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Jean-Paul Legendre, le "bon à rien" qui était "prêt à tout"

Le Pdg du groupe Legendre, Jean-Paul Legendre, a une personnalité hors norme, un dynamisme sans faille et un parcours professionnel qui force le respect. Le 14 octobre dernier, il était invité par le groupe Agriculture au féminin à Fougères, pour venir témoigner sur le thème de l'entrepreneuriat.

"Quand votre idée marche et qu'elle est reprise par d'autres, c'est qu'il déjà temps de penser à autre chose".
"Quand votre idée marche et qu'elle est reprise par d'autres, c'est qu'il déjà temps de penser à autre chose".
© Terra

De la petite entreprise de maçonnerie située à Amanlis il y a 40 ans, au groupe international tel qu'il existe aujourd'hui, le chemin parcouru est immense et a souvent été semé d’embûches. A l'école, le jeune Jean-Paul Legendre n'est pas ce que l'on appelle un élève "modèle". Au contraire. "Les enseignants me disaient que j'étais un bon à rien, ce à quoi je répondais que j'étais prêt à tout", se souvient ce dirigeant, aujourd'hui à la tête de plus de 1200 salariés. Il quitte donc prématurément les bancs de l'école pour rejoindre la petite entreprise de son père, dont il prendra les rênes quelques années plus tard. "Ma chance, c'est d'avoir commencé tout petit et j'avais tout à apprendre", ajoute Jean- Paul Legendre. Le jeune homme apprend vite. Jusqu'en 1986, l'entreprise reste à 30 salariés et doit faire face aux turbulences provoquées par la dévaluation du franc au début des années 80 et au ralentissement des constructions. A partir de 1986, l'activité redémarre. Entre 1986 et 1991, l'entreprise passe de 30 à 100 salariés. Mais la vie d'une entreprise n'est pas plus un fleuve tranquille que celle des hommes. La guerre du golfe et la crise immobilière au début des années 90 portent un sacré coup au développement du groupe. "A cette époque, j'ai été porté à bout de bras par le Crédit agricole", confie Jean-Paul Legendre. En 1993, une opération à Vern sur Seiche lui permet de rembourser une partie de ses encours de crédits. La suite de l'histoire sera une réussite jusqu’à faire du groupe le géant que l'on connaît aujourd'hui.

"Assumer ses erreurs"

"La chose la plus importante quand vous êtes le patron, c'est la décision. Pour moi, le cheminement est un acte collectif mais l'acte de décision est individuel. Quand on prend des décisions, il faut accepter de se tromper et assumer ses erreurs", poursuit l'entrepreneur qui met l'accent sur deux priorités. La première est "de ne jamais oublier les chiffres" et la seconde est de penser au recrutement, "car c'est de là que découle la progression de l'entreprise". Lui, fonceur, s'est toujours entouré de gens plutôt à son opposé en cherchant à savoir "en dehors de son diplôme, à quoi marche la personne ?" Si Jean-Paul Legendre n'a pas de recette miracle à délivrer, un des secrets de sa réussite est sa capacité à innover. "Il faut toujours avoir un coup d'avance. Quand votre idée marche et qu'elle est reprise par d'autres, c'est qu'il est déjà temps de penser à autre chose. Gérer une entreprise, c'est savoir à quel moment il faut foncer et au contraire quand freiner". A voir l'énergie de l'entrepreneur, il y a fort à parier que l'homme est plus à l'aise quand il s'agit de foncer... Mais derrière cette passion d'entreprendre, quelle est sa première motivation ? "Pour moi, l'entreprise est peut être le dernier espace de liberté. C'est l'aventure et surtout, il faut aimer les gens car une entreprise, quand vous enlevez le volet humain, il n'y a plus rien !" En 2015, Jean-Paul Legendre passera à son tour définitivement les rênes du groupe à son fils, Vincent. Mais entre le château des Pères à Piré sur Seiche, où il peut donner libre cours à sa passion pour l'art et "quelques" projets qu'il a déjà en tête, c'est sans doute plus d'une nouvelle vie qu'il convient d'imaginer que de retraite à proprement parler.

Le groupe en bref

 

Depuis sa création, en 1950, le groupe Legendre, implanté dans le grand Ouest et en Ile-de-France, connaît une croissance soutenue. La force du groupe réside dans sa capacité à mettre en œuvre des expertises complémentaires, réunies au sein de cinq métiers : construction, ingénierie, matériaux de construction, immobilier et énergies. En 1990, le groupe comptait 60 salariés et réalisait un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros. En 2012, l'effectif des salariés atteint désormais 1230 personnes pour un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros.

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