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Coatoulzac'h
La FDSEA enfin entendue !

Après 6 ans de procédures et de ténacité, la FDSEA vient d'obtenir l'annulation des arrêtés relatifs à la prise d'eau du Coatoulzac'h. Retour sur une victoire au goût amer, puisqu'entre-temps, la mise en place d'une protection de captage a fortement pénalisé les agriculteurs riverains et que les travaux ont coûté 7 millions d'€ aux contribuables et consommateurs.

A proximité de la canalisation qui relie la prise d'eau du Coatoulzac'h à l'usine de traitement d'eau de Plouénan, (de gauche à droite) François Plougastel, membre du Bureau de la FDSEA, Michel Gallou et Christian Le Saint, agriculteurs sur Taulé.
A proximité de la canalisation qui relie la prise d'eau du Coatoulzac'h à l'usine de traitement d'eau de Plouénan, (de gauche à droite) François Plougastel, membre du Bureau de la FDSEA, Michel Gallou et Christian Le Saint, agriculteurs sur Taulé.
© Chantal Pape

 

Afin d'éviter un contentieux avec l'Union européenne, la France décide de fermer en 2009 la prise d'eau de l'Horn, qui ne respecte pas la norme des 50 mg/l de nitrates. Dans l'urgence, il lui faut trouver une autre solution pour alimenter en eau potable Saint Pol de Léon et sa région, et le choix du syndicat d'eau se porte sur le Coatoulzac'h, à Taulé.

 

Une erreur monumentale

 

Une enquête publique est lancée en septembre 2008. Et, dès la signature de l'arrêté préfectoral, la FDSEA le défère devant le tribunal administratif de Rennes. "Choisir le Coatoulzac'h 'était une erreur monumentale, estime Michel Gallou, agriculteur sur la commune et responsable FDSEA. Le débit d'eau n'est pas suffisant". Sans compter l'impact sur l'agriculture riveraine. "Jusque-là, nous avions bien travaillé, estime Christian Le Saint, dont 20 ha sont situés en périmètres 1 et 2. La preuve, le taux de nitrates était de 30 mg/l. Et, du jour au lendemain, on nous empêche d'exploiter nos terres, en interdisant le pâturage, la fertilisation..., tout en nous obligeant à les entretenir par broyage".

 

Un coût pharaonique

 

La FDSEA dénonce aussi le coût pharaonique des travaux engagés. "Il a fallu tirer une canalisation de 11 km jusqu'à la station de Plouénan, indique François Plougastel, membre du Bureau. Et construire des bâtiments dans un site pourtant classé espace naturel". Alors qu'une inter-connection avec Morlaix aurait suffi, pour un coût bien moindre. "C'est la solution adoptée quand le débit du Coatoulzac'h n'est pas suffisant".

Fermement décidée à arrêter les travaux, la FDSEA saisit en référé le tribunal administratif de Rennes. Début d'un long épisode judiciaire ! Débouté en mars 2009, le syndicat s'attaque ensuite à l'arrêté préfectoral de juin 2009 mais est à nouveau débouté, en août 2012. Il décide alors de faire appel. Et deux ans plus tard, un arrêt de la Cour administrative de Nantes lui donne pleinement raison. "La Cour a reconnu que l'enquête publique présentait un coût des travaux, 5 millions d'€, bien inférieur à la réalité, proche des 7 millions d'€, énumère François Plougastel. Et qu'elle ne présentait pas les impacts sur l'environnement". L'enquête publique n'ayant pas informé correctement la population, les arrêtés préfectoraux sont annulés à compter du 1er mars 2015, le temps pour le Préfet d'assurer une nouvelle enquête publique. "A moins que l'Etat ne décide de se pourvoir en cassation".

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