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La Bretagne se prononce sur la déclinaison française de la PAC

A quelques jours de la venue au Sommet de l’élevage de François Hollande qui devait préciser à cette occasion l’application nationale de la PAC, les cinq présidents des chambres d’agriculture de Bretagne se disaient favorables à la surdotation des 52 premiers hectares. A contre courant de la position de la FNSEA. Les présidents de chambre ont également rappelé l’urgence de moderniser les élevages pour plus de compétitivité.

Les présidents des chambres d'agriculture de Bretagne, de gauche à droite : Laurent Kerlir, Morbihan, Marcel Denieul, Ille-et-Vilaine, Olivier Allain, Côtes d'armor, Jacques Jaouen, chambre régionale de Bretagne et André Sergent, Finistère.
Les présidents des chambres d'agriculture de Bretagne, de gauche à droite : Laurent Kerlir, Morbihan, Marcel Denieul, Ille-et-Vilaine, Olivier Allain, Côtes d'armor, Jacques Jaouen, chambre régionale de Bretagne et André Sergent, Finistère.
© Terra

"Chaque État membre doit faire des choix. Certains points ne font pas débat tels que la convergence progressive des aides ou le verdissement proportionnel. En revanche sur la question du paiement redistributif, nous sommes favorables à la surprime des 52 premiers hectares", indiquait Olivier Allain, lors d’une conférence de presse vendredi dernier à Bignan (56), devant une dizaine de journalistes réunie autour des cinq présidents des chambres d’agriculture. Si la surdotation des 52 premiers hectares fait également parti du scenario du ministre de l’agriculture, elle ne fait pas l’unanimité en France. Au sommet de la FNSEA, le discours est en effet tout autre : "c’est une fausse bonne idée, le ministre se grandirait à expertiser d’autres scénarios pour atteindre son objectif que nous partageons de mieux soutenir l’élevage et les exploitations intensives, sans déséquilibrer les autres productions", a déclaré Xavier Beulin, au principal motif que cette surdotation ne concernerait pas toutes les formes sociétaires, y compris certains Gaec qui seraient écartés. A quelques jours du déplacement du Président de la République ce mercredi au Sommet de l’élevage, les présidents des chambres d’agriculture étaient impatients d’entendre la décision finale du gouvernement sur cette question de la surprime qui, précise Olivier Allain "représente 43 millions d’euros sur les 560 millions perçus aujourd’hui par la ferme bretonne".

 

Investir dans la modernisation des outils

Un volet du deuxième pilier de la PAC concerne la modernisation des exploitations. André Sergent "y croit beaucoup". "Des outils innovants existent, on voit bien ce qui est présenté au Space, mais quelle structure est en mesure de les accueillir aujourd’hui ?", interroge-t-il. La conjoncture n’encourage certes pas les investissements, mais "nos exploitations doivent investir, moderniser leurs outils, améliorer leurs conditions de travail. C’est essentiel pour l’avenir", soutient André Sergent. Et des investissements, il y en a heureusement encore aujourd’hui. "Tout n’est pas noir", pour Jacques Jaouen. "On a des atouts certains pour la compétitivité : des hommes et des femmes qui veulent travailler, des filières organisées, souligne Marcel Denieul. Mais on ne doit pas nous mettre des boulets réglementaires supplémentaires". "30 % des emplois sont liés à l’agriculture en Bretagne. Les élus doivent s’en rappeler et analyser l’effet levier de l’argent investi : 1 € dans l’agriculture, c’est 7 à 8 récupérés pour nos territoires", poursuit Jacques Jaouen.

 

Plus de bon sens
dans les rÈglementations

"L’environnement est déjà acquis sur nos exploitations et les résultats sur la qualité de l’eau sont là pour le prouver : on est quasiment à 30% de baisse en quinze ans de teneurs en nitrates dans l’eau, rappelle Laurent Kerlir. Et la baisse est vraie aussi en phosphore, en pesticides...". Jacques Jaouen enchaine : "nos agriculteurs en ont marre des règles qui ne cessent de tomber. Il faut donner un cadre de travail aux agriculteurs et les laisser faire leur travail. C’est une histoire de confiance". Et les professionnels d’insister : on ne demande pas de faire moins d’environnement mais simplement un peu plus de bon sens dans les réglementations. En contrepartie, la profession s’engage à encore plus de transparence avec une déclaration de tous les flux dans les exploitations.

Concernant notamment l’expérimentation, en Bretagne, de nouvelles règles appliquées aux ZES, "Jean-Marc Ayrault est venu faire un discours au Space mais la feuille de route se fait toujours attendre au niveau des services de l’État", souligne Laurent Kerlir, frustré que ne soit toujours pas lancée une mesure qui apporterait plus de cohérence dans la gestion de l’azote. Après les paroles, les professionnels agricoles demandent des actes.

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