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La bio plus performante pour l'environnement ?

Les filières bio sont-elles globalement plus écologiques ? C'est la question dont Inter bio Bretagne (IBB) a débattu, jeudi dernier à Silfiac, dans le Morbihan, à l'occasion de son assemblée générale.

De gauche à droite, Michael Corson, de l'Inra, Jean Marc Lévèque, de Triballat, et Philippe André Richard, président d'IBB.
De gauche à droite, Michael Corson, de l'Inra, Jean Marc Lévèque, de Triballat, et Philippe André Richard, président d'IBB.
© Terra

Alors que le décollage des conversions et de la consommation est amorcé, l'enjeu d'un développement en cohérence s'impose pour l'association IBB. Depuis 15 ans, elle structure l'échange et la concertation entre les différents maillons de la filière biologique en Bretagne. Nouvel enjeu, l'approche globale de la performance environnementale. Un enjeu d'autant plus fort que de futures allégations environnementales, issues du Grenelle 2, devraient faire leur apparition sur tous les produits d'ici 2011. Et notamment, le bilan carbone. "Cette approche est inéluctable. Est-ce un bien ou un mal nécessaire ? Nous avons voulu nous interroger", souligne Philippe André Richard, président d'IBB et éleveur de poules pondeuses.
Eutrophisation, acidification, émission de gaz à effet de serre, pesticides... Michael Corson, de l'Inra de Rennes, a passé au crible la chaîne des causes à effets des pratiques agricoles. Verdict ? L'interprétation des incidences varie. En porc, rapportées aux kilos produits, les fermes conventionnelles présentent moins d'impacts environnementaux. Mais, si on les rapporte à l'hectare, alors les fermes bio en induisent moins. En lait, pas de différence d'incidences entre ces deux types de production rapportée à la tonne. Mais, par ha ou par 1 000 euros de valeur du lait, "ce sont les fermes bio qui améliorent et la qualité et l'impact", assure le chercheur.

 

Affichage environnemental en 2011

Or, de nouvelles allégations environnementales sont en préparation. "Elles sont soit confusantes soit concurrentes de notre signalétique", pour Jean Marc Lévèque, responsable du développement durable et de la bio chez Triballat. Juillet 2010 devait voir arriver (repoussé à 2011), l'affichage environnemental sur trois critères : consommation d'eau, émission de CO2 (bilan carbone) et déchets produits. En 2012, place à la certification HVE (Haute valeur environnementale) des exploitations. Puis ensuite, apparition de l'écolabel. "Ces allégations peuvent favoriser notre activité ou la freiner. A l'aval, nous travaillons sur l'optimisation de nos process énergétiques, l'optimisation du transport avec la mutualisation et la réduction des emballages", détaille-t-il. "Trop de labels tue le label. Comment accompagner cette multiplicité qui nous arrive", s'interroge un participant. "Nous n'échapperons pas à deux ou trois d'entre-eux", selon Jean Marc Lévèque. "Je suis très inquiet des critères retenus. Entre un porc amené à 5 mois et demi en conventionnel et un à 9 mois en bio, comment mettre en valeur cette différence qui devient, du coup, pénalisante", interroge un éleveur depuis la salle regrettant que soient passés à la trappe "les critères de lien au sol, d'autonomie en protéines, de santé publique et de bien-être animal".
"Nous n'avons pas à complexer. A  nous de relever le défi. La bataille se jouera plus au niveau de la communication, et c'est là qu'il faut conforter nos moyens", assure Jean Marc Lévèque pour lequel l'indicateur carbone pourrait concentrer sur l'Europe  les achats agricoles.

Des journées régionales filières et techniques

Afin de présenter les filières avec les acteurs de la production, de la transformation, de la distribution, l'organisation de la filière et les débouchés, IBB organise 5 journées de découverte régionales. Chacune de ces rencontres se déroulera en deux parties : visite d'un ou plusieurs préparateurs aval, associée à la rencontre d'autres entreprises de la filière; et visite d'une exploitation à proximité avec les spécificités techniques de la production concernée. Au programme de la découverte de ces filières :
- Le 27 avril l'oeufs bio : matin, Agro bio Europe, à Guingamp (22); après midi, lycée du Gros Chêne, à Pontivy (56) puis Lann Bodiguen, à Noyal Pontivy (56).
- Le 6 mai le lait de chèvre bio : matin, laiterie de Kerguillet, à Plouay (56); après midi, élevage de Jean Pierre Le Gal, à Languidic (56).
- Le 3 juin les grandes cultures bio (en alimentation animale) : matin, Union Eolys et moulin du Poher, à Carhaix-Plouguer (29); après midi, EARL Lam Brav, à Kergrist Moëlou (22).
- Le 10 juin les légumes bio : Bio Porhoët, à Ménéac (56); après midi, ferme de Jean Louis Le Roch, à Ménéac.
- Le 30 juin : visite de deux fermes sur l'île de Batz; après-midi, Biomas, à Taulé (29).
Pour plus de renseignement et inscription, Inter bio Bretagne (02 99  54 03 23, contact@interbiobretagne.asso.fr).

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