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La crise montera-t-elle à Paris ?

Le Salon de l'agriculture s'est ouvert ce vendredi à Paris dans un contexte de crise agricole d'une ampleur historique où les productions d'élevages sont mises à mal par la faiblesse des prix. D'où la mesure inédite prise par l'État de diminuer de près d'un quart les cotisations sociales agricoles. Cette annonce ne sera sans doute pas suffisante pour éteindre tous les feux allumés dans les campagnes ces dernières semaines, mais sa portée immédiate et générale est un vrai geste en direction des agriculteurs... même s'il peut apparaître tardif et pas assez ciblé sur les situations les plus délicates. La vraie sortie de crise n'interviendra, elle, qu'avec une remontée significative et durable des prix. Les regards ne tarderont pas à se tourner à nouveau vers Bruxelles.

Accord de principe sur la création d'un fonds porcin financé par la GMS, décret sur l'étiquetage d'origine des produits transformés, engagements multiples de la grande distribution envers les agriculteurs, négociation à Bruxelles, sans oublier les innombrables déclarations de bonnes intentions et de soutien formulées par les élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens... En quelques jours, une pluie d'annonces s'est abattue sur les campagnes françaises. Là où, depuis des semaines voire des mois, en Bretagne notamment, la colère finissait par l'emporter sur l'inquiétude devant la faiblesse des prix payés aux producteurs, en porc, en bovin, en lait, la réponse politique a fini par s'exprimer de manière beaucoup plus concrète et explicite les jours derniers avec la mise en oeuvre d'une baisse de cotisations sociales agricole. L'annonce en avait été faite à la télévision le jeudi 11 février par François Hollande, au lendemain d'un important remaniement ministériel, avant que le Premier ministre Manuel Valls précise les détails de cette mesure le mercredi suivant à l'Assemblée nationale devant les députés. Au même moment, près de 500 tracteurs convergaient sur Rennes pour en bloquer le périphérique routier pendant toute une journée émaillée de quelques accrochages avec les forces de l'ordre devant la préfecture de région et de bouchons monstres aux abords de la capitale bretonne, tandis que la trentaine de kilomètres de rocade restait étrangement déserte.

Les ministres à Rennes

L'annonce de ce dispositif de baisse de cotisations sociales n'a pas provoqué de salves d'applaudissements dans les rangs des agriculteurs rassemblés à Rennes, les uns et les autres insistant davantage sur la nécessité de retrouver des prix rémunérateurs. Tout juste s'accordait-on à reconnaître qu'il s'agissait là d'une avancée, mais pas de la fin des soucis, et encore moins de la fin de la mobilisation. La lenteur des manifestants à lever le camp et à rentrer à la maison était tout aussi explicite que la promptitude du gouvernement à montrer qu'il agissait. Ainsi, Le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll était-il à Rennes lundi dernier en compagnie du président de région et ministre de la défense Jean-Yves Le Drian pour présenter un plan porcin breton, visant à accompagner el encourager l'investissement dans la modernisation des élevages. Surtout, l'un et l'autre étaient venus désamorcer
la colère ambiante et donner aux Bretons toutes les preuves de bonne volonté. Le message n'était pas inutile à quelques jours de l'ouverture du Salon international de l'agriculture vers lequel convergeront une semaine durant tous les médias, et nombre de personnalités politiques de tous horizons.

Ils ont dit

Frank Guehennec , président de la FDSEA 56 / Je demande des comptes aux distributeurs. Nous vous mettrons la pression pour que vous signiez et que vous appliquiez la charte laitière.

François Valy, responsable porc à la FRSEA Bretagne / Les 1,40 € de cet été ont fait du bien à nos trésoreries. Le fonds de soutien porcin doit pousser dans ce sens. Nous avons besoin de plus que des miettes pour survivre.

Loïc Guines, président de la FDSEA 35 / Alors que les négociations commerciales entre distributeurs et transformateurs touchent à leur fin et que le gouvernement commence à chanter ses promesses habituelles, ne cédons pas à la berceuse de l’État et des GMS qui cherchent à nous endormir.

Didier Lucas, président de la FDSEA 22 / Si nous sommes là, ce n'est pas par plaisir. Je ne veux pas d'un plan de reconversion pour les éleveurs en difficultés, je veux du retour financier sur nos exploitations. On a besoin de ça. On a travaillé pour ! Ceux qui ont moins de 15 ans d'installation n'ont rien aujourd'hui !


Dans le détail des baisses de cotisations

La baisse s'appliquerait à la cotisation maladie, dont le taux passera de 10,84 % à 3,84 % soit -7 points. La cotisation allocations familiales continuerait de bénéficier d'une réduction de taux de 3 %.

En conséquence, pour une exploitation théorique présentant un revenu net de 30 000 euros, la baisse de taux de cotisations sociales se traduirait par une "économie" de 1 600 euros mais un surplus d'impôt de 220 euros. Le gain réel serait de 1 380 euros sur un an. Mais surtout, cette mesure de baisse sera reconduite les années suivantes.

Estimation réalisée par le réseau AS sur la base des annonces et sous réserve de la parution d'un texte confirmant les détails de la mesure

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