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La filière porcine s’est endormie sur ses lauriers, il faut répondre aux attentes du consommateur

François Valy, responsable régional de la FRSEA Bretagne assistait à l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine le 13 juin. Il nous livre son analyse des évolutions du marché et de la filière.

François Valy, responsable régional porc de la FRSEA Bretagne
François Valy, responsable régional porc de la FRSEA Bretagne
© Terra

Vous participiez à l’assemblée générale de la FNP, quelle était l’ambiance ?

François Valy. L’ambiance est plus sereine que l’an passé, mais de profondes inquiétudes demeurent sur la pérennité de la filière française compte-tenu du manque de confiance des éleveurs qui se traduit par une baisse de production. Sur le marché intérieur, l’effet du "porc français" est notable avec une baisse des importations de 10,7 % en 2016 et une augmentation des exportations de 4 %. Quant à la baisse de consommation en France, elle est similaire dans les autres pays européens.

Sur le marché export, les cinq destinations principales sont asiatiques, avec la Chine en premier lieu (+ 66 %). L’Allemagne reste le premier exportateur mais la croissance de l’Espagne lui permettra de devenir le premier exportateur de l’UE dans quelques mois.

Concernant la conjoncture, les choses sont assez claires : grâce à la demande asiatique, il n’y a plus de stocks en Europe. La hausse des prix est généralisée, mais le prix français est décalé de plus de 10 centimes. Ce retard français est une anomalie qu’il faut corriger très rapidement d’autant plus que, malgré un prix inférieur, la France n’exporte pas plus que l’an dernier, ni plus que l’Allemagne ou l’Espagne.

La production porcine bretonne est-elle prête pour ces évolutions de marché ?

F.V. Pour faire face au rouleau compresseur allemand et au dynamisme espagnol, il faut regrouper l’offre au niveau de la production pour peser dans la filière. Il faut surtout conserver le marché intérieur, re-capté grâce au travail syndical sur l’origine des viandes. Le mouvement lancé dans les groupements, avec le GIE entre Prestor et Aveltis, est un bon premier pas mais reste insuffisant. Nous encourageons donc les autres groupements à agir vite maintenant !!

Selon nous, le projet de regroupement des OP bretonnes n’a pas abouti à cause de querelles de clochers qui desservent une fois de plus les éleveurs. C’est déplorable… L’ambition que nous portons, nous syndicalistes, c’est le revenu de l’éleveur ! Pour cela, il faut profiter des marchés porteurs actuels. Il faut tout faire pour ramener le maximum de valeur aux éleveurs.

Quelles sont les solutions proposées pour inverser l’évolution de la consommation de viande de porc ?

F.V. La filière porcine s’est endormie sur ses lauriers et n’a pas modernisé l’offre produits aux consommateurs. Il faut prendre les bonnes idées des autres filières et les adapter à la viande porcine. Regardez ce qu’a fait la filière volailles. Elle a su développer de nouveaux produits qui correspondent aux différents modes de consommation, notamment le snacking qui prend de plus en plus de place. Attention, je ne parle pas là de segmentation supplémentaire, je parle d’innovation et de nouveaux modes de consommation. Trop de segmentation tue la valeur dans la filière au profit de la distribution.

Pour des raisons marketing, certains opérateurs ont choisi la facilité en communiquant sur des produits "sans" : sans antibiotique, sans OGM… Cela crée de la suspicion dans la tête du consommateur envers la viande porcine française.

Il faut pourtant répondre aux demandes des consommateurs mais de façon positive, en mettant en avant tous les efforts faits par les éleveurs et dans la filière pour apporter aux citoyens un produit qualitatif, sain et tracé. Il faut aussi rémunérer chaque acteur de la filière en fonction des efforts et de la valeur qu’il crée. La FNP a lancé un chantier sur la qualité de la viande et nous allons maintenant le décliner en régions

La FNP s'intéresse à la PAC

À l'occasion de l'assemblée générale de la FNP, son président Paul Auffray a expliqué que sa structure a créé récemment, et pour la première fois de son histoire, un groupe de travail sur la PAC, en vue de faire bénéficier les éleveurs de porcs d'une éventuelle réorientation des soutiens de la PAC vers les outils de gestion des risques. La FNP parie notamment sur des soutiens européens qui pourraient abonder des fonds de mutualisation par filière. La FNP et l'interprofession travaillent depuis plusieurs années, en vain jusqu'ici, à la création d'un fonds sectoriel, financé par un prélèvement auprès du consommateur. Actuellement, les producteurs de porc ne bénéficient des aides de la PAC qu'au travers de leurs productions végétales. / Agra


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