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La Bretagne dit "non" à la taxe Borloo

Toute la Bretagne économique s’était donnée rendez vous à La Gravelle mercredi dernier pour dire "non" à la taxe Borloo. Malgré des conditions climatiques exécrables, plus de 1500 personnes avaient fait le déplacement dans ce lieu chargé de symbole. Porte d’entrée de la Bretagne en venant de Paris, le péage de La Gravelle marque aussi le dernier péage et le début de la gratuité des routes bretonnes, gratuité que le gouvernement tente de remettre en cause au travers de la taxe Borloo.

Mesure phare du Grenelle de l’environnement, la taxe sur les transports doit s’appliquer au plus tard en 2011. Le produit de celle-ci doit, en théorie au moins, servir à financer le développement de moyens alternatifs à la route et financer des infrastructures ferroviaires, fluviales, bref alternatives.

En fait, les manifestants chefs d’entreprises pour la plupart venant du secteur agricole ou agro alimentaire, mais aussi de l’industrie, de l’artisanat, estiment, d’une part, que le produit de cette taxe servira surtout à compenser financer le manque à gagner d’1 milliards d’€ pour l’Etat lié à la privatisation des autoroutes. Mais, surtout, 70% du transport en Bretagne est intra régional et ne peut pas être reporté sur le train ou le fluvial.

Ne pouvant opter pour une solution alternative, les manifestants estiment que cette taxe constitue un" racket" contre lequel ils s’élèvent. Prochaine étape, un rendez-vous est pris à Matignon où l’ensemble des chefs d’entreprise ira réclamer le retrait de cette taxe en Bretagne.

Parce qu’en quelques mois cette taxe a fait l’unanimité contre elle , pour Patrick Caré Medef « c’est 120 millions d’€ et + 12% de hausse du cout des transports », pour Laurent Kerlir FRSEA « c’est 80 millions d’€ de charges supplémentaires pour l’agriculture et l’agro alimentaire soit 5000 € par exploitation », pour Y. Legourrierec pour les chambres d’agriculture, « c’est une mesure adoptée dans la précipitation sans expertise économique préalable », JB Sollier ABEA « cette taxe n’a d’autre but que de remplir les caisses d’un état en quasi dépot de bilan », et tous de dire non à cette eco taxe qui n’a d’environnementale que le nom, et qu’il sont rebaptisée « Taxe borloo »

Prochaine étape Matignon.

L’ensemble des responsables ont obtenu au cours de cette journée le principe d’un entretien avec le premier Ministre François Fillon à Matignon. P. Carré indique « nous refusons l’aménagement de cette taxe nous en demandons purement et simplement la suppression. Les aménagements proposés aujourd’hui représentent 2 millions d’€ sur les 120 M€, inacceptable.

Les responsables Bretons acccompagnés dans leurs démarches des élus politiques, souhaitent pouvoir faire valoir deux arguments forts le premier est lié à l’aménagment du territoire. La Bretagne a obtenu le principe, de la gratuité de son réseau routier dans les années 60 pour compenser son éloignement des centres de consommation Européens. Cette taxe c’est la « double peine » et comme l’indique L. Kerlir « le retour au niveau  0 de la politique d’aménagement du territoire ».  

Le second est lié à la spécificité de l’activité bretonne. Une part importante de la production bretonne n’a et n’aura pas d’alternative, et notamment les productions agro alimentaires transportées de façon réfrigérées. On imagine mal le pêcheur attendre qu’un train vienne prendre sa livraison. Autant d’arguments qui seront développés au premier ministre le ....  


 

Encadré

La taxe Borloo en quelques mots :

Une taxe de 0,05 à 0,20 € par km parcouru par les camions, appliquée au plus tard en 2011, sur l’ensemble du réseau routier hors autoroutes à péages. Le produit de cette taxe qui pourrait rapporter 1 à 1,2 Milliards d’€ par an, dont 120 M€ pour la Bretagne devrait financer le développement de moyens de transport alternatifs à la route. C’est la mesure phare du grenelle de l’environnement.

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