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La fabrication d'aliment en perte de vitesse

La conjoncture est difficile en volaille de chair, et les filières porc et ponte, aussi, perdent en compétitivité en Bretagne. En témoigne l'évolution des volumes d'aliment à la baisse.

Hervé Vasseur est président de l'Association des fabricants d'aliments du bétail, réunissant tous les fabricants sauf un en Bretagne, soit 42 sites de production. Leurs volumes d'aliments ont baissé de 13% en dix ans.
Hervé Vasseur est président de l'Association des fabricants d'aliments du bétail, réunissant tous les fabricants sauf un en Bretagne, soit 42 sites de production. Leurs volumes d'aliments ont baissé de 13% en dix ans.
© terra
La fabrication d'aliments du bétail baisse régulièrement en France, de -8% en volume entre 2001 et 2011. La perte de vitesse est encore plus marquée en Bretagne où les volumes reculent dans toutes les espèces, de -13% en moyenne depuis dix ans. Le constat de l'Association des fabricants d'aliments du bétail de Bretagne (Afab), réunie en AG le 19 juin, est alarmant, en particulier pour le porc. Dans cette production, les éleveurs ont perdu 15 centimes d'euro par kilo au total sur la dernière décade : les cours ne sont pas au rendez-vous, les gains de productivité tendent à se ralentir par manque d'investissement, et le coût de l'aliment augmente, de +34% notamment en 2011 par rapport à 2010. Cela se traduit par une réduction du cheptel, avec -5,4% d'aliments pour truie fabriqués l'an dernier.

Cette tendance à la baisse en porc est continue depuis dix ans, en Bretagne, comme en France, contrairement à l'Allemagne où les aliments ont explosé de 40% sur la même période. "La dynamique n'est pas la même ici, regrette Hervé Vasseur, président de l'Afab. La production bretonne doit être encouragée".

 

Le poulet seul à progresser en 2011

 

Seul le poulet qu'on sait si fragile aujourd'hui, tirait encore les volumes d'aliments vers le haut en Bretagne l'an dernier. Globalement en volailles, le solde commercial français est passé déficitaire depuis trois ans et continue de se dégrader fortement avec les Pays-Bas, la Belgique et l'Allemagne. "C'est un comble quand on connaît le potentiel de nos entreprises, alerte Hervé Vasseur. L'Allemagne qui était notre premier débouché, nous exporte aujourd'hui dindes et poulets". Pourquoi de tels écarts de compétitivité ? "Les niveaux de charges et de contraintes sont excessifs en France, remarque-t-il d'abord. Faute de rentabilité des élevages et des outils industriels, il y a un déficit d'investissement, des gains de productivité moindres et un éloignement des besoins du marché".

 

La Bretagne au 1er rang français

 

Début 2012 a continué sur la baisse des volumes d'aliments, de -1,3% en volailles et de -2,3% en porc, avec en revanche une reprise des aliments composés en bovins (+5,7% mash compris).

Un sursaut est-il encore possible dans les productions hors-sol ? "La Bretagne conserve en France son premier rang en porc, dinde, poulet, ponte et bovins, ce qui est fondamental pour garder de la compétitivité vis-à-vis des pays challengers", estime Hervé Vasseur, convaincu que "la concentration des compétences fait la réussite de la Bretagne". "Nous n'avons pas fait les bons choix il y dix ans. Mais il n'est pas trop tard". Encore faudra-t-il une solidarité entre tous les partenaires pour relancer la dynamique.

 

Audrey Dibet

 

 

Bretagne

France

Porcs

4,1 (-1,9 %)

5,6 (-2,2 %)

Volailles

3,2 (-1,2 %)

8,6 (=)

Bovins

1,1 (-4,9 %)

5,2 (+1,1 %)

Autres

0,1 (-9,1 %)

1,5 (-2,2 %)

Total

8,5

21,1

40 ans de MPB

Pour la première fois, un président de la FNSEA se rendra à l'assemblée générale du MPB qui se déroulera ce vendredi, à Ploufragan (22). Après la visite d'un élevage avicole Doux, le 11 juin, Xavier Beulin sera de retour dans les Côtes d'Armor pour assister au 40e anniversaire du marché de porc breton. Après une brève commémoration, les sujets actuels et nombreux seront très certainement discutés. C'est en tout cas le souhait du président du MPB, Daniel Picart, d'évoquer, avec les participants et le président de la FNSEA, des dossiers brûlants mais cruciaux pour l'élevage breton : le prix des céréales et les charges alimentaires des éleveurs de porcs, la PAC et le partage des aides, la contractualisation et le lancement du marché à livraison différée ou encore le dossier de la concurrence (1).
Ce 40e anniversaire sera l'occasion de rappeler les fondamentaux du marché. Une association de droit privée, pilotée par un conseil d'administration d'éleveurs, 100% professionnels, qui a acquis le rôle de référence publique.
L'histoire du MPB débute le 15 juin 1972. Premier marché aux enchères porcs à Guerlesquin dans les installations de la Sicamob. 4 306 porcs seront vendus à 5 acheteurs. Suivra en mars 1975 le premier marché organisé par le marché du porc breton, une association née de la réunifi cation des deux marchés au cadran, Sicamob et Unigroupement. Si bâtir une organisation de marché était complexe, l'enjeu était de taille puisqu'il s'agissait de renforcer le pouvoir de discussion des producteurs mais aussi généraliser le contrôle de la pesée et du classement dans les abattoirs bretons, avec Uniporc Bretagne en 1975. Aujourd'hui, le MPB représente 67 000 porcs commercialisés par semaine, 13 groupements de producteurs apporteurs, 2 250 éleveurs et 13 acheteurs.
(1) Le MPB est en attente des conclusions de l'Autorité de la concurrence, saisie en 2008 par 4 éleveurs pour entente illicite

Doux : une association des éleveurs

Les réunions se succèdent à tous les niveaux -partenaires, pouvoirs publics,
salariés- pour envisager les solutions de pérennisation de l'outil industriel et
pour tenter de stabiliser la situation suite au redressement judiciaire du groupe Doux. Mardi, coté éleveurs, on a constitué l' association des éleveurs de Bretagne livrant au groupe Doux, présidée par Pierre-Yves Lozahic avec l'objectif prioritaire qu'il n'y ait pas rupture de l'activité d'élevage. Une attention particulière est portée à la question des délégations de paiement fournisseurs (gaz et véto). Sans oublier le problème des créances éleveurs pour leur paiements d'avant le 1er juin. Là, les déclarations de créance seront à fournir avant le 15 aout. Conseil est donc donné de ne pas se précipiter pour pouvoir présenter des déclarations les plus complètes possibles (lire aussi en page 16).

 

FRSEA Bretagne : le nouveau Draaf doit être conscient
de la réalité des producteurs

Visite de terrain dans le Morbihan, mardi pour le nouveau directeur régional de l'agriculture Martin Guitton, à  l'initiative de la FRSEA Bretagne. Les représentants syndicaux ont ainsi pu échanger avec lui sur les sujets qui font l’actualité agricole bretonne, tout en illustrant leurs revendications par les cas concrets de deux exploitations : le site porcs et volailles du GAEC du Lys à Pluméliau et l’EARL lait/légumes de Corn er Houët à Naizin. Ce déplacement a notamment permis de rappeler que, suite à la défaillance du groupe Doux, la FRSEA Bretagne demande aux Pouvoirs Publics que la continuité de l’activité soit assurée afin de garantir un avenir aux éleveurs et à la filière avicole. Ont également été évoquées les difficultés des éleveurs de porcs pour la mise aux normes bien-être, dont l’échéance du 1er janvier 2013 va intervenir après plusieurs années de conjoncture défavorable. La FRSEA Bretagne souhaite que des solutions soient trouvées pour permettre aux éleveurs de passer ce cap sereinement. La question de la gouvernance territoriale a par ailleurs été abordée. L’intervention grandissante des CLE (Commissions Locales de l’Eau) dans le domaine agricole est très problématique. Les agriculteurs y sont faiblement représentés. Les projets de SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau) qui en sont issus comprennent des mesures très contraignantes et surtout fixent des objectifs non cohérents avec la règlementation nationale. C’est pourquoi, la FRSEA Bretagne demande un meilleur cadrage du travail des CLE et une expertise économique des politiques menées par ces instances.

Des prix toujours en hausse

Très forte début 2012, la hausse du prix d'aliment devrait se poursuivre dans les prochains mois, du fait de coûts de matières premières élevés (blé, soja, colza notamment) et de stocks faibles.

Grâce à des politiques d'achat, l'optimisation de la logistique, les choix de matières premières (avec, de plus en plus, la substitution du soja par du colza ou du tournesol), les fabricants participent à améliorer la compétitivité de la filière. Ils estiment que leur capacité à lisser les évolutions de prix a fait gagner 180 millions d'euros aux élevages bretons en 2010 et 2011, et encore 45 millions début 2012.

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