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La FDSEA interpelle le préfet

Un calendrier d'interdiction d'épandage sur maïs qui s'allonge, un embargo sur le porc en Russie et des producteurs d'oeufs à la peine... Trois sujets d'importance pour les responsables de la FDSEA qui en appellent à l'État. Ils n'ont pas manqué de le signifier, lundi matin, au préfet du Morbihan.

Les responsables de la FDSEA et JAont rencontré le préfet pour lui déposer 200 demandes de dérogation individuelle d'épandage, conséquence d'un calendrier d'interdiction qui s'allonge.
Les responsables de la FDSEA et JAont rencontré le préfet pour lui déposer 200 demandes de dérogation individuelle d'épandage, conséquence d'un calendrier d'interdiction qui s'allonge.
© claire le clève

 

 

Quel rapport entre l'embargo russe sur le porc européen, la chute du cours de l'oeuf et le calendrier d'épandage sur maïs ? "Le ras le bol des producteurs", résume la délégation de la FDSEA à l'issue de sa rencontre avec le préfet, lundi dernier. L'exaspération s'exprime en premier lieu face à la réglementation environnementale. "Son évolution est permanente et les contraintes sont de plus en plus importantes", pointe Frank Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan, face à l'évolution de l'interdiction d'épandage sur maïs. Elle a été repoussée du 15 mars au 31 mars depuis 2014. "C'est une aberration. Nous avons des pratiques intelligentes, nous épandons quand les terrains sont portants et que le temps le permet. Arvalis nous dit qu'à 20 ou 30 unités d'azote près, on est bien incapable de dire le besoin d'une plante alors qu'on est au millimètre avec les reliquats d'azote. Ce report est un non sens agronomique", déplore Thierry Coué, vice président. Les responsables de la FDSEA ont ainsi déposé 200 demandes de dérogations individuelles d'épandage auprès du représentant de l'Etat. Et de dénoncer les travers de la mesure. Outre la remise en cause des capacités de stockage des exploitations, "il va nous falloir plus de matériel et plus de main d'oeuvre pour concentrer ces épandages avec pour conséquences, une augmentation de nos charges. Face à l'impossibilité de les répercuter, il nous faut les compresser en nous regroupant. Est ce que le combat d'Eau et Rivières de Bretagne est de favoriser la concentration des exploitations ?", interroge Franck Pellerin.

 

La Russie se ferme au porc européen

Pour 3 cas de peste africaine sur sanglier en Lithuanie, puis en Pologne, le porc venant des 27 pays européens se voit interdit 3 ans d'exportation vers la Russie. "C'est complètement politique avec le soutien de l'Europe à l'Ukraine", regrette François Valy, responsable du dossier porc à la FDSEA du Morbihan. Pour contrer l'effet dévastateur de la mesure, les éleveurs français réclament la possibilité de parvenir à des accords bilatéraux avec la Russie. Elle pourrait revenir sur son interdiction "pour des états, comme la France, qui n'ont pas de frontière commune avec ceux touchés par la peste... ce serait vrai pour des porcs nés élevés et abattus en France. Ce que nous pouvons garantir avec notre mention d'origine. Mais les allemands y font obstruction. Ils ont une frontière commune avec la Pologne". Une affaire très politique pour laquelle les éleveurs français attendent l'appui du gouvernement.

 

OEufs, risque de casse

Quant à l'oeuf ? "Nous avons beaucoup de jeunes investisseurs", pointe Frédéric Daniel, président de JA. Jeunes producteurs que la chute des cours pénalise doublement, au lendemain de la mise aux normes bien être. "Stéphane Le Foll avait donné son engagement de soutenir l'export pour désengorger les marchés, nous sommes venus le rappeler au préfet", note le responsable. Car, "malgré la limitation du nombre de poules par cage, les abattages, l'allongement des vides et les baisses de contrat, la situation empire. Il faut relancer l'export", constate-t-il attendant également un coup de pouce de l'État face à la création d'AOP et d'OP. "Les producteurs expriment la volonté de s'organiser en association pour réguler le marché", enchaînent les responsables de la FDSEA. Seul hic, le mini paquet lait leur en offre la possibilité, à une condition : être propriétaire de son cheptel. "Ce qui n'est pas toujours le cas en pondeuse. Il faut donner les moyens aux éleveurs de s'organiser", insistent-ils. "L'agriculture est le poumon économique de la Bretagne, il va falloir arrêter de charger la barque et de décourager le monde paysan", fustigent ces producteurs pointant les contrôles réalisés par l'Onéma, "en uniforme militaire et armé". Profession qui se passerait bien de cette stigmatisation supplémentaire, "nous sommes accusés à tord de mille maux, jusqu'aux particules dans l'air ! Mettons de la pédagogie dans ces contrôles, nous ne sommes pas des délinquants", met en garde Marie Andrée Luherne.

 

Claire Le Clève

accroche : -Est-ce que le combat d'Eau et Rivières de Bretagne est de favoriser la concentration des exploitations ?",

 

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