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La bio au fil des saisons : Première bougie

Voici déjà un an que nous suivons les activités et les préoccupations de cinq fermes bio bretonnes. Il est temps de faire un bilan de la période estivale et de l’année qu’ils ont vécue et plus généralement de la bio en Bretagne.

Après le vote en 2018 de l’engagement d’un nouveau cahier des charges européen, les négociations et rédactions des textes d’application se poursuivent dans les instances européennes. La Commission européenne vient de proposer un report de l’entrée en application du prochain règlement bio au 1er janvier 2022. Cette proposition doit être ratifiée par le Parlement européen et le Conseil. Pour la France, les premières réunions de travail de la ré-écriture du guide de lecture débutent fin juin au sein des instances de l’INAO.

Un nouveau règlement bio européen.

La Bretagne toujours en tÍte sur plusieurs productions

La SAU bio nationale multipliée par deux en cinq ans, atteint désormais 2,3 millions d’hectares soit 8,5 % de la SAU. En France, on compte 47 196 producteurs bio. L’Occitanie avec plus de 500 000 hectares en bio et en conversion et 15 % des fermes bio nationales se positionne en tête. La Bretagne maintient sa sixième place avec 3 347 fermes bio et un peu plus de 123 000 hectares soit 8 % de sa SAU (source Agence bio). La Bretagne se positionne en tête pour la filière laitière. Avec un quart de ses exploitations bio en bovin-lait, elle fournit 21 % de la collecte nationale de lait bio. Elle est également la première région pour les filières poules pondeuses avec 314 élevages et légumes frais avec 964 fermes et 6 730 hectares de surface. La dynamique des installations en bio se maintient avec pour 2019 plus de 30 % des installations aidées en bio .

 

Les chiffres clés

Installations bio aidées en région (Source : CRAB)
- 154 en 2019 soit 32 % des installations aidées
- 64 installations en maraîchage, 43 en bovin-lait
- 95 installations avec activité de vente direct
- Surface moyenne de 47,9 h
- 60 projets portés par des femmes.

Consommation et distribution en France (Source : Agence Bio)
- Marché alimentaire bio : 11,9 milliards d’euros
- 6,1 % des achats alimentaires des ménages sont bio
- 55 % du marché bio distribué par la GMS, 28 % par les magasins spécialisés, 11 % en vente directe

 

C’est reparti pour un an !

Nous remercions vivement les témoins 2019-2020, pour l’intérêt de leur témoignage et pour leur disponibilité. Dès novembre prochain, l’aventure se poursuit dans Terra avec une nouvelle équipe de producteurs bio :
- Kristen Le Boedec, éleveur de porcs et de volailles avec cultures dans les Côtes-d’Armor,
- Gilles et Ghislaine Delansalut du Gaec du Plessis, producteurs de légumes plein champ, de grandes cultures et de vergers dans le Finistère,
- Sarah Melle, productrice de plantes aromatiques en Ille-et-Vilaine,
- Yann Pitois, producteur de bovins allaitants en Ille-et-Vilaine,
- Christelle Martin du Gaec de Kerbizien, production et transformation laitière dans le Morbihan.

 

 

Jean-Baptiste Jaouen et Quentin Auffret / Cléder (29) producteurs de légumes frais de plein champ

La bio au fil des saisons

Année transitoire
Nous sommes en train de récolter les fenouils, nouvelle culture bio sur l’exploitation ; le rendement et le prix sont corrects, c’est un bon début. En nouveautés, nous avons également semé du navet et du radis noir qui seront en production bio à partir de novembre, ainsi que de la carotte pour laquelle il y avait une demande sur du marché C2. La stratégie de désherbage est à améliorer sur cette production à l’avenir : avec un seul passage de thermique, 400 heures de travail manuel ont été nécessaires à l’entretien de la culture. Nous verrons quel sera le développement de ces légumes anciens. Si ça fonctionne bien, il est probable que notre surface en artichaut baisse, voire disparaisse à terme. Par ailleurs, notre surface en choux a légèrement diminué cette année. Nous avons augmenté notre écartement sur le rang : quasiment toutes nos variétés ont été plantées à 95 cm. Etant encore en conversion sur ces parcelles, nous allons en effet devoir produire en conditions bio du chou-fleur destiné au marché conventionnel, c’est-à-dire du gros calibre, alors que le marché du frais en bio se concentre sur du calibre moyen. La C2 est vraiment une année transitoire, nous avons hâte d’avoir complètement terminé notre conversion. / Marine Salaun

 

Pascal Lamoureux / Rohan (56) éleveur de vaches laitières

La bio au fil des saisons

Météo capricieuse mais au final des stocks en quantité
L’année culturale a été marquée par plusieurs reports d’implantation des céréales d’hiver. Pour finir, 5,7 ha d’orge de printemps ont permis de tirer leur épingle du jeu avec 65 qx/ha. De même, le maïs prévu après fauche d’herbe a été semé tardivement compte-tenu des fenaisons de mai. Le rendement maïs sur les 5,5 ha devrait être suffisant pour les 44 vaches d’autant qu’il me reste du maïs de l’année dernière. Depuis le coup de chaleur de mi-juillet, le silo d’ensilage d’herbe est resté ouvert malgré la reprise de la pousse d’herbe fin d’été. L’implantation des 2,2 ha de betteraves fourragères devrait permettre un démarrage de pâturage mi-septembre. Cette année on a eu de l’herbe ce qui a permis de réaliser une bonne saison de pâturage.
Les stocks sont corrects pour appréhender l’hiver. Un bilan positif avec des animaux en bonne santé !
/ Christèle Burel

 

Gaec Cabri’Hyaule / Tremblay (35) éleveurs de chèvres laitières

La bio au fil des saisons

Bonne année pour la récolte de l’herbe en bio
La météo nous a permis de faire du bon foin cette année, nous allons même en vendre, et l’affouragement en vert s’est poursuivi plus sereinement que l’année passée. Nous avons eu assez de pousse de l’herbe pour maintenir deux repas par jour en passant seulement une semaine dans la luzerne, qui nous apporte de la souplesse et de la sécurité. En parallèle, nous sommes dans une réflexion vis-à-vis du réchauffement climatique avec des essais de tournesol et peut-être que nous irons jusqu’à tester le soja un jour, qui sait ce que l’avenir nous réserve ? Du côté des chèvres nous avons mis en place un "bar à huiles essentielles" en nurserie pour prévenir les problèmes pulmonaires : les chevrettes ont le choix entre six huiles différentes, renouvelées régulièrement. La limitation du nombre de traitements allopathiques en bio ne nous pose aucun problème, avec les méthodes alternatives, nous avons de la marge ! / Leïla Le Caro

 

Nicolas Baudais / Noyal-Chatillon (35) éleveur de porc bio

 La bio au fil des saisons

Année porcine bio correcte, bilan plus mitigé en cultures
Côté porcin, après l’adaptation nécessaire à la période de confinement, le marché se maintient. Nous différons désormais de 10 jours la séparation de la mère du sevrage des porcelets et leur transfert dans les élevages d’engraissement. L’isolation de mes bâtiments contient la chaleur 4-5 jours et pondère les écarts de température le matin. Ces améliorations permettent de gagner en homogénéité des lots et en performance.
Côté cultures, sans être catastrophique, la campagne est moyenne. Le verdict est tombé pour les méteils, 35 qx avec 3 tonnes de paille. Des parcelles salies m’ont obligé à tester la dissociation fauche-battage. J’ai opéré de façon tout à fait artisanale pour cette année en l’absence d’une faucheuse-andaineuse classique. Au final, cette technique m’a permis de récolter un grain plus sec que j’ai pu broyer à la récolte. Le maïs grain risque lui d’être très hétérogène selon les parcelles. J’ai donc d’ores et déjà acheté plus de céréales à mes voisins.
L’enjeu sur les années à venir est l’autonomie et la sécurité alimentaire des porcs avec, pour cette année, une vigilance accrue sur la maîtrise des grandes cultures. Sur le plan matériel, je souhaite creuser la piste de la faucheuse andaineuse pour sécuriser les récoltes. Le colza associé a donné 22 qx secs aux normes. Pour les semis 2020, j’ai abandonné la féverole qui avait apporté des impuretés dans le caisson et conservé le sarrasin avec du fenugrec. / Soazig Perche

 

 

Jean-Marie Gouret / Plestan (22) cidrier

  La bio au fil des saisons

Vers un nouveau millésime…
Lorsqu’une saison se termine, une autre recommence. Ainsi va la vie du cidrier. Les arbres sont chargés de fruits et la récolte va pouvoir commencer.
Celle-ci s’échelonnera d’octobre à décembre, au fur et à mesure de l’arrivée à maturité de nos différentes variétés. Les Kermerriens et les Dous moen ouvriront le bal qui se clôturera par le ramassage des Bedans et Avrolles.
Côté cave, le travail ne manque pas non plus. Les cuves étant vides, il faut maintenant les nettoyer ainsi que tout notre matériel, avec minutie, en suivant un protocole strict. En effet, une hygiène irréprochable est une des clefs de la réussite de nos produits, et nous permet aussi de nous affranchir de l’usage massif de conservateur, tels que les sulfites. C’est à ce prix que nous pouvons assurer à nos consommateurs un produit fruité et stable toute l’année.  / Mathieu Havard

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