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PORC
La filière demande des restitutions à l'export

Pour rééquilibrer les prix de marché et maintenir son potentiel de production, la filière porcine demande le retour rapide des restitutions.

Les producteurs d'Ille-et-Vilaine sont allés demander des comptes aux responsables d'Abera.
Les producteurs d'Ille-et-Vilaine sont allés demander des comptes aux responsables d'Abera.
© Terra
En production porcine, la crise s'amplifie. Le cours du porc continue de baisser et atteint un prix au cadran de 1,16 euro du kg de carcasse. Le prix de l'aliment est passé en une année de 160 euros la tonne à 230-250 euros. Autant dire que la situation des producteurs ne cesse d'empirer : avec un coût de revient de 1,55 euro du kg de carcasse et des pertes qui atteignent 20 à 25 e par porc produit, la crise est inédite et brutale.
Dans les départements bretons, la mobilisation s'accentue. Plus de 200 éleveurs réunis dans les Côtes d'Armor à l'appel de la FDSEA/JA; 150 en Ille-et-Vilaine devant l'abattoir Abera; des rencontres avec les préfets des départements du Finistère et des Côtes d'Armor, sans parler de la présence au marché du porc breton, par deux fois, de groupes de producteurs.
Réactiver les restitutions
"Le marché se régulera s'il y a baisse du nombre de porcs", souligne-t-on du côté des professionnels de la filière porcine. La production de porcs en Europe est trop importante : le taux d'autosuffisance de l'UE à 25 atteint 107%, avec en tête, l'Espagne, l'Allemagne et le Danemark. S'il est l'important de se positionner sur le marché export, il n'en demeure pas moins que la viande de porc européenne est fortement concurrencée sur les marchés mondiaux par celle produite aux USA, au Canada ou au Brésil. Pour Jean-Jacques Riou, président du MBP, les producteurs de l'U.E cumulent deux handicaps : l'un est monétaire; l'autre, réglementaire. "La parité euro/dollar est plus que jamais favorable à la zone dollar", indique-t-il dans un communiqué. Il est difficile, d'autre part, de tirer son épingle du jeu face aux distorsions de concurrence, "quand la réglementation européenne non OGM, sans farines animales, sans facteurs de croissance provoque un écart de coût de production de 22 à 38 ct du kg de carcasse selon les pays". A cela s'ajoute la différence de prix des céréales. Aux USA, le maïs non OGM s'achète à 120 euros la tonne, tandis que les producteurs européens le négocient à 260 euros la tonne.
La filière porcine estime que l'Etat doit intervenir pour corriger les écarts de coût de revient "en réintroduisant momentanément et de façon forte les restitutions à l'export". Vendredi 28 septembre, la FNP est montée à Paris rencontrer un conseiller du ministre de l'Agriculture. "La France a demandé officiellement à la Commissaire européenne à l'agriculture la mise en place des restitutions et du stockage privé", indique Jeff Trébaol, vice-président de la FNP, soulignant une demande commune faite par d'autres pays de l'UE. Un comité porcin à Bruxelles se réunira le 18 octobre prochain. "On espère que les restitutions seront réactivées à l'issue de cette réunion", indique le responsable.

Débloquer des fonds
D'autres mesures plus franco-françaises ont été demandées aux pouvoirs publics pour faire face à la crise : le report des cotisations sociales; la prise en charge des intérêts d'emprunts et la possibilité de repousser les annuités de l'année en fin de prêts. "Des pourparlers sont en cours", indique Jeff Trébaol.
En parallèle, sur le terrain, les actions, ces dernières semaines, se poursuivent (voir encadrés). Le souci de transparence sur les prix de retrait au MPB par les entreprises, est une demande forte des producteurs de porcs. D'où le rassemblement au marché du cadran à Plérin, des Jeunes agriculteurs et des producteurs FDSEA, pendant les séances de vente les jeudis 20 et 27 septembre pour tenter d'infléchir la tendance baissière. Ces actions auprès des acheteurs devraient être reconduites.Finistère : les éleveurs alertent préfet et parlementaires
En attendant de rencontrer les parlementaires cette semaine, les responsables porc de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont alerté, le mardi 25 septembre, le préfet sur la situation "insupportable" des éleveurs de porcs, suite à l'augmentation très importante du prix des matières premières végétales et la non répercussion de ces surcoûts dans le prix de vente du porc. "Nous demandons la mise en œuvre de restitutions à l'exportation et le financement de stockage privé pour redonner de la compétitivité à la filière. Mais aussi l'adoption de mesures de soutien nationales : prise en charge des cotisations sociales et des intérêts d'emprunts et la possibilité de repousser les annuités de l'année en fin de prêts".
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