois, de novembre à janvier, avant de formuler leurs pistes d’actions, tant régionales que nationales, qui figureront, au printemps, dans le plan d’actions du gouvernement. Un plan d’actions qui devra se contenter du strict budget qui sera alors alloué au ministère de l'Agriculture.

Pascal Denis

(1) Michel Cadot, préfet de région, et Michel Morin, vice-président du conseil régional, ont, pour leur part, lancé les “Rencontres régionales pour l’avenir du bois en Bretagne”. Trois groupes de travail vont être constitués afin d’étudier différents domaines : le financement des entreprises, la pérennisation de la ressource et la valorisation des produits, l’emploi, la formation et les stratégies collectives d’action. La thématique “compétitivité” sera abordée dans chacun de ces groupes. La restitution des travaux de ces 3 groupes est aussi fixée au mois de mars.

(2) Dans un récent communiqué, le CRP Bretagne souligne que "les fabricants d’aliment viennent d’annoncer une nouvelle hausse portant le prix de l’aliment à un niveau record de 320 euros/tonne. Les acteurs du commerce de la viande de porc doivent rapidement changer de cadre de référence et se préparer dès à présent à des relations commerciales basées sur un prix du porc de 2 € à la production. Cela doit être compris par une GMS qui doit faire preuve de maturité et ne pas attendre stupidement le durcissement des actions syndicales entreprises en GMS depuis quelques jours".

Poids de l'agroalimentaire

- 10 900 entreprises dont 1 423 en Bretagne

- Chiffre d’affaires : 123,4 milliards d’euros. La filière bretonne représente 16% de ce CA.

- Les exportations des IAA bretonnes représentent 40% des ventes régionales à l’étranger.

- L’agroalimentaire emploie 4 salariés de l’industrie sur 10 en Bretagne (soit 60 100 emplois hors intérim)

- 1/3 des salariés travaille dans le secteur de la viande, au plan national (dont ¼ pour la Bretagne), qui pèse 25% dans le chiffre d’affaires des IAA.

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