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Production porcine
La FDSEA réfléchit à une AOP

Réunie à Saint Ségal le 10 septembre dernier, la section porcine de la FDSEA a planché sur une nouvelle organisation économique de la production en OP et AOP, association d'organisations de producteurs.

"La situation ne s'améliore pas". Emile Riou, nouvellement élu à la tête de la section porcine de la FDSEA, a ouvert la réunion par un point de conjoncture. "Le prix est monté jusqu'à 1,36 € pour redescendre, aujourd'hui, à 1,21. On a perdu 15 centimes pour rien". Et les nouvelles en provenance de Bruxelles ne sont pas pour rassurer les producteurs. "Ils se basent sur le fait que, de 2003 à 2007, le prix du porc n'a pas été si mauvais, que le prix de l'aliment a chuté et qu'il n'y a pas eu de diminution de la consommation à cause du virus H1N1 pour ne pas octroyer de restitutions".

Une autre organisation de la mise en marché

"Il nous faut une approche différente de la mise en marché de nos produits". C'est parce qu'ils veulent retrouver du pouvoir au sein de la filière, et ne plus être simplement des apporteurs de matière première, que les producteurs ont réfléchi à une organisation basée sur les OP, les organisations de producteurs, et une AOP, une association regroupant l'ensemble des OP.
"Aujourd'hui, sur les 14 millions de porcs produits dans le Grand Ouest, seuls 16% passent au MPB, le marché du porc breton, rappelle Emile Riou. Avec un schéma en OP et AOP, une plate-forme de première mise en marché permettrait de regrouper l'ensemble de l'offre". Les atouts sont nombreux. "Tout le monde participera à la gestion du marché. Les abattoirs seront mis en concurrence et la confrontation entre l'offre et la demande sera réelle". Et l'AOP permettrait aussi de gérer le marché, via l'exportation de laitons, de porcs en vif... en fonction des opportunités.

Une évolution indispensable

Pour le moment, la réflexion n'en est encore qu'à ses débuts et les interrogations demeurent nombreuses : comment réussir à mettre tous les groupements autour de la table, alors qu'ils ont des politiques commerciales si différentes ? Quel financement ? Quel transfert de propriété prévoir entre groupements et AOP ? Et comment définir un socle commun de qualité, permettant de s'affranchir des différents cahiers des charges, qui pré-affectent aujourd'hui une bonne partie des porcs ?
"Il faudra pourtant arriver à faire quelque chose", estime Michel Bloc'h, le président de l'UGPVB, l'union des groupements de producteurs bretons, en dénonçant les distorsions de concurrence sociales au sein même de l'Union européenne. "Si les allemands ne connaissent pas la crise, c'est parce qu'ils ont un différentiel de coût de production de 5 à 10 €/porc, en payant 1 000 €/mois des salariés en provenance de l'Est, qui travaillent 60 heures par semaine". La solution ? "Il nous faut, d'une façon ou d'une autre, parvenir à protéger notre marché, comme les allemands ou les espagnols savent le faire". Pourquoi ne pas s'inspirer de ce que vient de faire la production laitière, avec son "lait de France", décliné par Sodiaal en "lait produit ici" ?
La réflexion sur OP et AOP va suivre son cours, la FDSEA s'apprêtant à la porter d'abord au niveau de la FRSEA puis au sein des groupements et de l'UGPVB. "Mais ce n'est pas l'AOP qui permettra d'atteindre 1,50 €/kg, prévient Emile Riou. Elle nous permettra juste de ne pas répéter ce qui s'est passé cet été sur le dos des producteurs".

 

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