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La crise n'est pas encore derrière nous

Certains semblent croire que dès lors que l’agriculture, dans sa large majorité, n’a pas connu d’interruption d’activité en Bretagne… le Covid-19 n’aurait pas eu d’incidence sur elle. Il s’agit là d’une conclusion un peu hâtive !

Oui, nous avons été en grande partie préservés pendant le confinement contrairement à des secteurs économiques comme le tourisme ou la restauration.

Oui, nous avons trouvé des ressources pour poursuivre notre activité, malgré le confinement, souvent au prix d’un travail intense après quatre mois de mauvais temps où nous avions pris du retard. Pendant le confinement, nous étions nombreux à être "la tête dans le guidon". Nous ne pouvons que saluer l’engagement et l’adaptabilité des agricultrices et agriculteurs, ainsi que de toute la chaine alimentaire. Grâce à nous tous, les Français n’ont pas eu à s’inquiéter de savoir s’ils allaient pouvoir se nourrir ou pas… Malheureusement, certains d’entre nous ont aussi pris cette crise de plein fouet : la filière horticole, qui était déjà affaiblie par la concurrence étrangère, a été stoppée au plus mauvais moment, avec la disparition de ses débouchés : destructions de plantes, augmentation des coûts de production…

La situation reste critique pour le canard, la pintade, le pigeon et les filières qui ont vu leurs débouchés s’effondrer avec l’arrêt de la restauration hors domicile. Le veau de boucherie, le cidre, sont dans des situations inquiétantes comme toutes les activités d’agritourisme mises à l’arrêt. Pour toutes ces filières, il est essentiel d’engager un accompagnement adapté pour qu’elles puissent se relever rapidement. Je suis aussi malheureusement inquiet avec les vides sanitaires qui augmentent en volaille et les dynamiques de prix à la baisse en lait, porc, viande bovine. La crise sanitaire risque de laisser des traces, alors même que les agricultrices et agriculteurs n’ont pas arrêté leurs efforts.

Il est encore trop tôt pour dresser un bilan… trop d’inconnues subsistent encore : comment va se dérouler la reprise de la restauration hors domicile ? Les habitudes de consommation vont-elles évoluer ? Quelle activité touristique pour les mois à venir ? Comment va réagir l’export ?

La crise n’est pas encore derrière nous… Nous devons rester vigilants car nous avons réussi à préserver à peu près notre santé et celle de nos proches, mais l’équilibre sanitaire reste fragile et essentiel. Nous devons maintenant aussi nous projeter et veiller à ce que cette crise ne soit pas à un prétexte à payer moins les producteurs. Nous devons obtenir les soutiens nécessaires pour maintenir toutes les filières agricoles, nos exploitations et nos revenus. L’action syndicale qui a été soutenue auprès des pouvoirs publics, pendant le confinement, ne s’arrête donc pas avec toujours pour objectif un meilleur revenu et une réelle reconnaissance du travail accompli par tous les agriculteurs et agricultrices.

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