Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Journée mondiale du lait, un voyage au coeur de la filière

L'organisation professionnelle Syndilait qui coordonne la journée mondiale du lait, organisait la semaine dernière un voyage initiatique du lait en terre bretonne. Avec une première étape chez Pierrick Gibet, agriculteur installé sur une exploitation de 33 hectares dans le bourg de Chevaigné (35). L'occasion de faire un focus sur son système mais aussi d'évaluer la production laitière française.

À 58 ans, Pierrick Gibet est à la tête d'une exploitation de 35 vaches laitières pour une production de 270 000 litres de lait. Une petite exploitation donc, dont la particularité est de se situer en plein bourg de Chevaigné, une commune d'environ 3 000 habitants qui s'est agrandie petit à petit. "Je me suis installé en 1986 et je suis la troisième génération de ma famille sur cette exploitation", explique fièrement Pierrick Gibet. Pour autant, après son départ en retraite programmé dans deux ans, il n'aura probablement pas de successeur. "Ça fait un moment que je le sais, car la commune continue à s'agrandir et la logique veut que les prochains programmes d'urbanisation arrivent autour de l'exploitation", ajoute Pierrick Gibet. Il connaît bien le sujet pour avoir fait partie du conseil municipal. Avec cette donnée en tête, il aura réussi à tirer le meilleur parti de son exploitation. À commencer par limiter ses investissements. "Ma salle de traite est ancienne et les bâtiments avaient déjà fait la carrière de mes parents avant la mienne". Pour la conduite de son système, il a fait assez tôt le choix d'une agriculture raisonnée. Ainsi, il pratique les techniques culturales simplifiées depuis 1999, s'engage dans un CTE (contrat territorial d'exploitation) en 2001, introduit le lin dans sa ration en 2002 et s'engage dans une mesure agro-environnemental herbicide en 2010. Engagé dans la démarche Bleu-Blanc-Coeur, il décide de passer en logette en 2011, pour des questions de propreté, notamment pour la vente directe. Sa ferme compte 33 hectares de terres, partagées entre prairies et culture de maïs et de blé. La paille issue du blé cultivé sur sa ferme est auto-consommée par son troupeau, tandis que le blé part à la vente. Ses vaches sont également nourries avec du lin, pour sa richesse naturelle en Oméga 3, qui provient d'un site situé à une trentaine de kilomètres de son exploitation. La majorité du lait de la ferme de Pierrick Gibet est livrée à la laiterie Coralis de Cesson-Sévigné. Il vend également une partie de son lait (10 000 litres par an) en vente directe, auprès de la cantine du village, de boulangers ainsi que de certains magasins de proximité. Il a aussi fait le choix de déléguer l'élevage de ses génisses.


Déclin du petit-déjeuner
Au niveau national, chaque jour en France, terre historique de production laitière, ce sont 24 000 emplois, dont 6 000 directs, qui oeuvrent en faveur du lait liquide conditionné "Made in France" : près de 3,2 milliards de litres sont sortis des laiteries françaises en 2018. En grande distribution, les Français ont acheté environ 2,3 milliards de litres de lait conditionnés en 2018, soit 79 % du lait liquide proposé sur le marché français. Des ventes qui sont en repli de -3,3 % en volume par rapport à 2017, notamment en raison du déclin du petit-déjeuner.
En valeur, le recul des ventes de lait en grande distribution est contenu, à -0,3 %, grâce à la montée en gamme des produits proposés par les laiteries. En effet, les achats des ménages se sont majoritairement orientés vers les laits dits "spécifiques" (bio, aromatisé, délactosé, croissance, vitaminé...), qui représentent désormais près de 26 % du marché des laits conditionnés, contre encore 24 % en 2017. Le lait bio a, en particulier, enregistré une croissance de ses ventes de +19,4 % depuis 2017 et il représente aujourd'hui 11,2 % de la totalité des laits vendus en grande distribution.

Journée mondiale du lait

Les professionnels du lait de consommation, réunis au sein de Syndilait, participent pour la 6e année consécutive à la "journée mondiale du lait" le 1er juin prochain. En France, sept laiteries ouvrent leurs portes aux consommateurs. Celle de Coralis à Cession Sévigné ouvre ses portes le 5 juin. Un événement pour découvrir les activités des différents professionnels engagés pour la qualité du lait tout au long de son parcours : éleveurs laitiers, chauffeur ramasseur de lait, conducteurs de ligne, responsable qualité...
Pour en savoir plus : leblogdulait.fr

La laiterie Coralis dans le détail

Après la visite de l'exploitation de Pierrick Gibet, la laiterie Coralis (Agrial) à Cesson-Sévigné a ouvert ses portes. La laiterie Coralis, créée en 1949, fête cette année ses 70 ans. Le site de Cesson-Sévigné traite chaque année 200 millions de litres de lait et emploie 117 collaborateurs. Il produit du lait UHT, du beurre et de la crème fraîche pour des marques de distributeurs et sa propre marque "Agrilait", lancée dès 1982. Le site Coralis de Cesson-Sévigné collecte le lait dans un périmètre de 70 kilomètres autour de la laiterie, auprès d'une partie des éleveurs adhérents à la coopérative Agrial, soit environ 360 producteurs en Bretagne et en Normandie (Manche). La laiterie adapte ses tournées de collectes en fonction de chaque type de lait : conventionnel, Bleu-Blanc-Coeur sans OGM, origine bretonne, normande, etc. Le lait est donc rigoureusement tracé et séparé selon sa provenance. Coralis produit 29 références différentes de lait UHT. Son lait breton Agrilait est distribué en Bretagne et son lait Agrilait Normand, en Normandie. Les marques de distributeurs sont quant à elles distribuées nationalement.
La laiterie Coralis est équipée de 5 lignes de conditionnement de lait UHT, d'une capacité entre 6 000 et 8 000 briques par heure, et possède une capacité de stockage sur site de 6 millions de litres. L'atelier consacré au lait UHT produit environ 80 millions de litres de lait par an.
Tout commence avec le service prétraitement, qui est chargé de mettre à disposition des ateliers la matière première dont ils ont besoin. Dans ce service, "12 salariés se relaient 7 jours sur 7 pour réceptionner environ 700 000 litres de lait, dont le lait des producteurs Agrilait", explique Thierry Collineau, directeur de Coralis. Le lait cru est ensuite pasteurisé (chauffage à 90°C pendant 30 secondes) puis standardisé (séparation des matières grasses pour amener le lait à 36, 15,5 ou 0 g/l) selon le produit final souhaité (entier, demi écrémé, écrémé).

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Vignette
La FNP (producteurs de porcs) dénonce une intrusion de BFMTV dans un élevage

"Des journalistes de BFMTV sont entrés de nuit en toute illégalité dans un élevage de porcs, faisant le jeu des…

Vignette
FNSEA et JA annoncent un "blocage des axes majeurs de circulation" le 8 octobre

Les syndicats agricoles majoritaires ont annoncé un "blocage des axes majeurs de circulation le 8 octobre". Il s'…

Vignette
Dans l’Orne, une nouvelle attaque d’élevage suscite la colère de la profession agricole

Un incendie criminel a ravagé trois bâtiments d’un élevage de poulets de l’Orne, dans la nuit du 16 au 17 septembre. Si l’…

Vignette
L’agriculture paysanne, solution au changement climatique
Face au changement climatique, la Confédération paysanne de Bretagne s’est penchée sur les scénarios agricoles et alimentaires…
Vignette
Quelle place pour les femmes en agriculture ?
Si un chef d'exploitation sur trois est aujourd'hui une femme, ces dernières restent encore peu visibles en agriculture et…
Vignette
100 emplois

"Les salariés et salariées craignent une perte de plus de 100 emplois sur 620" dans les cinq chambres d’Agriculture…

Publicité