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La FDSEA interpelle les élus : "faites de l’agriculture un cheval de bataille"

Lourd contexte que celui de l’agriculture en crise. Et les actions menées, il y a un an encore, étaient présentes dans tous les esprits, vendredi dernier lors de l’assemblée générale de la FDSEA à Grandchamp, inventaire et avancées pointés. Mais il s’est agit aussi de tracer des pistes, sous la houlette de Xavier Beulin. Députés et sénateurs présents ont entendu l’urgence de la requête à"faire de l’agriculture un cheval de bataille".

 

Constat : "le malaise est réel dans les exploitations". Avec son parlé juste, c’est à Rachel Le Dirach, éleveure laitier à Sulniac, que reviendra la tâche de poser le débat, l’après midi, évoquant ces agriculteurs qui se cherchent un avenir sur fond de crise. Avec en prime, ce mal être paysan que chacun estime ne pas être la seule conséquence d’une économie en berne . "On ne va pas se voiler la face. Les gens en collectif de méthanisation se font attaquer par des collectifs de citoyens, beaucoup d’agriculteurs vivent des difficultés financières, il y a des suicides... On ne sait plus quoi produire, ni comment, avec des associations comme L 214 qui nous font beaucoup de mal". Au premier rang de l’espace 2 000 à grand Champ qui accueille plus de 200 adhérents de la FDSEA du Morbihan en ce vendredi après midi, les élus, députés ou sénateurs du département, quasi tous, sont présents pour entendre l’appel qui leur est ainsi lancé. L’accent est grave, "on parle toujours du bien être animal mais qui se soucie de notre bien être à nous! ". La formule de la jeune femme a fait mouche, ponctuée d’applaudissements.

Des solutions qui ne sont pas à la hauteur

Déçu, Xavier Beulin ne se cachera pas de l’être, notamment sur "les réponses apportées face aux crises que nous subissons. On fait à peine assez dans ce registre social et humain", estime-t-il, cautère sur jambe de bois, avant d’enchaîner en premier lieu sur le volet sur économique : "il faudra bien traiter les causes de ces crises". Et de désigner très clairement "nos voisins qui nous exportent de plus en plus et viennent capter nos marchés". Solutions ? Politiques européennes, poids des filières, fiscalité, relations commerciales et innovations dont la robotique sont "autant d’approches à combiner pour développer de la performance économique, environnementale et sociale". Coté désamour, Frank Guéhénnec, reconduit à la présidence de la FDSEA d’interroger sur l’origine de cette défiance que subit l’agriculture, "même les manuels scolaires peuvent être à charge contre l’agriculture. C’est par là que cela commence". Et sur le rôle économique Xavier Beulin pour qui cette dimension a également disparu de l’enseignement économique en secondaire, insistera : "on nom de quoi devrait-on se cacher d’être des acteurs économiques", et pour qui fermes ouvertes et rencontres avec les jeunes doivent se poursuivre pour "percoler dans le société".

Une image à restaurer

De la nécessité de continuer à faire évoluer une image de l’agriculture, mise à mal. "C’est de la communication, il faut être sur les réseau sociaux, faire une chaîne You Tube, les jeunes sont là", estime, depuis la salle, Sylvaine Dano. Pour se rapprocher des citoyens, Pascal Nizan proposera qu’une partie du RSA distribué "le soit sous forme de bons pour des produits alimentaires français".

Mais pour un retour sonnant et trébuchant, car c’est aussi l’espoir attendu en terme de retour sur image, idem face aux efforts en matière d’environnement. "La valeur ajoutée est sur nos exploitations mais ce sont les organismes extérieurs qui en bénéficient", déplore Rachel Le Dirach. Que faire ? Côté lait, "se regrouper de manière plus efficace", insiste le patron de la FNSEA. Côté prix, "intégrer l’indicateur coût de production dans la négociation du prix". Le coût moyen du panier de la ménagère était de136 euros mensuels en 2015, soit 10,5 % des revenus 2016, il en représentait 35 % dans les années 60. Et Xavier Beulin de citer la récente enquête de Familles Rurales. "En 10 ans, l’inflation a augmenté de 14,8 % quand dans le même temps, les prix alimentaires ne progressaient que de 4,5 %. Ces 10 points d’écart, on ne les a plus. Défendre le pouvoir d’achat, d’accord, mais n’oublions pas le maillon amont", martèlera t-il devant un public tout acquis à la cause.

Manger Français

Porter la discussion sur les prix, tel est donc l’enjeu et d’évoquer le droit à l’expérimentation sur l’étiquetage obtenu par la France et l’action sur le "Manger français" pour reconquérir le marché intérieur", pointera Frank Guéhennec. "Je crois que les français sont prêts à mettre quelques centimes de plus", lance Xavier Beulin. Une requête légitime. Et pour porter ce message, François-Régis Huet estime que seuls les agriculteurs sont "audibles et crédibles, plus que les distributeurs. On parle encore aux consommateurs". Et Dominique Moréac, éleveur de porc à Séglien de le confirmer suite à l’enquête menée sur la mise en avant du Logo Viande Produite en France. "Le consommateur demande la même chose que nous, de la traçabilité et du produit en France, on s’est senti soutenus". Reste à prolonger l’action dans la sphère de la restauration hors foyer. Même si le travail avec de grandes enseignes de la RHF commence à porter ses fruits, des nœuds persistent, notamment en volaille soulignera Jean Michel Choquet."On importe 40 % de la volaille qui est consommé en France, et 80 % en restauration hors foyer". De quoi regarder son sandwich au poulet d’un autre œil.

Agriculture structurante pour le territoire

Alors à moins de 80 jours des échéances présentielles, puis législatives qui suivront, il est un autre constat que les agriculteurs ont souhaité rappeler par la voix de Dominique Ballac, producteur de lait à Saint Dolay. "Nous agriculteurs en France, on est menés à la dure… En matière de lourdeurs administratives, c’est affligeant...L’absence de lisibilité... Avec un tiers des agriculteurs qui en France vont toucher moins de 350 euros, c’est honteux vu l’engagement souvent familial. Le monde agricole s’essouffle", a-t-il mis en garde devant les élus rassemblés. Et pas question de botter en touche, notamment sur la question européenne a pointé Franck Pellerin, "Trop facile de dire, c’est à cause de l’Europe, l’Europe c’est nous, nous sommes membre fondateur, on y croit" a t-il insisté encourageant à peser pour retrouver poids et ambition pour l’agriculture, ici mais également en Europe, "3 éme puissance mondiale forte de 500 000 millions d’individus". Et ce notamment au travers d’une Pac en préparation (lire en –7). De quoi faire !

"Vous avez l’impression qu’on se plaint mais nous avons des positions et des propositions pour tirer l’agriculture vers le haut", résumera Frank Guéhennec appelant chacun à porter cette ambition, "à faire briller l’agriculture sous toutes ses formes".

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

X Beulin

exergue : "En 10 ans, l’inflation a progressé de 14,8 % quand dans le même temps, les prix alimentaires progressaient de 4,5 %, ces 10 points d’ écart, on ne les a plus. Défendre le pouvoir d’achat d’accord mais n’oublions pas le maillon amont"

F Guehennec : "Malgré les attaques sur la puissance de notre syndicat, on ne va pas s’excuser d’être efficaces

 

 

 

 

 

 

Coup de vent !

Initialement prévue à Lorient, la tempête soufflant sur le littoral morbihannais a dévié vers l’aéroport de Rennes, plus au calme, l’atterrissage de l’avion qui transportait Xavier Beulin. Un changement de programme qui ne l’a pour autant pas détourné de l’échange à huis clos, prévu entre entre le président de la FNSEA et les adhérents de la FDSEA, avant le débat ouvert à tous l’après midi. En question, la communication de la FNSEA et l’élevage, parent pauvre, les multiples fonctions de son président, les élections à venir…. Autant d’interrogations qui ont trouvé réponses, "tu auras tout mon soutien pour continuer à porter très haut notre agriculture", lui assuré Frank Guéhennec en prévision du congrès national de la FNSEA prévu en mars prochain à Brest, un congrès électif .

 

 

Xavier Beulin, FNSEA :

- "Avec l’incendie criminel de l’atelier collectif d’engraissement de Saint-Martial-Le-Vieux, on a passé un cran, ce n’est plus supportable "

-"En pleine crise sanitaire, de la part de certaines enseignes de la GMS de basculer 100 % en œuf plein air, est-ce sérieux ? "

-"L’impossibilité de mettre en place le fonds porcin, je n’ai pas oublié. Entre 2015 et 2016 ce sont 50 et 60 millions d’euros qui ne sont pas revenus aux éleveurs !… On est sur des produits de grande consommation challengés par des pays voisins. Bruxelles ne fait pas assez mais il y a aussi ce que l’on n’a pas fait dans nos filières."

-"L’attitude de Lactalis est scandaleuse, nous ne sommes pas ses serfs"

 

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