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TERRES ET MERS
La Bretagne au Salon international de l'agriculture

Présente depuis des décennies au Salon international de l'agriculture à Paris, la Bretagne y apparaissait en de multiples endroits, comme dispersée. Depuis quatre ans, elle y vient groupée autour des trois professions qui la symbolisent le plus : les agriculteurs, les conchyliculteurs et les pêcheurs. Pendant toute la semaine, ce stand "Terres et mers de Bretagne" recevra une multitude d'animations à l'intention du public parisien, une manière de faire valoir ses valeurs, ses talents, ses produits, ses initiatives. Démarche qu'expliquent ici Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, André le Berre, président du comité régional des pêches et Hervé Jénot, président de la section régionale conchylicole de Bretagne Sud.

Le stand "Terres et mers de Bretagne".
Le stand "Terres et mers de Bretagne".
© Terra

Pour la 4e année consécutive, la Bretagne sera présente sous la bannière "Terres et Mers de Bretagne" : quels sont les objectifs de ce partenariat ?
Jacques Jaouen. "Le point commun fondamental entre l’ensemble des partenaires techniques et financiers que nous fédérons, c’est que nous aimons la Bretagne et que nous souhaitons le partager avec le grand public qui se rend sur le salon. Si nos paysages ruraux et côtiers sont si beaux, c’est bien entendu grâce aux atouts naturels dont nous disposons, mais c’est aussi et surtout parce que nos territoires sont vivants. Notre région est dynamique parce qu’elle peut compter sur les filières de l’agriculture, de la pêche et de la conchyliculture qui sont un pilier de notre économie régionale. La Bretagne est belle naturellement, les hommes et les femmes qui y vivent la subliment.
Par ailleurs, la qualité de l'alimentation, la préservation de l'environnement et des ressources, la formation, l’attractivité des métiers et la création de nouveaux bassins d'emplois sont des enjeux partagés entre les filières de la terre et de la mer bretonnes.
Ce partenariat nous permet d’être mieux entendus pour faire connaître ce qu'est notre travail quotidien, de mieux cerner nos contraintes, nos méthodes de production et, surtout, les orientations que nous prenons pour allier rentabilité, emploi et meilleure prise en compte des paramètres environnementaux.
C’est également un grand moment de convivialité entre les gens de la terre et de la mer qui partagent les mêmes valeurs de courage, de respect, de solidarité, de travail et d’amour du métier. Cette convivialité et ces valeurs, nous souhaitons les partager avec les visiteurs de tous horizons qui se déplacent au salon de l’agriculture. C’est un rapport de cœur avant d’être un rapport économique".

André Le Berre. "Nos trois secteurs d’activités - pêche, conchyliculture, agriculture - sont confrontés à des problématiques communes, comme la gestion de la qualité de l’eau. Notre partenariat lors de ce salon nous permet d’améliorer et de renforcer la cohabitation entre nos activités, de réfléchir sur les problématiques communes, et d’agir ensemble ; ce qui nous donne une force supplémentaire. Notre stand "Terres et Mers de Bretagne" est un réel lieu d’échanges et de discussions entre nos structures.
De plus, le soutien du conseil régional de Bretagne nous permet de créer un stand attractif et convivial, adéquat pour valoriser nos produits et activités ainsi que tous les atouts du territoire breton".

En 2010, quel est l’enjeu de cette présence à Paris ?
Jacques Jaouen. "La pêche, la conchyliculture et l'agriculture bretonnes sont aujourd'hui une source inépuisable de questionnements, d'exemples et d'applications allant dans le sens d'une meilleure prise en compte de l'environnement sans négliger les besoins alimentaires de demain.
Nos filières doivent constamment s'adapter aux réglementations et aux exigences nouvelles des consommateurs en terme de qualité et de sécurité alimentaire notamment.
La perception qu’a le grand public de ces activités majeures en Bretagne n'est pas le juste reflet de la réalité. Par ailleurs, l'agriculture, la pêche et la conchyliculture ont besoin de
— former et de créer de l'emploi pour nourrir la population,
— favoriser l'installation de nouveaux venus dans la profession, d'être innovants et créatifs pour continuer à avancer, et de mieux informer sur ses différents métiers pour être attractifs. Nous pouvons compter sur le soutien précieux du conseil régional de Bretagne pour être présent sur le salon et répondre à ces enjeux".

André Le Berre. "La pêche bretonne souffre actuellement d’un contexte économique difficile : baisse du prix du poisson à la première vente, hausse du prix du carburant, augmentation des importations. Notre présence à Paris nous permet d’aborder et d’expliquer ces différents sujets au grand public et de communiquer sur les produits de la pêche bretonne.
Cela se concrétise par un étal de poissons, constitué chaque matin par un poissonnier artisan, qui effectue également des démonstrations de filetage au fil des journées. Nous présentons des produits de la pêche qui souffrent de méventes et/ou de méconnaissance du grand public, comme les pouces-pieds de Quiberon. Cet étal de poissons entiers retient l’intérêt des visiteurs qui ne connaissent plus l’aspect des poissons, présentés généralement en filets sur les étals des poissonneries, ce qui nous permet en sus d’expliquer les différences de prix entre la vente sous les criées et la vente finale aux consommateurs".

Concrètement, comment organisez-vous la présence de vos filières ?
Jacques Jaouen. "Cette année plus que jamais, nous souhaitons mettre nos produits en avant. Nous avons la volonté de montrer aux visiteurs du salon de l’agriculture la diversité de notre agriculture et la qualité des produits qui en sont issus. Pour la 1re fois, nous nous associons à des entreprises agroalimentaires bretonnes afin de faire découvrir à tous, au travers de dégustations, la richesse et la qualité de nos productions".

André Le Berre. "Créé par la loi du 2 mai 1991, le CRPMEM de Bretagne est l’organisme clef de définition et de mise en œuvre des politiques régionales des pêches maritimes. Il a pour mission, en lien avec les comités locaux (CLPMEM) et le Comité national (CNPMEM), la gestion des ressources marines, la représentation des professionnels et la défense des intérêts de la filière.
Au salon, nous exposons et présentons des espèces pêchées par les navires bretons et mettons en valeur nos missions. Tous les acteurs de la filière pêches maritimes seront représentés : CLPMEM, organisations de producteurs, poissonniers, mareyeurs, filière qualité… ; ce qui nous permettra de mener une communication globale sur le secteur".

Quels messages et quelles images souhaitez-vous faire passer ?
Jacques Jaouen. "La population bretonne est viscéralement attachée au maintien des activités agricoles et maritimes sur son territoire et est consciente des enjeux majeurs que portent aujourd'hui les gens de terre et de mer pour le monde de demain. Nous voulons faire partager cet attachement à l’ensemble des Français qui visitent le SIA, et notamment au public citadin parisien qui consomme quotidiennement les produits issus de notre travail, sans pour autant en être conscient. Le contact direct avec les visiteurs est très important et très positif, beaucoup de personnes qui viennent nous voir sont fiers de nous dire qu’elles sont des enfants ou petits enfants d’agriculteurs !".

André Le Berre. "Des pêcheurs responsables pour une pêche durable. Les professionnels ont mis en place depuis de nombreuses années, des bonnes pratiques de pêche et de gestion des ressources, bien que celles-ci semblent peu connues du grand public. Ce salon est l’occasion pour nous d’en discuter et de les mettre en avant afin de revaloriser l’image du secteur. Les pêcheurs sont, en effet, les premiers concernés par la qualité de l’environnement et la bonne gestion des ressources.
Pour terminer, nous souhaitons préparer l’avenir au niveau de l’emploi. Nous communiquerons donc également sur les formations professionnelles et les différents métiers du secteur. Excellent salon 2010 à tous !".

Hervé Jénot. "Mes confrères ayant déjà tout dit, je souhaiterais ajouter que si l’eau satisfait les besoins en nutriments pour le phytoplancton, indispensables à la production de coquillages, elle peut, dans le même temps, transporter des éléments polluants préjudiciables à l’activité conchylicole. La question de la qualité des eaux littorales, essentielle à la conchyliculture, nous oppose souvent au monde agricole à une échelle plus grande que le trait de côte : l’ensemble du bassin versant. Cette question de pratique, de regard et d’échelle de raisonnement n’est pas simple à résoudre. Cela nécessite bonne volonté et écoute de part et d’autre.
Au delà de cette problématique qualité de l’eau, nous entendre nous permet à tous de maintenir nos activités sur le littoral. En effet, la difficulté d’exister sur le territoire réunit également les deux professions face à une activité résidentielle croissante, qui consomme un espace vital pour nos productions, et qui n’accepte plus que le littoral soit le support d’activités primaires. Mais comment maintenir l’indépendance alimentaire en France, si on n’est pas capable de préserver la productivité et la pérennité des agriculteurs, des conchyliculteurs et aussi des pêcheurs ? Aujourd’hui, toutes ces activités sont dans une situation de turbulence. L’économie de production en espace littoral est fragilisée par une montée en puissance d’une économie résidentielle qui souhaite préservation des espaces et des milieux, sans tenir compte de l’histoire, de la place et du rôle (et des devoirs) de l’homme dans ces écosystèmes.
C’est en s’unissant que ces professions pourront mieux se faire comprendre et gagner en poids de représentation dans les instances de gestion d’un espace littoral qui tend à ne devenir qu’un lieu de loisir, dans un environnement figé.

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