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Jusqu'ou peut aller l'affaire Lactalis ?

L'affaire de la contamination par la salmonelle de laits infantiles, produits dans l'usine Lactalis de Craon (53) prend chaque jour plus d'importance. Les rappels concernent maintenant tous les produits de l'usine, pour l'ensemble des pays européens. Les éleveurs "craignent les effets dévastateurs sur la réputation d'excellence des produits Français".  La FNSEA estime que "l'éleveur n'a pas à payer la facture de cette crise" ... et pourtant.

35 nourrissons ont été atteints de salmonellose durant le mois de décembre à la suite de la consommation de produits infantiles issus de l'usine Lactalis de Craon.

Mais, depuis cette date, les cafouillages se sont accumulés. Le 11 janvier, Bruno Le Maire et Stéphane Travert ont cherché à rassurer les consommateurs en convoquant les distributeurs au ministère. En effet, certains lots incriminés auraient dû être retirés de la vente, mais ils ne l'ont pas été. La DGCCRF en a retrouvé dans 91 établissements dont 30 grandes et moyennes surfaces, 44 pharmacies, 12 hôpitaux, 2 crèches et 3 grossistes.

Plusieurs distributeurs ont fait leur mea culpa, initié plus tôt par Michel-Edouard Leclerc.

Cette affaire éclabousse bien sûr Lactalis, mais aussi la grande distribution et l'administration accusées chacune à leur niveau d'être incapables d'assurer les retraits de produits et les contrôles. Bruno Le Maire a annoncé le 11 janvier "un contrôle électronique systématique en caisse pour garantir qu'aucune boîte de produits infantiles ne soit vendue". Mais l'affaire est complexe : pourquoi Lactalis a-t-il continué à livrer des lots alors qu'il n'aurait pas dû ? Et pourquoi la procédure de retrait n'a pas été effective ? Michel Nalet, porte-parole de Lactalis, reconnaît que la salmonelle était bien présente dans l'usine en 2005. "Il n'y a jamais eu de résultats positifs aux salmonelles à part en 2017. Deux analyses ont montré la présence de salmonelles dans l'environnement mais pas dans les produits", se justifie-t-il, le 11 janvier.

Bruno le Maire a un avis différent déclarant que "l'État s'est substitué à une entreprise défaillante, seule responsable quant à la qualité de ses produits".

 

Quant aux retraits en magasin, Alain Bazot, président de l'UFC-Que choisir, expliquait au micro de RTL qu'en France, "le système de rappel n'est pas au point. Ce n'est pas la première fois que l'on constate, lors d'un retrait de produit, qu'ils ne sont pas nécessairement supprimés dans les magasins".

Bref difficile aujourd'hui d'y voir clair. De nombreux parents ont porté plainte contre Lactalis au travers de l'association "des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles", une démarche que la prise de parole d'Emmanuel Besnier dans le journal du Dimanche n'a pas freinée, bien au contraire. Quant aux producteurs, ils craignent d'être une victime collatérale de cette affaire, si les prix devaient s'effondrer du fait des perturbations sur les marchés.

Par ailleurs, ce mercredi, cinq usines de Lactalis, dont le siège de Laval étaient perquisitionnées par la gendarmerie nationale.

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