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VIANDES
La colère des producteurs gagne du terrain

Les aides annoncées par le ministre de l'Agriculture lors du Space ne semblent pas avoir totalement rassuré les producteurs de viandes. Car, au delà de ces mesures, que ce soit la FNB, la FNP, et maintenant la CFA, tous demandent une revalorisation des prix qui passe immanquablement par une hausse du côté des transformateurs et donc, par contre-coup, dans les rayons des grandes surfaces. C'est d'ailleurs ici que les producteurs de viande de porc se sont rendus de nouveau ce week-end pour sticker les produits ne mettant pas en avant le logo VPF, moyen, à leurs yeux, de ramener une part de la valeur ajoutée dans leur escarcelle. Les producteurs de viande bovine et de volaille ou de lapin doivent leur emboîter le pas. La colère gagne du terrain.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les producteurs finistériens ont intercepté deux camions de viande, l'un contenant du boeuf et du porc provenant des Pays-Bas, l'autre du porc d'Espagne.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les producteurs finistériens ont intercepté deux camions de viande, l'un contenant du boeuf et du porc provenant des Pays-Bas, l'autre du porc d'Espagne.
© Terra

Bovins-viande : les trois priorités de la FNB

Les éleveurs de viande sont dans une situation de plus en plus critique, selon la Fédération nationale bovine qui a de longue date alerté les pouvoirs publics et la filière, sans être entendue réellement. Aujourd'hui, selon elle, il faut impérativement donner une nouvelle perspective à ce secteur de production, à travers 3 priorités.

- Prix à la production : une hausse de 20% est vitale.
Avec un niveau de prix des bovins finis actuellement à moins de 3 euros/kg carcasse en moyenne, la situation est intenable pour les producteurs confrontés à des coûts de production bien plus élevés.
Pour équilibrer la rentabilité de l'activité viande bovine, une hausse de 20% des prix des bovins est vitale. Cette revalorisation de la production est seule à même d'apporter une solution durable pour la pérennité des exploitations, et de la filière.
La FNB en appelle aussi au regroupement de la production dans le cadre des organisations de producteurs et à une meilleure gestion collective par ces ces dernières de la mise en marché, par rapport aux besoins et attentes de l'aval de la filière, sur le plan qualitatif et en volume.

- Exiger pour les viandes bovines importées des pays-tiers le respect de normes et contrôles identiques.
Les éleveurs ne peuvent admettre les positions actuelles de la Commission européenne en faveur d'une ouverture plus large aux importations des pays-tiers (notamment la relance des négociations UE-Mercosur). La présence de ces viandes étrangères (Brésil...) proposées aux consommateurs en France constitue une concurrence déloyale vis-à-vis de la production locale. La FNB demande aux pouvoirs publics français et communautaires une équivalence stricte d'application des normes et des conditions de contrôles sur ces viandes des pays-tiers.

- "Année blanche" sur annuités d'emprunts et autres mesures de soutien exceptionnel.
La FNB demande aux pouvoirs publics de mettre en œuvre dans les plus brefs délais un plan de soutien, dont la principale mesure doit être une "année blanche" sur le remboursement des annuités d'emprunts des éleveurs de viande bovine.
Un report en fin de tableau de remboursement d'une année d'annuités, avec prise en charge des intérêts correspondants, est la seule mesure qui permette de relancer effectivement l'économie des exploitations, et d'aider les exploitations en fonction de leurs charges d'investissements.
En complément, un ensemble de dispositions d'aides et d'appui à la trésorerie doivent être mises en œuvre, notamment des aides calamités agricoles pour les éleveurs touchés par la sécheresse et une prise en charge des cotisations MSA et de la TFNB (taxe sur le foncier non bâti).

Porc : les actions VPF continuent

En cette fin de semaine les actions des producteurs de porc, parfois rejoints par leurs collègues en viande bovine, se sont une nouvelle fois rendus dans des grandes surfaces pour forcer les salaisonniers à tracer efficacement, en apposant le logo VPF, la provenance de leurs produits. Tour d'horizon dans les différents départements.
Dans le Finistère. "Pour le moment, on est gentils". Après avoir procédé à une opération de stickage, vendredi, en fin de journée, dans les grandes surfaces de Quimper, Morlaix et Brest, ce, en compagnie de producteurs de viande bovine, les producteurs finistériens de porc ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Dans la nuit de dimanche à lundi, ils ont intercepté deux camions contenant de la viande étrangère, l'un provenant d'Espagne, l'autre des Pays-Bas, et destinés à l'entreprise Jean Caby, à Lampaul Guimiliau. Ils ont dénoncé, dans la foulée, les salaisonniers qui refusent d'apposer le logo VPF sur leurs produits. "Ils se réservent ainsi le droit d'importer à bas prix de la viande produite selon des cahiers des charges nettement moins exigeants que les nôtres, dénoncent les producteurs. Le consommateur doit pouvoir choisir en toute connaissance de cause".
En Ille-et-Vilaine. Les producteurs ont poursuivi leurs actions syndicales, le samedi 25 septembre, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, dans deux grandes surfaces, Géant à Saint-Grégoire et Cora à Pacé. Ils ont étiqueté les produits ne portant pas le logo VPF pour alerter les consommateurs sur l'absence de traçabilité sur l'origine de la viande. Les producteurs ont sorti des linéaires les jambons et autres lardons qui n'étaient pas d'origine française. Ils ont aussi lâché quelques porcelets dans les rayons bondés.
Dans le Morbihan. La mobilisation continue aussi dans le Morbihan et de nouvelles actions de stickage VPF se sont déroulées au centre Leclerc de Vannes le samedi 25 septembre dernier. Puis, les producteurs de viande bovine ont pris la suite, mardi midi, en lançant une opération stickage au centre Leclerc de Pontivy.
En Côtes d'Armor. Le week-end dernier, des délégations d'éleveurs, syndiqués ou non, ont stické les produits dans les supermarchés et hard-discount de Rostre-nen, Lannion (en bovin) et Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp (en porc). Ils ont aussi étudié les origines et prix des produits frais et transformés, et sensibilisé les consommateurs sur l'intérêt d'acheter français

Aviculture et cuniculture aussi

La Confédération française de l'aviculture (CFA) a rappelé, dans un communiqué daté du 23 septembre, que "par deux fois au cours des dernières semaines, elle est intervenue auprès de la distribution pour lui présenter la réalité de la situation de toutes ses productions (volailles, lapins, oeufs, palmipèdes à foie gras) dans le but d’obtenir une augmentation indispensable des prix des produits avicoles et cunicoles.
Aujourd’hui, poursuit-elle, comme nous l’avons souligné, l’augmentation des prix de l’alimentation animale comme celle des autres charges de production liées à l’énergie, l’environnement et le bien-être animal, ne peut pas être supportée par les producteurs et les entreprises d’abattage ou de transformation. Elle doit être répercutée à l’ensemble du commerce".
Parallèlement et simultanément, les producteurs exigent de leurs entreprises une revalorisation des rémunérations et des prix à la production. Ce n’est qu’un juste retour. Les producteurs veulent en discuter avec leurs partenaires d’aval à qui ils demandent par ailleurs de les informer des éventuels blocages d’enseignes de la distribution.
De la prise en compte des évolutions de nos charges, dépendra l’avenir des filières avicoles et cunicoles", conclut le communiqué de la CFA.

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