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Bio, AOC
La cidrerie Melenig mise sur la qualité

Producteur de cidre AOC de Cornouaille depuis 10 ans déjà, Christian Toullec a entamé la conversion de son verger vers l'agriculture biologique.

"La récolte 2012 sera bio". Ce projet, Christian Toullec, producteur de cidre à Elliant, l'envisageait depuis longtemps déjà. Et il a enfin pu le concrétiser suite à l'arrivée d'un associé, Christian Saccardy, il y a deux ans maintenant. "Produire en bio demande beaucoup plus de temps, notamment au niveau du suivi dans le verger".
Pour les deux producteurs, passer en bio est une suite logique à l'obtention de l'AOC. "C'est un signe de qualité, l'un pour la production de pommes, l'autre pour l'élaboration du cidre". Une évolution perçue positivement par tous les clients à qui ils en ont parlé. "Et, à moins traiter, nous aussi, on va mieux se porter". Première modification : le verger est désormais enherbé, ce qui évite tout désherbage chimique.

Prévenir plutôt que guérir

"Pour lutter contre ravageurs et maladies, il faudra désormais miser davantage sur la prévention", analysent les associés. Ainsi, si en conventionnel, la contamination peut être stoppée après de fortes pluies, il faut, en bio, avoir traité avant pour protéger le verger. "Nous allons aussi jouer sur l'écosystème, en favorisant les auxiliaires".
Même si Christian Toullec reconnaît ne courir ni après le rendement ni après l'aspect visuel des pommes, deux ou trois ravageurs lui poseront néanmoins souci, comme l'anthonome, un charançon qui pond dans les bourgeons, ou la tavelure, un champignon qui s'attaque aux fleurs et aux fruits.

10 ans déjà

La cidrerie Melenig, à Elliant, vient tout juste de fêter ses 10 ans. "Je me suis installé ici en septembre 2000, après avoir été conseiller agronomie pendant plus de 10 ans, à la chambre d'agriculture d'Ille et Vilaine", raconte Christian Toullec. L'envie de s'installer à son compte le taraudait. "Mais plutôt en production végétale. Et en Bretagne, puisque je suis originaire du Finistère".

S'installer en AOC

Il se penche alors sur la production de cidre. Et découvre qu'elle lui convient. "C'est intéressant : il y a plein de choses à faire". Mais il n'y connait pas grand-chose et commence par un certificat de spécialisation, en Normandie. "C'est la seule école qui forme aux métiers du cidre". Puis reprend un verger de pommes à cidre, à Elliant. "Je voulais profiter de l'AOC Cornouaille, l'une des deux seules AOC pour le cidre, en France". Un plus indéniable, au moment de la commercialisation.
Si le verger compte 7 ha de pommiers, Christian ne dispose d'aucune installation pour fabriquer son cidre. "Le cédant vendait toutes ses pommes". La première année, il l'élabore à Ergué Gabéric, chez un producteur qui vient de partir en retraite. Dans la foulée, il lui achète son matériel d'occasion et le transfère dans un hangar, qu'il construit à proximité du verger.

Trois visites par jour

Une fois le cidre élaboré, reste à le vendre ! Christian Toullec prend alors son bâton de pèlerin et démarche crêperies, restaurants, magasins... "J'ai aussi ouvert une boutique sur l'exploitation, ouverte 6 jour sur 7, durant toute l'année". Et, pour y attirer les touristes, il organise, en juillet et août, trois visites de la cidrerie par jour. Des efforts qui portent leurs fruits. "La cidrerie a été prévue pour 40 000 bouteilles. Aujourd'hui, nous en sommes à 60 000... et un peu à l'étroit dans nos locaux". Le verger n'ayant pas bougé, c'est sur le tonnage de pommes commercialisées que Christian peut jouer pour ajuster sa production. "Les pommiers sont alternants. Les années de forte production, on vend des pommes. Mais, si besoin, on peut aussi en acheter".

Une large gamme

La gamme proposée par la cidrerie comporte trois cidres, un AOC Melenig, demi-sec, un AOC Ruz, une cuvée spéciale, plus fruitée, et un cidre fermier brut. S'y rajoutent du jus de pomme fermier, du lambig, une eau de vie obtenue par distillation du cidre, et vieillie 5 ans en fûts de chêne, du pommeau, mélange de moût de pomme et de lambig, et titrant 17°. Et, dernière née de la gamme, la Gwen, une eau de vie blanche, à déguster seule ou en cocktail, où elle remplace d'autres alcools blancs, en apportant une note fruitée originale.

Bienvenue à la ferme
Pour toucher une autre clientèle

"C'est important de faire partie d'un réseau". Conseiller agronomie pendant une dizaine d'années, c'est tout naturellement que Christian Toullec adhère, dès son installation, à Bienvenue à la ferme, une marque des chambres d'agriculture. "J'avais tout à construire pour la commercialisation. Et beaucoup à apprendre avec d'autres producteurs en vente directe". Le réseau permet aussi la mise en commun de moyens pour communiquer, vendre... "Tous les ans, je participe aux marchés d'été et de Noël. J'ai aussi eu l'occasion de proposer des animations Brin de culture, des randonnées à la ferme...". Des animations qui apportent un autre type de clientèle, et que Christian aimerait bien développer, maintenant que l'arrivée d'un associé lui donne un peu plus de temps pour envisager de nouvelles activités.

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