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La Bretagne agricole et agroalimentaire au cœur des enjeux de cybersécurité

L'intitulé de la conférence lors du Space avait un petit goût de "guerre des étoiles". Une réunion de spécialistes de la cybersécurité entre les concours d'animaux et au milieu des stands machinisme ? Cela semblait un peu surréaliste. Il fallait aller voir, je n'ai pas été déçu. Des directeurs de services informatiques de grandes coopératives et d'entreprises privées, discutant avec des entreprises de cybersécurité, d'intelligence artificielle et d'attaques malveillantes. Les services du Premier ministre...  Je n'ai pas tout compris... sauf que la prochaine guerre sera cyber ! Oui Monsieur !

C'est l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, un service du Premier ministre, qui a pris l'initiative de cette réunion se tenant plusieurs fois par an, dont une fois durant le Space, avec les entreprises du secteur agricole et agroalimentaire. Comme l'introduction de cet article ne le laisse pas penser, le sujet est extrêmement sérieux, et est pris très au sérieux par l'ensemble des spécialistes de la question. "Il existe une véritable montée du risque cyber. Les incidents liés à la cybersécurité augmentent de 40 % par an". Tiphaine Leduc coordinatrice de la filière cybersécurité le précise : "Il y a ceux qui savent qu'ils ont été attaqués et ceux qui ne le savent pas ! Se faire attaquer c'est un peu se faire faire les poches", informatiquement bien sûr ! La Bretagne est d'ailleurs une région pilote en matière de sécurité puisque 130 entreprises travaillent sur le sujet, représentant déjà 8 000 emplois directs. Ce secteur affiche une croissance de 12 % par an.

 

Qui attaque les entreprises ?

Les entreprises qui interviennent sur le secteur identifient le patrimoine à protéger, le protègent, peuvent être amenées à répondre à des incidents, à des attaques, et le cas échéant restaurent les systèmes ou tentent de le faire après une attaque. Mais qui attaquerait aujourd'hui une entreprise de l'agroalimentaire, un abattoir, une usine d'aliment du bétail ? La réponse est rapide : L214 par exemple et les activistes de tous poils qui souhaitent nuire à ces entités. Mais l'énumération ne s'arrête pas là, loin s'en faut.

Les motivations des attaquants sont en fait très diverses. Le profit, le volet bassement lucratif revient souvent comme la première motivation, mais pas seulement. Les attaques sont aussi idéologiques, cela peut être le cas d'activistes vegan, mais elles peuvent être étatiques, ou tout simplement ludiques ! Un étudiant cherchant par exemple à tester les systèmes de sécurité et sa capacité à les contourner. Certaines entreprises réalisent aussi des tests techniques grandeur nature.

Bref les motivations sont variées et peuvent provenir de n'importe quel endroit sur la planète, voire de n'importe quel ordinateur. On pense bien-sûr à l'espionnage industriel, mais si les agitateurs ne sont pas en reste, n'oubliez pas vos concurrents qui cherchent à vous copier ou vous piller ! Rassurant.

 

Comment se protéger

Témoignaient lors de ce colloque des directeurs informatiques tels qu'Olivier Clément du groupe Avril : "Les menaces augmentent de façon exponentielle, d'autant que l'informatique se diffuse sur tous les outils du quotidien". Chaque téléphone, chaque ordinateur portable, et chaque connexion en wifi est une porte facile à ouvrir pour les attaquants d'autant que la sécurité numérique est loin d'être encore rentrée dans les mœurs. "Il y a un véritable manque de sensibilisation des collaborateurs. Il existe un marché d'adresses avec mot de passe. Un nombre très importants de mots de passe sont compromis et peuvent être revendus". Olivier Clément énumère enfin trois maîtres mots : "organisation, compétence, et technologie" pour tenter de faire face.

Les entreprises ne sont plus aujourd'hui totalement seules face à ce risque important. Les services du Premier ministre, mais aussi des entreprises de sécurité, interviennent dans cette lutte, en utilisant d'ailleurs pratiquement les mêmes armes et mêmes outils que les attaquants. L'enjeu est essentiel pour Éric Hazane délégué à la sécurité numérique de Bretagne : "Des entreprises sans protection peuvent être balayées en quelques mois. La Bretagne n'est pas une île ! Elle est aussi la cible d'attaques volontaires, organisées, outillées". Il rappelle que "80 % des attaques n'auraient pas pu aboutir si les acteurs de l'entreprise avaient appliqué des règles simples de protection, et sensibilisé leurs collaborateurs"... Ce soir je change mon mot de passe !

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