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La bio au fil des saisons

Depuis le début de l’année 2019, Jean-Baptiste Jaouen et Quentin Auffret ont franchi le pas de l'agriculture biologique.

Jean-Baptiste Jaouen et Quentin Auffret, producteurs de légumes frais de plein champ à Cléder (29).

Notre réflexion a démarré il y a trois-quatre ans, mais le cap de la conversion n’a pas été immédiatement franchi. Puis, avec tout ce qu’on entendait dans l’actualité autour des phytos, en voyant les autres producteurs en bio qui y arrivaient, et dans l’idée de pérenniser l’exploitation, on a fini par prendre la décision de la conversion. Nous avons démarré notre conversion en février 2019, afin de pouvoir produire des échalotes en bio dès février 2021. Actuellement, nous avons 45 hectares en C1 (première année de conversion), 3,5 hectares déjà en bio et 6 hectares que nous avons récupérés cette année qui seront mis en conversion début 2020.

 

Vers une évolution du système de production

Cette première année avec l’essentiel de notre surface en C1 s’est bien passée. Nous avons gardé les cultures que nous produisions déjà : chou-fleur, brocoli, artichaut, et avons mis un peu de topinambour en plus. L’ail et l’échalion sont restés en conduite conventionnelle cette année. Sur les parcelles déjà en bio, nous avons produit du chou-fleur vert afin de respecter les règles de mixité bio/non bio sur la ferme (culture distinguable du chou-fleur blanc produit en C1).

Pour les choux et l’artichaut, la marche pour passer du conventionnel au bio n’est pas très haute, puisque ce sont des cultures que l’on traite déjà très peu. La conduite de l’échalote en bio sera plus exigeante en technicité. Selon les cultures, les difficultés techniques à gérer en bio ne sont pas les mêmes : fertilisation pour les choux, gestion du mildiou en échalote, désherbage pour les légumes anciens…

Pour la deuxième année de conversion, il est prévu que l’on désintensifie un peu notre rotation, notamment au niveau des choux. Parallèlement, nous passons de deux salariés à un seul sur l’exploitation, ce qui donne l’occasion de revoir le système. L’idée à terme serait de diversifier un peu l’assolement, avec de la carotte par exemple, pour arriver à quatre ou cinq familles botaniques différentes pour permettre une meilleure rotation.

La gestion de la fertilisation a aussi été modifiée : nous avons amené plus de fumier de bovin pour compenser l’absence d’apports minéraux. Nous avons testé l’apport d’engrais organique à la plantation de certaines séries de choux et avons observé un très bon démarrage avec une nette différence par rapport aux plantations sans engrais organique.

 

Investissements nécessaires

Nous avons investi dans divers matériels cette année afin d’avoir des outils de désherbage mécanique performants. Nous avons acheté une bineuse frontale avec des doigts Kress, une bineuse à allées et une herse étrille, pour lesquelles nous avons eu une part de financement de l’Agence de l’Eau. Nous sommes satisfaits de cette première année d’utilisation : les doigts Kress ont été utilisés sur choux et drageons, et la herse étrille sur drageons et topinambour. Le passage avec la bineuse à allées aurait mérité d’être positionné plus tôt. Nous avons eu la chance d’avoir un été plutôt sec et qui a donc rendu la gestion de l’enherbement assez facile, mais ce ne sera pas le cas tous les ans ! Nous sommes en train d’investir dans un guidage GPS qui nous servira dès 2020 pour toutes nos plantations.

Rubrique rédigée par les conseillers bio des chambres d'agriculture de Bretagne.

 

Deux conseils de Jean-Baptiste

- Lancer sa conversion une fois bien décidé : y aller seulement après avoir bien réfléchi.
- Ne pas hésiter à remettre en question tout son système : assolement, pratiques, main d’œuvre…

 

 

Jean-Baptiste Jaouen et Quentin Auffret /Cléder (29) producteurs de légumes frais de plein champ

 

 La bio au fil des saisons

"Nous attaquons les essais variétaux sur choux-fleur"

Alors que les récoltes de choux-fleur se poursuivent, cette année, pour la cinquième année consécutive, nous avons des essais variétaux en chou-fleur d’hiver. Ces essais font partie d’un réseau de producteurs où nous sommes évaluateurs de ces nouveautés, testées sur les différents bassins légumiers bretons. C’est intéressant ! Le choix variétal en choux est une des spécificités de cette culture, il est très stratégique : sur la ferme, pour couvrir une saison de choux sur toute l’année, nous cultivons en effet pas moins de 25 variétés différentes. En bio, nous devons être plus particulièrement attentifs à leur sensibilité au mycosphaerella puisque nous n’avons aucun autre moyen de lutte à notre disposition contre cette maladie du feuillage.  / Marine Salaün

 

 

Pascal Lamoureux / Rohan (56) éleveur de vaches laitières

 

La bio au fil des saisons

"Semis de méteils début janvier"

J’ai terminé mes ensilages de maïs mi-décembre (5 ha) et ai aussi ensilé de l’herbe (10 ha) en même temps. J’ai stocké ces fourrages dans un silo en alternant maïs et herbe de façon à récupérer les jus de l’herbe. J’ai ensilé tard car j’ai semé mon maïs entre le 27 juin et le 2 juillet et l’humidité de l’hiver a retardé le chantier de 15 jours. Je sème toujours tard mon maïs car j’attends que le sol soit bien réchauffé pour limiter la pousse des mauvaises herbes. J’ai attendu une fenêtre de tir, tout début janvier, pour semer mes 6 ha de mélange (féverole/triticale et pois/triticale). J’espère que le temps va se refroidir pour ne pas avoir trop de développement de mauvaises herbes. Aujourd’hui, mes vaches sortent toujours sauf les jours exceptionnels de pluie ce qui correspond à 8-10 jours dans l’année. Elles pâturent les betteraves et l’herbe. Elles ont aussi de l’ensilage d’herbe, de l’enrubannage et 2 kg de méteil grain en attendant l’ensilage de maïs. Le lait par vache est de 22 l/jour avec des taux de TB 48 et TP 34,6. / Christèle Burel

 

Gaec Cabri’hyaule / Tremblay (35) éleveurs de chèvres laitières

 

La bio au fil des saisons

"Petite pause avant les mises-bas en février"

Les chèvres sont taries, les échographies nous ont rassurées puisque 97 % des chèvres sont pleines ! Les mises bas seront groupées avec 1,3 chevreau/chèvre ce qui est plutôt faible donc nous aurons de beaux chevreaux de plus de 4 kg probablement. En attendant nous avons des travaux à faire dans la nurserie pour accueillir les chevrettes que nous avons achetées pour agrandir le troupeau. Nous avons des incertitudes, concernant l’utilisation de poudre de lait conventionnelle, liées au cahier des charges bio et à la dérogation existante qui semble remise en cause, tout ça n’est pas très clair. Pourtant l’utilisation de poudre de lait est pertinente au niveau technique car elle protège les chevrettes des maladies et assure de bonnes croissances. / Leïla Le Caro

 

Nicolas Baudais / Noyal-Chatillon (35) éleveur de porc bio

 

 La bio au fil des saisons

"À l’arrivée des porcelets, la surveillance est au maximum"

J’ai réceptionné un lot de 200 porcelets à la mi-décembre. Ils proviennent du même élevage naisseur et pèsent entre 12 et 14 kg. Les 10 premiers jours, c’est la phase à risque ! Les porcelets arrivent stressés par le sevrage et le transport. J’équipe les niches d’ampoules chauffantes. Je surveille la consommation d’eau et d’aliments. Je démarre avec un aliment 2e âge du commerce que je rationne sur 8-10 jours. J’ajoute un peu d’orge et du kaolin pour le confort intestinal. En cas de stress trop important, le porcelet mange trop et peut avoir des problèmes digestifs. Depuis la mise en route de l’atelier porcin bio en 2011, une bande sur 4 a eu un antibiotique et c’est principalement en hiver au post-sevrage. Normalement, mon taux de perte au PS est au maximum de 1 %. / Soazig Perche

 

Jean-Marie Gouret / Plestan (22) cidrier

  La bio au fil des saisons

"Le cidre roi d'un jour..."

C'est en pleine période de fêtes que l'on peut déguster nos toutes premières cuvées. Une fois les pommes ramassées et pressurées, les fermentations s'enclenchent, puis vient le temps des assemblages. Durant cette étape cruciale, avec l'aide de notre conseiller, nous harmonisons les saveurs et les arômes pour rechercher l'équilibre idéal. Nous procédons alors avec minutie, rigueur et patience, pour trouver les mariages parfaits, parmi des combinaisons infinies de cuves. Nous jonglons entre acidité, sucrosité et amertume, entre arômes fruités, épicés ou floraux. Chaque mois, ce travail se répète, pour présenter aux consommateurs des cidres qui sauront égayer leurs tables.  / Mathieu Havard

 

 

À NOTER : Des groupes cultures bio se créent sur les différents territoires bretons. Avec en moyenne 4 rencontres annuelles, ils sont l’occasion pour les producteurs(trices) d’échanger sur les expériences des uns et des autres qui sont sources d’amélioration et d’innovation au sein de l’exploitation. Les thèmes des rencontres sont décidés par le groupe (rotations, désherbage mécanique, fertilité des sols, variétés et associations de cultures, résultats économiques…). Vous êtes intéressés ? Contactez le conseiller bio de votre chambre d’agriculture.

 

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