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Journée Mieux vivre au travail

Ce qui les unit : le travail sur l'exploitation. Réseau des groupes de développement agricole du Morbihan, Rés'agri et association des salariés de la production agricole se sont penchés à son chevet : Non pas vivre au travail mais mieux le vivre. Pour y parvenir, il y a encore du boulot !

 

 

"Le travail nous rassemble, c'est indéniable. Comment faire en sorte de mieux le vivre nous semble aujourd'hui essentiel et nous avons beaucoup, les uns et les autres, à gagner de cela," assurent convaincus, Jean Luc Hilary et Nicole Le Peih, responsables respectivement de l'ASAVPA, (association des salariés agricoles pour la vulgarisation du progrès agricole) et de Rés'agri, nouvelle appellation de l'union des groupes de vulgarisation agricole.

 

Passeport pour l'attractivité des métiers

Plus de salariés et moins d'agriculteurs, si le constat n'est pas récent, il s'accentue, d'où l'intérêt d'actions communes pour ces groupes dont les vocations se rejoignent. "Il nous semble important de raisonner à l'actif agricole, nous devons répondre aux mêmes attentes et mêmes besoins de nos adhérents". L'idée de cette journée collective de réflexion leur a valu les lauriers du réseau national Trame et le gain d'un Défi. Car l'enjeu est de taille. Du bien vivre au travail dépend ou non l'épanouissement de l'individu et donc la promotion du bien être. Ou bien, au contraire, l'apparition de dommages sur la santé physique ou mentale. Ce sont les risques psychosociaux, souligneront, préventeur et médecin de la MSA des Portes de Bretagne. Le bien vivre au travail est donc un vrai passeport en terme d'attractivité des métiers agricoles. Et le mal vivre, un repoussoir à l'heure où les besoins en salariat agricole n'ont jamais été aussi cruciaux pour l'avenir de la profession agricole. D'où l'originalité de cette cette démarche. "Elle est de réunir un groupe de travail, fait de salariés et de chefs d'exploitation pour construire ensemble des solutions pour mieux vivre au travail", résume, Philppe Desnos animateur de cette journée qui s'est déroulée mardi dernier à Kerguehennec (56).

 

6 facteurs de risque

Mieux être au travail, c'est aussi une affaire de santé et de sécurité sont venus expliquer au collectif, Hervé Guillotel, responsable des conseillers prévention de la MSA et Nathalie Jeffray, médecin du travail. "Il faut apprendre à identifier les facteurs de risques de l'individu au travail" pointent ces deux spécialistes. Des exigences excessives du travail, une charge émotionnelle liée au travail, un manque d'autonomie, un manque de soutien social et de reconnaissance, les conflits de valeurs ou d'éthique et une insécurité économique les constituent. "Il faut être capable d'identifier dans le travail demandé ce qui fait surgir cela. Un chef d'entreprise doit s'interroger sur l'organisation du travail qu'il a mise en place et qui génère ce dysfonctionnement", pointe Nathalie Jeffray. Physiques, psychologiques ou comportementaux, le corps exprime ses troubles : "hypertension, problèmes cardiovasculaire, migraines, troubles du sommeil ou intestinaux, TMS, fatigue, ennui, nervosité, sensibilité accrue, dépression, difficulté de concentration.perte de mémoire, stress post-traumatique, burn out... agressivité, troubles alimentaires, problèmes sexuels, dépendances à l'alcool, tabac, café, drogues anxiolytiques...Tous ces maux sont là pour le dire. "Ce sont les conséquences du mal être au travail et non les causes. C'est le corps et l'esprit qui parlent", enchaîne le médecin.

 

Les 5 piliers du mieux vivre

Pour faire taire ces troubles et engendrer le mieux être au travail, "l'être humain ne doit pas être pris pour un opérateur mais comme un sujet agissant avec ses compétences, ses valeurs", note Nathalie Jeffray. C'est toute la différence entre travail fait réellement sur le terrain et travail prescrit. Pour le mieux être au travail, pas de doute, "il faut agir en amont", prévenir les risques avant de les réduire, de les corriger ou de les réparer. "Dans ce dernier cas, c'est parfois trop tard, revenez aux causes" , enjoignent ces spécialistes de la prévention. Au nombre de cinq sont les piliers du fonctionnement humain en matière de travail. L'anticipation est le premier de ceux là, suivi de la régulation de chacun face à une tâche à effectuer, vient ensuite le sens sonné au travail puis la coopération avec ce que chacun peut apporter au projet commun et enfin la reconnaissance, "clé de voûte qui ne coûte pas chère mais fait tenir l'ensemble".

 

Claire Le Clève

 

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