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La Bretagne se prépare à devoir gérer un risque éventuel

Dans un contexte sanitaire difficile en France, la Bretagne resserre les rangs. Mais face aux virus aucun barbelé ne sera efficace, seule la prévention, et le professionnalisme des éleveurs peuvent constituer un rempart. Rencontre avec les Présidents et directeur de GDS Bretagne pour un état des lieux au 6 février 2017.

Depuis deux mois l'influenza aviaire sévit sur notre territoire. La situation est-elle maintenant sous contrôle ?

Éric Borius. Non, la situation dans le Sud-Ouest n’est toujours pas maîtrisée. Le bilan s'élève désormais à 201 foyers d'influenza aviaire hautement pathogène en élevages d'oiseaux domestiques. Trois récents foyers dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques ont été encore confirmés le 1er février et concernent des élevages de palmipèdes. Cette filière Sud-Ouest paie un lourd tribut dans cette crise, double conséquence d’une part d’un modèle "multi élevages" entre la naissance et le gavage devenu obsolète et d’autre part de la quasi absence de gestion de la biosécurité sur chaque site et lors des transports.

Il faut noter aussi des cas d'influenza faiblement pathogène. 27 foyers ont été recensés en élevages domestiques avec des souches différentes, et un foyer dans un élevage de gibier. La Bretagne tend toujours le dos au risque. L’administration, les groupements de producteurs et GDS Bretagne-OVS animal, chacun dans sa responsabilité, assurent depuis plusieurs semaines des réunions de concertation pour se préparer à gérer un risque éventuel, soit un accompagnement technique, soit une formation accélérée des éleveurs.

Même question cette fois sur la FCO. Où en est on ?

É.B. Au 2 février 2017, 1 924 foyers ont été notifiés depuis septembre 2015 dont 1 740 pour cette nouvelle saison de circulation virale (depuis juillet 2016). On observe une légère progression de cas positifs vers les régions de Poitou Charente et sud Pays de la Loire suite à des contrôles sérologiques d’animaux destinés à être transportés de la zone réglementée vers la zone indemne ou à l’exportation. Mais l’infection confère très peu de cas cliniques. La période hivernale a permis de classer 12 départements en "zone saisonnièrement indemne" du fait de l’inactivité vectorielle observée, ce qui permet de lever les contraintes réglementaires de gestion de mouvement. Les départements en zone indemne ne sont pas à l’abri d’un cas positif. Et la vaccination doit être considérée comme la seule prévention permettant d’éviter des pertes cliniques si l’infection venait à se renforcer l’été prochain.

Au delà de ces deux épidémies, quelle est l'actualité sanitaire en ce moment en Bretagne ?

Jean-François Tréguer. GDS Bretagne se prépare depuis plusieurs mois sur une accélération de l’éradication du BVD qui sera programmée durant cette année 2017. Bien détecter toute situation à risque et proposer à l’éleveur un plan d’assainissement basé sur l’élimination des bovins IPI. Selon les zones, 75 % à 85 % des élevages sont indemnes, ce qui n’est pas suffisant. Il nous faut entamer la phase ultime d’éradication, ceci en concordance avec les départements voisins pour éviter les effets de bordure.

Au-delà, la priorité est portée sur l’accompagnement des éleveurs sur des problématiques zootechniques : santé de la mamelle, boiteries, mortalité des veaux,… Ces actions de conseil s’appuient sur les compétences de nos conseillers et vétérinaires pour proposer les mesures correctives. Ce sont pour certaines, des actions menées en partenariat avec les vétérinaires de terrain dans le cadre de l’Alliance GDS-GTV.

Beaucoup d'éleveurs sont confrontés à de graves difficultés de trésorerie, et économiques. Le message sanitaire reste-t-il audible dans ce contexte ?

J-F.T. Nous finissons nos 50 réunions de zones. Le constat est clair et partagé par tous les adhérents : le sanitaire n’est certainement pas la variable d’ajustement pour faire des économies en élevage. Les éleveurs sont conscients des déséquilibres qu’engendre une mauvaise situation sanitaire. Chaque année, les producteurs de lait perdent 12 millions d’euros de pénalités sur les critères de qualité du lait. Pour un troupeau de 60 vaches, deux mammites par mois, ce sont 4 200 € par an de perdus. Ces quelques chiffres doivent inciter les éleveurs à miser sur la prévention et les bonnes pratiques et c’est la mission de GDS Bretagne d’accompagner ses adhérents.

 

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