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La charte de l’agriculture et de l’urbanisme retoilettée

Coup de jeune pour la charte de l’agriculture et de l’urbanisme créée en 2008. Avantgardiste en son temps, elle a été retoilettée pour consolider les défenses face au grignotage des terres agricoles dans le département. Elle a été ratifiée la semaine passée. Préserver le foncier pour la production alimentaire reste donc prioritaire.

Actualisée et retoilettée, la charte de l’agriculture version 2020 devrait renforcer la préservation des terres agricoles face à l’urbanisation croissante dans le Morbihan.
© Claire Le Clève

Car 11 000 ha ont disparu entre 2006 et 2015 (sur près de 370 000 ha de SAU). "Sans la charte, la consommation des terres agricoles aurait été pire. Le sud Morbihan est très convoité, au même niveau que les métropoles", constate Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture. La Riviera bretonne attire et continuera de le faire. Et le solde démographique positif du département n’est pas à mettre au crédit de sa natalité. "Le nombre de naissances est inférieur à celui des décès. Le solde positif du Morbihan, ce sont ses nouveaux arrivants", cadre le préfet Patrice Faure. Et avec eux, le besoin de se loger, entre autres activités, consommateur d’espace, accroissant la population autour des sites d’exploitations. "Or on n’installe que sur les sièges existants. En mettant de l’habitat on limite la capacité", redoute Laurent Kerlir . "La périurbanisation est très forte. Elle monte jusqu’à la moitié du département", situent les cosignataires, chambre d’agriculture, État, Département et Association des maires et présidents d’EPCI. Une attractivité qui, si elle "ouvre de nombreuses opportunités, a aussi des conséquences sévères pour l’agriculture", s’accordent-ils tous à constater en ratifiant, le 13 février dernier, la nouvelle mouture.

Gestion économe de l’espace

D’où une nécessaire volonté "commune" de gestion économe de l’espace. "Une vision que nous avions partagée dans la précédente charte", faisant un socle commun tant pour la définition des politiques publiques que pour leur application. "Chacun avait ce document sur la table. En 2008, on était tous fiers, conscients que cette charte était avantgardiste. Ça a permis une prise de conscience et un socle commun pour l’application des politiques publiques dans le département", se souvient Yves Bleunven, maire de Grand-Champ et président de l’Association des maires et présidents d’EPCI du Morbihan. Car une fois urbanisée, "la matière première ne se renouvelle pas, l’artificialisation n’est pas réversible". "Nous avons voulu réaffirmer la volonté de préserver le foncier avec ce souci de le faire pour la production alimentaire qui est notre vocation", insiste Laurent Kerlir. Depuis 2008, d’autres dispositifs réglementaires (loi Allur entre autres), sont venus compléter cette gestion économe de l’espace. Même si la charte n’a pas valeur réglementaire, "elle a valeur de consensus et assoie un bon fonctionnement et de la méthodologie. Les signataires s’engagent à mettre en application les principes et les expliquer", apprécient le cosignataires qui en souhaitent une largement diffusion.

Claire Le Clève

 

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