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Projet Sdage Loire Bretagne
La Chambre rend un avis défavorable

Jugé trop complexe, inachevé et mouvant, le projet de Sdage Loire Bretagne, soumis à consultation, n'a pas convaincu, dans leur majorité, les élus de la Chambre d'agriculture réunis, lundi dernier en session. Pour être accepté, le projet devra être retoqué. Le grand public lui, en a jugé autrement

Le principe d'équilibre de la fertilisation sur certains territoires risque de fragiliser des élevages de volailles déjà mis a mal, ont pointé les élus lors de l'examen du SDAGE
Le principe d'équilibre de la fertilisation sur certains territoires risque de fragiliser des élevages de volailles déjà mis a mal, ont pointé les élus lors de l'examen du SDAGE
© claire le clève

 

 

L'inverse aurait étonné. La majorité des élus de la Chambre d'agriculture ont donc, sans grande surprise, opposé leur veto au projet de Sdage, "tel qu'il est soumis à consultation", a tenu à préciser Yves Le Gourriérec président d'une séance où l'importance de l'actualité laitière et porcine (à retrouver par ailleurs dans Terra), a brouillé la hiérarchie d'un ordre de jour dense. "On vous demande votre avis sur quelque chose de provisoire et un état des lieux mouvant", avait mis en garde Etienne Ariaux, responsable économie et environnement de la Chambre, chargé de résumer, dans son exposé liminaire, et les conséquences du Grenelle de l'environnement et celles des mesures accompagnant le Sdage.

 

Des textes qui s'emboîtent

Des textes législatifs (Grenelle 1 et 2) qui s'articulent entre eux et une boite à outil financière (loi de finance pour 2009) dotée de 44 mesures, voila pour le Grenelle de l'environnement assorti "d'objectifs tellement ambitieux et un chantier immense". Tellement,…  que beaucoup semblent clairement inatteignables. Exemple pour l'agrobiologie devant passer des 2 % à 6 % de la SAU d'ici l'an prochain… Et nouveauté, d'un mode de gouvernance "élargi". Quant au Sdage, il découle d'un emboîtement de dispositifs avec pour ligne de mire "le bon état écologique à l'échéance 2015 fixé par la directive cadre sur l'eau de 2004". Au final, les deux se complètent avec un programme d'Etat listant pour les nitrates, un programme d'actions ; pour le phosphore, l'équilibre de fertilisation lors du renouvellement de Dossier IPCE (Installation Classée Protection de l'Environnement) ; pour les pesticides, le plan Eco-Phyto ; des substances dangereuses. L'Etat définit également les captages prioritaires, les trames vertes et bleues sur laquelle une continuité est établie pour préserver la biodiversité et enfin des réservoirs biologiques. Sur les territoires, les SAGE interviennent sur 5 domaines forts que sont les zones humides, les eaux littorales avec une réduction des flux de NO3 de 30 %, une gestion quantitative de l'eau assurant une liaison amont aval pour un travail de cohérence et enfin l'érosion des sols. 3,3 milliards sont prévus pour le programme de mesures dont 40 % pour les pollutions agricoles.

 

"Risque de bazar dans les campagnes"

"Comment les agriculteurs vont-ils maîtriser", s'inquiète Etienne Ariaux. L'estocade est portée par l'examen de l'application concrète du SDAGE sur le bassin versant du Lac au Duc où le paramètre phosphore pose problème. L'objectif est donc d'en rétablir l'équilibre de fertilisation. "Sur ce bassin versant où 370 exploitations sont concernées. Pour satisfaire à l'équilibre de fertilisation en phosphore, il faudrait trouver 11 000 ha supplémentaires d'épandage", détaille Etienne Ariaux. "Si les plans d'épandages sont remis en cause, les agriculteurs risquent d'acheter du minéral, c'est aberrant,", lance Jean Paul Touzard qui s'inquiète de l'incohérence dans l'application des mesures. "Ca va mettre le bazar dans les campagnes, à qui vais-je prêter ma terre ? A un éleveur de volailles ou un éleveur de porc sachant que son fertilisant est plus équilibré", interpelle Jean René Menier, pointant au final le risque d'accélérer la fragilisation des élevages mixtes avec volailles. "Il n'y a aucune vision économique, on analyse par le petit bout de la lorgnette", déplore Thierry Coué, éleveur de porc, regrettant le manque de "vision globale". Même avis pour Guy de Penanster au nom de la Forêt privée.  "On ne nous a pas entendu quand nous préconisions des mesures anti érosives plutôt que l'équilibre de la fertilisation ", regrette Laurent Kerlir . "On continue à nous charger la mule". Face à la position de la Confédération Paysanne favorable à ce SDAGE, "car nous considérons qu'il y a une concertation d'acteurs et de la société toute entière, que c'est une source de progrès pour l'agriculture et une source d'emplois", a soutenu Jean-Louis Le Normand. Yves Le Gourriérec à mis en garde contre tout amalgame. "Nous émettons un avis défavorable non pas contre le SDAGE mais contre le projet qui nous est présenté".

 

Claire Le Clève

 

*La consultation publique sur l'eau, organisée du 15 avril au 15 octobre 2008 a recueilli l'avis de 85 000 foyers, "2 habitants sur 3 demandent aux acteurs d'aller encore plus loin et plus vite  dans la reconquête de la qualité des eaux a précisé l'Agence de bassin Loire Bretagne en rendant publics les résultats de cette consultation le 23 janvier dernier. (ndlr)

 

 

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Et aussi

 

2008 : résultat déficitaire

Moins 141 000 euros, c'est le résultat déficitaire qui pour la deuxième année consécutive marque les comptes de la Chambre d'agriculture du Morbihan et "confirme une dégradation structurelle du budget" relève son directeur Hervé Cadoret. Pour redresser la barre sont prévus une gestion rigoureuse,un plan triennal et "le renforcement de la mutualisation  pour gagner et efficacité et renforcer la proximité" insiste Yves Le Gourrierec. 5 chantiers sont ouverts; celui de la régionalisation de la recherche appliquée, de la formation pour la partie production de ressource et animation, de l'appui consulaire, des missions de service public et de la gestion.

 

Autosuffisance énergétique

Dédié à l'autosuffisance énergétique des exploitations agricoles, dans la lignée de la charte de l'Urbanisme, élaborée en concertation, par la profession agricole, le Préfet du Morbihan s'est dit favorable à la mise sur pied d'une démarche similaire sur l'énergie pour déboucher sur des cahiers des charges type. "La partie énergétique  va être un enjeu majeur pour la Bretagne dépendante pour 80 % de sa consommation". Une réduction de cette dépendance passe à 53 % par les économies d'énergie et à 47 % par les énergies renouvelables. "L'agriculture bouge dans ce sens, certaines exploitations ont valeur d'exemple, il nous faut mieux mobiliser les opérateurs nationaux" a-t-il poursuivi encourageant les exploitations agricoles "qui tendent à cette autosuffisance énergétique pour une meilleure maîtrise de l'énergie et la résolution d'une partie des problèmes environnementaux".

 

Mérite A

Jean Paul Touzard a été fait officier à l'ordre national du mérite agricole  pour son action en matière défense de l'agriculture et ses engagements par Laurent Cayrel, préfet du Morbihan. A cette occasion, a également été fait chevalier Daniel Audo, pour ses engagements à l' AEF.

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