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La directive nitrates 5 à la loupe des producteurs de légume industrie

L’assemblée générale de l’UOPLI, l’union des organisations de producteurs de légumes industrie*, a permis de faire un point sur la directive nitrates 5. En interdisant sur maïs les épandages de type I et II jusqu’au 31 mars sur une partie de la Bretagne, l’arrêté régional, entré en application dès le jour de sa signature à Rennes le 14 mars dernier, a immédiatement impacté les agriculteurs bretons qui démarraient les épandages en toute bonne foi.

L’extension des périodes d’interdiction d’épandage de type I et II sur maïs pour la Bretagne va au delà du calendrier fixé au niveau national pour la directive nitrates 5 : l’interdiction a en effet été repoussée au 31 mars pour la zone 2 bretonne (délimitée selon la précocité – voir carte dans le Terra du 21 mars). Elle est fixée au 15 mars pour la zone 1. La directive nitrates 5 concerne, entre autres, les zones vulnérables dont la Bretagne fait entièrement partie. Cette directive nationale est un socle a minima qui a été décliné en région avec des mesures complémentaires, décidées par un groupe d’expertise nitrates travaillant sous l’autorité du préfet de région. "Des agriculteurs sont en infraction et ne le savent même pas !", relève Georges Galardon, président de l’UOPLI, consterné par les délais d’application de cet arrêté qui a pris effet le jour de sa signature le 14 mars. "Les épandages ont démarré et on n’a même eu le temps d’informer les agriculteurs". Quant à la dérogation qui aurait pu être accordée, elle a finalement été refusée la semaine dernière par le préfet Patrick Strzoda.

L’arrêté breton du 5e PADN compte 11 textes au total, sans compter les arrêtés modificatifs Gren, les arrêtés modificatifs 4e PADN (le 4e PADN est toujours en cours excepté quand le 5e programme fixe des mesures contraignantes), les textes relatives aux zones vulnérables... "Depuis vingt ans, la Bretagne est dans une dynamique d’amélioration de la qualité de l’eau tant au niveau de la concentration en nitrates qui ne cesse de diminuer que du nombre de masses d’eau en dépassement des 50 mg/l, souligne Yoann Méry, chargé de l’environnement à Coop de France Ouest. Mais on doit encore se battre avec cette nouvelle directive".

 

Des avancées en légumes

Autres mesures bretonnes à effet moins immédiat, de ce cinquième programme d’actions directive nitrates (PADN) : "l’obligation de déclaration des flux, un encadrement de la méthode de calcul de la dose d’azote apportée aux cultures et le renforcement de la gestion des Cipan", a détaillé Yoann Méry, devant les membres de l’UOPLI réunis en AG le 20 mars à Josselin (56). "Ce qui est curieux, c’est qu’on ne connait toujours pas les modalités de surveillance ni les mesures en cas de dépassement de flux".

Dans le cas spécifique des légumes, l’épandage d’effluents organiques est désormais autorisé (hors légumineuses : pois et haricot) dans le plan breton, ainsi que la possibilité de détruire chimiquement les couverts avant légumes.

Ce 5e PADN traite également "du dispositif territorial de suivi de l’azote qui est le socle de la réforme des ZES et qui va enfin prendre en compte l’azote total épandu", souligne Yoann Méry.

Il a enfin le mérite de simplifier le zonage au sein des ZAR, les zones d’action renforcées, qui regroupent à la fois les ZES, les ZAC, les bassins versants algues vertes et les zones de captage à plus de 50 mg/l, soit environ les deux tiers du territoire breton. Sur ces ZAR, le seuil de traitement a été fixé à 20 000 kg d’azote. Pour Georges Galardon, "c’est une avancée pour certains cantons qui étaient à 12 500".

 

* L’UOPLI est une union d’OP bretonnes regroupant la Cecab (11 700 ha de légumes industrie en 2013), Triskalia (8 500 ha) et Coop St Yvi (1 800 ha).



Un mieux pour líirrigation... jusqu'à nouvel ordre

Le renforcement des contraintes sur les zones humides a freiné le développement de plans d’eau en Bretagne ces sept dernières années. Les textes les plus récents vont malgré tout dans le bon sens selon les producteurs de légumes irrigants. S’agissant du guide régional de la Dréal qui fixe un cadre pour la création de réserves, la dernière version datant de fin 2013 permet "un vrai accompagnement de la création de réserve, y compris avec remplissage complémentaire, y compris sur des zones humides non fonctionnelles", souligne Benoit Carteau, en charge de l’irrigation à la chambre d’agriculture du Morbihan. La déclinaison bretonne du 5e programme directive nitrates signé le 14 mars, accepte également la création de retenues sur des parcelles drainées et déjà cultivées sur sol hydromorphe. Des avancées que les producteurs espèrent ne pas voir remises en cause par le futur Sdage. L’UOPLI veut ainsi continuer sa communication auprès des élus : "on voudrait leur montrer la réalité de l’irrigation en Bretagne et son importance pour les productions légumières".

En 2013, un seul projet de création de retenue a été déposé en Bretagne (dans le Morbihan), et trois extensions de réseau d’irrigation. Davantage de créations pourraient être réalisées en 2014 mais il y a toujours des incertitudes sur le nouveau programme de financement (région et conseils généraux) qui devrait démarrer en milieu d’année. "Nous sommes mobilisés, a assuré Georges Galardon, pour que le nouveau programme prenne en compte le remplissage complémentaire hivernal devenu de plus en plus souvent indispensable à la création de nouvelles réserves".

Progression des pois et flageolets en Bretagne

En pois, les surfaces semées en Bretagne en 2013 étaient supérieures de 2% à 2012, et malgré les conditions climatiques difficiles du printemps et les abandons de surface, les volumes récoltés étaient eux aussi en hausse de 4%. En haricot, les volumes récoltés ont progressé de 2%, de même que les rendements. Les volumes sont restés stables en flageolets en Bretagne malgré une progression de 10% des surfaces semées, en raison d’une fin de saison sèche. "Selon les prévisions 2014 de début de campagne, les surfaces sont relativement stables en France tous légumes confondus", indique Delphine Pierron du Cénaldi (association de 18 OP nationales). Mais avec des différences selon les espèces. Plus spécifiquement en Bretagne, les surfaces prévues en pois vont progresser de +6%, celles en flageolets de +11% tandis que les surfaces en haricot diminuent de -4%.  Après une année 2013 marquée par "une augmentation significative des prix, bienvenue après un manque à gagner", comme le soulignait Georges Galardon, les prix payés aux producteurs en 2014 devraient se stabiliser voire diminuer légèrement en raison d’un marché des céréales moins tendu cette année et d’une difficulté des industriels à répercuter la hausse des prix sur la grande distribution.

 

Consommation de légumes à la peine

"Mis à part en surgelé, la consommation de légumes en frais ou en conserves est globalement en baisse", a indiqué Agnès Bernardin. Invitée de l’UOPLI, la directrice de l’Unilet (interprofession des légumes transformés) a pointé "un effondrement des volumes de conserves destinées à la restauration, de -16% en 2013". Les raisons évoquées : le prix, un manque de praticité et un nombre de repas généralement en baisse en restauration hors foyer.

En légumes surgelés, la consommation s’est stabilisée depuis 2010 après une forte ascension début des années 2000. Mais alors que les rayons surgelés des grandes surfaces laissent peu de place aux légumes, le drive pourrait redonner des perspectives : il représentait déjà 5% des achats des ménages en légumes surgelés en 2013.

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