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Journée lait : "être bien dans ses bottes"

Un horizon laitier qui sera d'autant plus dégagé en Bretagne que la qualité de vie de ses éleveurs sera préservée, ainsi pourrait se résumer les travaux menés à l'occasion de la journée laitière organisée mardi dernier à Vannes par la FDSEA. L’aspiration est forte et les solutions trouvées par les éleveurs la conforte.

 

Bien sûr, il y a la conjoncture et ses "turbulences". Ni Marie-Marie Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la FNPL, ni Marie-André Luherne, responsable du dossier lait à la FDSEA du Morbihan ne l'ont bottée en touche, "mais les fondamentaux sont bons", tout comme les raisons de croire en l'avenir laitier. Il y a la rugosité du passage d'un système encadré par des quotas depuis 30 ans à une nouvelle donne mais les endroits propices à la production de lait ne sont pas si nombreux dans le monde. La France est de ceux ci et les 32 % de lait supplémentaires produit par unité de main d’œuvre entre 2006 et 2010 en sont l'illustration. Restent la limite humaine et c'est tout l'objet de cette journée avec à la clé études et témoignages. "Il y a de vraies opportunités et une vraie diversité dans la manière de faire du lait en lien avec ses projets et au bénéfice de la filière", estiment les deux responsables.

 

Un panel de solutions

"Le travail et la qualité de vie sont un enjeu nouveau et d'importance croissante avec la diminution du nombre d'éleveurs et l'agrandissement de leurs exploitations" relève Emmanuel Béguin, spécialiste de cette question sociale à l'Institut de l'élevage, à Amiens, d'où il la travaille sous tous les angles, y compris sous celui du salariat ou de l'attractivité du métier. Lui et son équipe ont mis au point des outils* pour raisonner sur le travail et le panel des améliorations est large, "se regrouper, s'associer, prendre un apprenti, un salarié à plein temps ou temps partiel, en groupement d'employeurs, externaliser des tâches, lesquelles …", inventorie-t-il tout en mettant en garde, "une embauche réussie se prépare et être employeur s'apprend et présente un coût net entre 17 500 euros par an à 37 500". D'autres voies se dessinent également avec l'élevage de précision et les technologies de la robotisation pour répondre aux attentes sur le travail d'astreinte dont les charges, physique et mentale, peuvent finir par peser lourd dans la balance. A chacun de trouver les solutions qui lui conviennent pour son système.

 

Mais à chacun la sienne sur son exploitation

 

Bientôt, Hervé Radenac soufflera les 20 ans de son installation après tiers, à Calan, sur une exploitation qui est passée de 250 000 litres de lait sur 42 ha à 385 000 sur 63. Seul à la mener, il externalise l'élevage de ses génisses, travaille en Cuma intégrale et fait appel à ses anciens stagiaires sous TESA pour s'offrir des solutions de remplacement et assumer des responsabilités auprès du GDS et de sa Cuma, entre autres. Anthony Rouillé installé en 1999 avec 45 vaches pour 365 000 l avec passage en Cuma ingrale, explique sans tabou, la complexité de son association, passant à 600 000 l avec une mise aux normes en 2009 et passage à 120 logettes pour 90 VL pour diminuer le temps de curage. "Un des trois associés part en retraite. J'assume le travail, c'est lourd". Et s'il repart sur une nouvelle association avec robot, c'est plus serein sur les relations humaines. Syndicaliste, président de Cuma, reponsable au sein de la FD Cuma il est persuadé du collectif et "des nombreuses possibilités de délégation, des travaux des champs, des cultures, de la récolte mais aussi de main d’œuvre pour laquelle les cuma viennent d'être agréées". Pascal Avenier, s'est installé seul, avec un salarié dont le temps est partagé dans un groupement d'employeurs. Il a saturé son outil "et poussé les murs pour passer à 65 places, j'ai demandé 100 0000 litres de plus pour 2015. J'ai pris un apprenti pour 2 ans, qui permet un appui sur travail". Des solutions à "imaginer chacun sur son exploitation pour être bien dans ses bottes et relever le pari de la transmission et l'attractivité du métier", pour Marie-André Luherne.

Claire le Clève

 

* Plaquette à télécharger sur le site de l'institut de l'élevage «Le travail en exploitation : Où en suis-je ? Comment faire mieux ?»

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