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OLÉOPROTÉAGINEUX
La filière régionale fait le point

Xavier Beulin, le président de la FOP, était vendredi à Rennes pour animer une réunion régionale Proléa, au cours de laquelle un large tour d'horizon des questions liées à la filière oléoprotéagineuse a été effectué.

Devant un parterre de responsables de la filière régionale Jean-Yves Tessier a accueilli le président de la FOP, Xavier Beulin.
Devant un parterre de responsables de la filière régionale Jean-Yves Tessier a accueilli le président de la FOP, Xavier Beulin.
© Terra
En introduction de cette matinée, Xavier Beulin, après avoir été accueilli par Jean-Yves Tessier, délégué régional de la FOP, a évoqué rapidement quelques points d'actualité dans une intervention plus "politique". A commencer par l'OMC : "la situation des productions agricoles a changé et pourtant les grands négociateurs, dont Pascal Lamy, n'en tiennent pas compte". Et de rappeler que la filière n'acceptera pas que l'Europe baisse la garde sur l'accès aux marchés.

Refus d'un système figé
Xavier Beulin s'emporte gentiment quand il évoque la pression médiatique sur les biocarburants, accusés à tort, selon lui, d'être à l'origine de la flambée des prix et des "émeutes de la faim" dans certains pays. La surface agricole de l'UE consacrée aux biocarburants, rappelle-t-il, est inférieure à 2%, alors que la jachère a disparu.
"Les orientations de la PAC et du bilan de santé ne correspondent pas à nos vœux", explique-t-il encore, en refusant "un système figé au nom d'une seule doctrine". Pour lui, il n'y a pas lieu de démanteler les outils de gestion des marchés et ce n'est pas le moment de se désengager du 1er pilier. Il ne cache pas que "la bataille sera rude" et attend beaucoup de la présidence française de l'UE au second semestre.
Enfin, dans une région comme la nôtre, le président de la FOP se devait d'évoquer le sujet du rapport entre les productions végétales et les filières animales qui subissent de plein fouet l'augmentation du coût des matières premières. Il a ainsi rappelé la création, avec la participation de Sofiprotéol et d'autres acteurs financiers, dont le Crédit agricole, de la caisse d'avance de trésorerie aux groupements porcins, qui sera dotée d'un fond de 100 millions d'euros au printemps 2008. Le mécanisme d'attribution sera coordonné par la section porcine Coop de France bétail et viande et par la FNP.
"Nous sommes en train de réfléchir à la mise en place d'un dispositif de solidarité, un terme que je n'aime pas vraiment, qui permettrait d'alimenter un fond d'intervention directe au bénéfice des filières animales, pour peser à la baisse sur le prix de l'aliment. Les relations entre les filières animale et végétale sont un véritable enjeu", a-t-il complété.

Renforcer le lien végétal-animal
Place fut alors laissée aux exposés plus "techniques", le premier ayant trait au marché des oléoprotégineux. En résumé, en raison d'une baisse des surfaces, voire dans certains pays de mauvaises récoltes, l'offre s'est réduite, tandis que la demande s'est accrue, notamment en raison de la demande chinoise et indienne. D'où la flambée des prix. Un second exposé a démontré que la filière industrielle de trituration ou de fabrication de diester se développait normalement avec pour conséquence de sécuriser les débouchés des productions oléagineuses et l'approvisionnement des filières animales. On attend en effet 1,3 million de tonnes de production locale de tourteaux, essentiellement de soja, qui pourraient se substituer en partie au 1 million de tonnes d'importation.
Un tourteau de colza, dont un autre exposé sur l'évolution de la filière dans le secteur de la nutrition animale, a vanté les mérites car il constitue une opportunité en termes de proximité, de sécurité et de qualité. "Les tourteaux de colza et de tournesol sont d'une qualité connue, constante et régulièrement contrôlée par le laboratoire du Cétiom et par ceux des usines", a rappelé l'intervenant.
La nutrition animale représente en volume 60% du débouché des graines oléoprotéagineuses françaises. Elle est une composante essentielle de la rentabilité de la
filière, n'a-t-on pas caché, ajoutant : l'implication croissante de Sofiprotéol dans le secteur de la nutrition animale permet de renforcer le lien végétal-animal dans notre agriculture".
L'exemple du groupe Glon tout proche l'illustre parfaitement.
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