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La crise au menu de la chambre d'agriculture

Le 25 février dernier, la session de la Chambre a consacré une bonne partie de ses travaux à la situation catastrophique que traverse l'agriculture départementale.

De gauche à droite : Jean-Luc Videlaine, préfet du Finistère, André Sergent, président de la chambre d'agriculture et Jacques Jaouen, secrétaire.
De gauche à droite : Jean-Luc Videlaine, préfet du Finistère, André Sergent, président de la chambre d'agriculture et Jacques Jaouen, secrétaire.
© Chantal Pape

 

"Avec des prix de marché qui ne couvrent plus nos coûts de production, notre agriculture est au bord de l'asphyxie : plus d'un tiers des exploitations finistériennes sont menacées, toutes sont précarisées". Dès l'ouverture, André Sergent plante le décor d'une session très largement consacrée à la crise, "qui génère isolement, résignation et détresse mais aussi exactions et violences incontrôlées".

 

De flux poussant à flux tirant

 

Mais comment faire pour en sortir ? Aller vers plus de régulation pour adapter l'offre à la demande, comme le demande Christine Corvest, au nom de la Confédération paysanne ? "La surproduction n'est pas du fait de la France", rappelle le président de la chambre d'agriculture, qui préfère miser sur "la différenciation et la segmentation de nos produits pour mieux satisfaire et reconquérir notre marché". Un changement de logique. "Il faut passer d'un flux poussant, où on produit d'abord, à un flux tirant, où on part du consommateur et de ses besoins". Un changement qui passera par la traçabilité et l'étiquetage obligatoire de l'origine des produits, "y compris transformés". Les élus proposent aussi que "les produits alimentaires soient exclus du code des marchés publics afin de faciliter l'accès des produits français à l'approvisionnement des collectivités et des services de l'Etat, des hôpitaux et des armées".

 

A quand la fin de l'embargo russe ?

 

Si Jacques Jaouen souligne "les avancées" obtenues ces derniers jours et notamment la baisse des cotisations sociales "qui vont nous permettre de regagner en compétitivité", il reconnaît qu'elles ne vont pas régler le court terme. Et le secrétaire de la chambre d'agriculture d'espérer une levée rapide de l'embargo russe pour fluidifier les marchés. "L'embargo sanitaire pourrait être levé pour certaines régions". Et Jean-Yves Le Drian, président de la Région, l'a promis, la Bretagne serait parmi les premières régions européennes à pouvoir en bénéficier.

 

Revoir le coût de reprise

 

"En 5 ans, on n'a pas gagné un sou, malgré le montant des investissements réalisés". Sébastien Louzaouen, le président des JA, revient sur la situation des jeunes Et dénonce certains coûts de reprise, trop élevés. "C'est envoyer direct les jeunes au tas". Mais comment y remédier ? "En insistant sur ce volet durant la formation initiale puis lors du parcours à l'installation". Les JA pointent aussi du doigt la marchandisation des contrats, en lait. "Augmenter encore nos coûts de production ? Mais ça n'est pas sérieux !"

 

Exclure l'agriculture de l'accord transatlantique

 

Alors que la situation est déjà très compliquée pour les agriculteurs, les négociations sur l'accord Tafta, de partenariat entre Etats-Unis et Union européenne font peser de lourdes menaces. "La politique agricole des USA donne un avantage concurrentiel très important aux agriculteurs américains. Et en cas d'accord, les signes de qualité français ou européens seront menacés, pointe la Coordination rurale, qui dénonce aussi le manque de transparence des négociations. Et demande, dans une motion adoptée par la chambre d'agriculture, que "l'Union européenne exclue les produits agricoles de cet accord, pour protéger à la foi les producteurs et les consommateurs européens". Un avis que partage Michael Quernez, vice-président du Conseil départemental. "Il faut se battre pour obtenir une exception pour l'agriculture".

 

 

 

La Maison de l'agriculture va déménager

 

La session du 25 février dernier ayant donné au président de la chambre d'agriculture les dernières autorisations, la vente de la Maison de l'agriculture sera effective dans les semaines à venir, avec un déménagement programmé en fin d'année. En attendant la construction de nouveaux bâtiments à Cuzon, en commun avec la chambre des métiers et Quimper Cornouaille développement, les bureaux seront transférés pendant au moins deux ans dans des bâtiments en location.

 

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