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À Kerlouan, les producteurs de la Sica passent à la vente directe

L’idée leur trottait dans la tête depuis un bon moment déjà ! Regroupés en association, Les maraîchers pagan, une quinzaine de producteurs de la Sica viennent de franchir le pas de la vente directe. Et après les marchés de plein vent pendant l’été, ils espèrent bien monter un magasin de producteurs et embaucher un salarié à la rentrée.

Un bonhomme de paille à proximité et des panneaux au bord de la route ont suffi à faire venir de nombreux clients sur les premiers marchés des producteurs de légumes de la Sica. Toutes le semaines, les producteurs proposent une large gamme de légumes à la vente.

"Ca fait des années qu’on en parle". Producteur bio à Kerlouan (29), Loïc Lyvinec est aussi administrateur à la Sica de St Pol de Léon. Et voilà bien longtemps que lui trottait dans la tête l’idée de proposer ses légumes en vente directe. Plutôt dans l’optique de se faire connaître des consommateurs que de réellement partir sur les circuits courts. "Aujourd’hui, on se rend compte que nos voisins ne savent même pas ce que nous produisons. Et on finit par se déconnecter du marché local".

 

Une attente des consommateurs

Quelques ventes de légumes, réalisées lors de portes ouvertes ou de fêtes locales, leur avaient montré qu’il y avait une réelle attente des consommateurs. "Et parfois, les gens nous demandaient s’il était possible d’acheter nos légumes en direct". Une pratique jusque-là interdite par les statuts de leur coopérative. "Le droit européen laisse aux adhérents la possibilité de vendre jusqu’à 25 % de leurs volumes en direct au consommateur. Mais la Sica avait fait le choix de l’apport total". Les discussions s’engagent au sein de la coopérative, qui décide de modifier ses statuts.

producteurs de la Sica

Une quinzaine de producteurs

Regroupés en association, Les maraîchers pagan, les producteurs sont alors une quinzaine à se lancer dans l’aventure. "De Kerlouan et des environs, mais aussi de Cléder et Plouzévédé, un peu plus loin". Car l’idée est de proposer une large gamme de légumes : endives et échalotes, les spécialités du pays pagan, mais aussi artichauts et fraises, tomates et brocolis, navets et potimarrons, courgettes et oignons, concombres et betteraves de couleur… produits en agriculture conventionnelle et en bio. Et portant haut les couleurs de Prince de Bretagne, la marque des légumiers bretons.

 

Deux marchés par semaine

"Nous étions prêts en mars", se souvient Loïc Lyvinec, le président de l’association. Mais le coronavirus, en obligeant la Sica à décaler son assemblée générale après le confinement, en décide autrement. Et c’est finalement courant juillet que les premiers marchés ont pu se tenir. "On a ainsi pu cibler aussi la clientèle touristique". Ne voulant pas concurrencer les vendeurs de légumes sur des marchés de plein vent, les producteurs décident de s’installer sur la zone de Lanveur, à Kerlouan, sur le parking de leur coopérative, "considérée comme la continuité de nos exploitations". Dans un premier temps, le marché se tient deux fois par semaine, le vendredi de 17 h à 19 h, et le samedi, de 10 h à 12 h. "C’est un nouveau métier", constatent les producteurs, qui doivent définir les prix, jongler avec les quantités apportées au marché... "Il faut qu’il nous reste le moins de stock possible le samedi midi, tout en ayant répondu à toute la demande".

 

Bientôt un magasin

Malgré des conditions climatiques parfois un peu difficiles, le succès est au rendez-vous des premiers marchés. "Les gens nous disent apprécier la fraîcheur de nos légumes, qui ont été récoltés le jeudi après-midi ou le vendredi matin, pour être vendus aussitôt".
Et déjà, les producteurs pensent à poursuivre l’expérience. "L’objectif est maintenant de monter un magasin de producteurs, dans les anciens locaux de Britallis, toujours sur la zone de Lanveur", explique Loïc Lyvinec. Mais les normes à respecter pour l’accueil sont draconiennes et le dossier prend du temps.
"Nous prévoyons d’embaucher un salarié. Nous pourrons donc prévoir, ou pas, des créneaux d’ouverture plus larges que nos marchés d’été". Et les idées ne manquent pas pour commercialiser des volumes plus conséquents. "Pourquoi ne pas proposer des paniers, que les consommateurs viendraient chercher sur place ou que nous pourrions livrer dans des points de dépôt ? Ou des pré-commandes sur Internet ?". Autre créneau à explorer : les paniers ont désormais le vent en poupe pour financer les activités des associations sportives, des écoles…
Si la démarche des maraîchers pagan est une première, elle est suivie de près par les légumiers. Et d’autres groupes de producteurs de la Sica réfléchissent déjà à la dupliquer dans d’autres secteurs.

 

 

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