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La bio au fil des saisons

Depuis 2016, Pascal Lamoureux a franchi le pas de l'agriculture biologique. Si différents éléments déclencheurs ont orienté l'éleveur vers une conversion, celle-ci était déjà en réflexion depuis plusieurs années.

J'ai toujours été dans une démarche de réduction des produits phytosanitaires sur ma ferme, bien conscient que la manipulation de ces produits est avant tout dangereuse pour ma santé. Seul et avec 55 hectares de SAU, je cherchais à optimiser les performances technico économiques de l'exploitation avec le moins d'intrants possible. La dernière crise laitière a démontré que réaliser du litrage n'était pas forcément payant. J'étais stressé à chaque réception de facture. Et dans un système conventionnel celles-ci reviennent assez vite. Aujourd'hui mes vaches produisent seulement 250 000 litres sur l'année et l'épaisseur de mon grand livre comptable a diminué.

 

Lever les freins

Avec du recul, j'aurai dû passer en bio quinze ans avant. Même si l'environnement professionnel agricole ne permet pas toujours de vivre sereinement une conversion, les formations proposées par la chambre d'agriculture m'ont permis de conforter mon projet et de préparer mon passage en bio.

Ce choix m'a amené à poser la réflexion sur mon système de production et ses conséquences techniques. Viser l'autonomie alimentaire permet une baisse des charges opérationnelles et une rentabilité de la ferme. Les éleveurs rencontrés lors de visites d'exploitation dans le cadre des formations l'ont tous mis en évidence. Pour moi un des éléments clés à avoir en tête lors d'une conversion est la diminution de la production par vache.

L'étude de faisabilité (Pass'bio) a éclairci mon projet sur le plan technique, économique et financier. La prévision sur cinq ans a souligné l'importance d'une trésorerie saine lors d'une conversion. Il ne faut pas oublier que durant cette période les achats se font en bio alors que les ventes sont en conventionnel.

 

Un changement de pratique

J'ai dû revoir mon assolement. En bio la part des prairies devient importante. J'ai implanté 30 hectares d'herbe la première année de conversion et diminué par trois ma surface en maïs. La gestion de l'herbe avec des prairies en association graminée-légumineuse est primordiale. Elle assure une production et qualité fourragère pour l'alimentation du troupeau. J'ai dû aménager mon parcellaire en créant des chemins d'accès et des paddocks sur les parcelles accessibles aux vaches laitières.

Je produisais 9 400 l/VL/an en conventionnel, mais le camion d'aliment revenait tout les mois. Depuis mes vaches consomment les mélanges céréaliers produits sur l'exploitation (triticale/pois ou triticale/féverole) et la production est de 6 000 l/VL/an.

J'ai également mis en place de nouvelles rotations avec des cultures sarclées après prairies. Dorénavant mon maïs est semé fin mai/début juin pour garantir une levée et une couverture de sol rapide.

 

Des techniques à découvrir

J'ai pas mal de copains en bio, et j'ai toujours été attiré par ces techniques. Aujourd'hui je suis attentif aux autres pratiques. J'ai d'ailleurs testé pour la deuxième année des haricots. L'expérience est plutôt positive même si cela demande du temps entre le semis, le désherbage et la récolte. Il faut être vigilant à ne pas déséquilibrer le système bio surtout en matière de rotation. Souvent décriée en bio pour son désherbage, j'ai choisi d'implanter de la betterave en mini-motte. Les vaches les pâturent actuellement et ce pendant l'hiver prochain.

Toujours à l’écoute de nouvelles façons de faire, le challenge bio m'a donné goût aux techniques innovantes sur ma ferme.


Rubrique rédigée par les conseillers bio des chambres d'agriculture de Bretagne.

 

Trois conseils de Pascal

Se préparer à la chute du lait. La rentabilité en bio passe par la baisse des charges et le coût de production au détriment de la production de lait/VL.

L'importance d'une trésorerie saine. La majorité des éleveurs laitiers bio disent que les années les plus difficiles sont les années de conversion. Je confirme.

La conversion bio n'est pas un projet anodin. Il faut se former, visiter des exploitations, rencontrer des éleveurs, échanger sur les techniques...

 

 La bio au fil des saisons

"Les engrais verts ont été semés en septembre"

Cette année nous avons implanté des couverts à base de trèfle en mélange avec de l’avoine ou du seigle. Malheureusement la météo du mois d’octobre ne nous a pas permis de semer autant de parcelles que l’on aurait voulu. La gestion de l’azote est l’un des points techniques clés avec le passage en bio. Nous allons intégrer de plus en plus les couverts végétaux en tant qu’engrais verts dans la rotation, mais nous devons encore progresser techniquement, notamment en utilisant ce que j’ai appris lors de la formation "consolider sa conversion en bio" de la chambre où j’avais pu travailler sur la gestion de l’azote sur ma propre rotation.  / Marine Salaün

 

 La bio au fil des saisons

"Les vaches pâturent les betteraves depuis 1 mois"

Cette année j'ai réessayé les betteraves en bio. J'ai toujours fais de la betterave en conventionnel mais j'ai dû arrêter lors de ma conversion bio. Ce fut un échec, en cause, le désherbage mécanique. Dorénavant je plante les betteraves en mini-motte avec un écartement de 75 cm. C'est plus de travail et de main d'œuvre lors de l'implantation. Mais la culture est réussie et le désherbage est plus facile. Une plateforme a été réalisée sur mon exploitation. J’ai pu partager mon expérience auprès d’autres éleveurs le 24 octobre dernier. Les vaches pâturent les betteraves tous les jours en plus du pâturage. J'ai 46 de TB et 34 de TP pour 17 kg de lait/VL/j.  / Stéphane Boulent

 

 

 La bio au fil des saisons

"Nous maintenons un repas d’affouragement en vert le plus longtemps possible"

En ce moment c’est calme, les chèvres sont avec les boucs, nous attendons les échographies avec impatience, ce sera autour du 20 novembre. L’année dernière nous avons eu 97 % de réussite en reproduction, pourvu que ce soit pareil cette année, nous avons besoin de chevrettes pour augmenter le troupeau. Nous sommes passés récemment à un seul repas d’herbe par jour avec l’autochargeuse et nous avons démarré l’ensilage d’herbe en complément. Le lait baisse, c’est normal, nous arrivons sur la fin de lactation, mais la production a été bonne pour cette première lactation malgré quelques soucis sanitaires.  / Leïla Le Caro

 

 

 La bio au fil des saisons

Maïs grain récolté, broyé et stocké sous le hangar

Début octobre, j’ai récolté 21 ha de maïs grain pour l’alimentation des porcs charcutiers. Je vise un taux d’humidité du grain de 35 %. Le rendement 2019 est assez moyen, 45 q/ha en équivalent sec. On paie le printemps froid et le coup de chaud de juillet. Le grain est broyé à la récolte : il passe via des vis de reprise dans le broyeur de l’ETA puis dans le silo-couloir. Le grain broyé est tassé et bâché dès le soir. Les associations triticale pois ou féverole sont broyées à la récolte et stockées simplement à plat sous un hangar. J’achète un complémentaire qui représentera, selon les périodes, de 25 % à 50 % de l’aliment distribué en machine à soupe aux charcutiers. Dans les jours à venir, je voudrais semer les associations triticale-féverole, mais la météo est un peu capricieuse. / Soazig Perche

 

 

 

 La bio au fil des saisons

"Nous sommes en pleine effervescence"

Commencée depuis déjà deux semaines, la période d’élaboration de nos cidres, bat son plein. Chez Kerloick, nous travaillons une vingtaine de variétés de pommes, cultivées en bio, dans nos différents vergers. C’est à travers l’assemblage de leurs saveurs amère, douce-amère, douce et acidulée que nous arrivons à donner vie aux différentes cuvées, brut, demi-sec et doux. Pendant ces trois derniers mois de l’année, l’activité est à son maximum. En effet, c’est durant cette courte mais intense période qu’il faut être vigilent, pour faire fructifier les efforts, faits au verger durant toute une année, avec le moins d’intrants possible.  / Mathieu Havard

 

À NOTER

Les prochains rendez-vous techniques organisés par les chambres d’agriculture sur le thème "produire du lait bio en hiver : nouveaux essais et pratiques d’éleveurs", les après-midi du 19 novembre à la ferme de Trévarez (Saint-Goazec, 29) et du 21 novembre chez Françoise Faucheux, éleveuse bio à Campénéac (56).

 

 

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