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Kemtag : gérer sa flotte d'outils agricoles

Ogo, l'odomètre 4.0 de l'entreprise Kemtag est un compteur d’activité qui promet de faciliter et de fluidifier la mutualisation du matériel agricole. Quelles contraintes pour quels avantages ? David Vandenberghe, le geek derrière l'application, aujourd'hui à la tête de la start-up dont le produit phare a été récompensé en septembre dernier d'un Innov'Space fait le point.

L'obsession de David Vandenberghe pour son odomètre 4.0 est de partir du besoin. "Nous sommes allés à la rencontre des agriculteurs avant de proposer un produit. Nous avons adapté toutes les composantes du produit de base à partir des demandes et des besoins du terrain. Les agriculteurs, les utilisateurs, nous ont donné leurs attentes ; à nous ensuite de trouver des solutions techniques pour les rendre possibles", explique l'entrepreneur.

À ce jour, les moyens les plus utilisés pour gérer sa flotte d'outils agricoles restent le carnet et le crayon, avec les contraintes de fiabilité, de lourdeur d'enregistrement et d'interprétation des données. Ainsi, la société spécialiste du numérique a développé une gamme de capteurs connectés permettant de recueillir des informations sur l’utilisation des machines agricoles et de les transférer aux gestionnaires de parcs. L'objectif est de faciliter le calcul des taux d’utilisation des outils par chaque agriculteur membre d’un groupement.

Comment ça marche ?

Aimanté, l'odomètre se positionne sur une partie en rotation (roue, rouleaux) du matériel utilisé par l'agriculteur. Un capteur mesure le nombre de tours et détermine la distance parcourue et la surface travaillée. Ce système permet d'obtenir un relevé d’activités des matériels agricoles fiable en minimisant les saisies papier. Seul ou en flotte, l'appareil est relié à une application sur smartphone, ordinateur ou tablette. Concrètement, l'utilisateur sélectionne l'outil qu'il va utiliser dans l'application. Celle-ci se connecte au capteur en place. Si plusieurs personnes utilisent ce système Ogo, l'utilisateur doit s'identifier (ex : Bernard prend la herse étrille).

Il reste alors à appuyer sur "départ du matériel" lors des débuts des travaux et "retour du matériel" à la fin du chantier. Une fois l’opération terminée, le chauffeur visualise les informations d’utilisation du matériel.

En fin de saison, il devient possible d’extraire automatiquement, depuis le web, les informations par machine et ainsi d’historiser l’utilisation et de faciliter la facturation. "Suivant les habitudes des groupes de travail, les informations peuvent être extraites en terme de distances parcourues, de surfaces travaillées ou de nombres d'heures d'utilisation", explique David Vandenberghe.

Une technicité nouvelle

Pour produire un outil qui s'adapte aux besoins de agriculteurs, la start-up a dû résoudre des difficultés techniques. "Nous avons conçu notre boîtier en caoutchouc pour amortir les chocs et garantir une parfaite étanchéité", assure le chef d'entreprise. Un système simple qui se veut aussi pratique et économique pour l'acheteur : "Ce matériau est robuste et souple, facile à retirer pour permettre de changer des pièces détachées au besoin plutôt que de changer l'ensemble du capteur". Une vision d'optimisation et d'économie que les concepteurs ont aussi adaptée à la gestion de la batterie. Rechargeable, elle peut rester jusqu'à 30 jours en fonctionnement non-stop. "L'objectif de gagner en autonomie est de faire une saison complète avec un outil''. L'entreprise ajoute qu'en rationalisant le nombre de capteurs, en fonctionnant en flotte, il faut au plus une dizaine de capteurs pour suivre tout le matériel. Commercialisé à partir de mars-avril 2019, le prix du capteur oscillera entre 150 et 175 euros l'unité.

Accessibilité et protection des données

L'odomètre Ogo, nouvel entrant sur le marché se démarque donc des systèmes existants par le niveau de technicité sur lequel il se place. Outre la simplicité d'utilisation et la configuration ultra-rapide du système (pas besoin de configurer toutes les parcelles avant utilisation), le produit Kemtag se veut plus discret sur la récolte des données de géo-localisation. "Le sujet des données personnelles et de leur accès est aujourd'hui sensible. Et comme tout un chacun, les agriculteurs ont des craintes sur l'utilisation ou la ré-utilisation des leurs données. Il y a une vraie prise de conscience dans le milieu rural. Ainsi, notre système ne nécessite pas d’informations liées à la cartographie et fonctionne sans positionnement GPS", rassure David Vandenberghe. Un choix qui permet donc de protéger les agriculteurs mais aussi de travailler et d'accéder aux informations du capteur même en zone blanches (sans accès au réseau télécom/internet).

RETROUVEZ LA VIDEO ICI : http://kemtag.fr/#

 

"Un outil très simple à utiliser"

La Cuma de la Fourragère, basée à Martigné-Ferchaud (35) collabore avec Kemtag depuis mi-2017. Deux capteurs testeurs sont utilisés par les chauffeurs chez l'ensemble des adhérents. "L'utilisation et la mise en route du matériel est très simple, chaque chauffeur a l'application sur son smartphone. Il rentre le nom du matériel et de l'adhérent quand il arrive à la parcelle et une fois le travail enregistré, les informations partent directement dans notre logiciel pour établir la facturation. Ça correspond tout à fait à notre besoin", explique Frédéric Pavy, responsable de l'atelier à la Cuma qui ne regrette pas le temps où chaque adhérent devait signer les feuilles de travaux...

 

 

La Région investit dans le numérique

Pour lancer sa start-up et convaincre des financeurs, David Vandenberghe a commencé par répondre à l'appel d'offres "Expérimentation d’innovations numériques" lancé par la Région Bretagne. "Ce financement a représenté 35 % de notre investissement de départ", souligne le chef d'entreprise.

Ce programme vise à créer une dynamique régionale par l’accélération et la mise sur le marché de produits et services numériques innovants appliqués à une ou plusieurs des filières prioritaires pour la Bretagne.

Les projets soutenus s'inscrivent dans des filières applicatives tels que la cybersécurité (défense), AgreTIC (agri-agro), les smart grids (énergie), la course au large (nautisme) ou encore les transports et la mobilité.

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