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La filière volaille de chair face aux controverses

Dans le cadre de sa journée nationale des professionnels de volailles de chair le 16 novembre à Pacé, l'Itavi est notamment revenu sur les controverses autour de l'élevage et sur les enseignements à en tirer pour les filières. Présentation des résultats de l'étude Accept, programme Casdar réalisée entre 2014 et 2018.

Pascale Madgelaine : "On assiste à une montée en puissance progressive avec des remises en cause de plus en globales aux impacts de moyen et long terme sur la demande".
Pascale Madgelaine : "On assiste à une montée en puissance progressive avec des remises en cause de plus en globales aux impacts de moyen et long terme sur la demande".
© Terra

Bien-être animal, pollution, consommation de viande, OGM, modèle indutriel... L'élevage est dans un contexte de forte remise en cause, sujet à toutes les controverses, au sujet de l'environnement, mais aussi de la condition animale, des questions sanitaires ou encore de l'aspect socio-économique. "On assiste à une montée en puissance progressive avec des remises en cause de plus en plus globales aux impacts de moyen et long terme sur la demande", souligne Pascale Madgelaine, directrice économie et prospective Itavi. Ainsi, dans les années 1980, c'est la question de l'impact environnemental qui a émergé, puis celle du bien-être dans les années 1990, avant la santé et la taille des élevages dans les années 2000, et enfin la question de l'éthique animale depuis 2010. Des controverses apparaissent mais n'effacent pas les précédentes ; elles s'ajoutent plutôt les unes aux autres. "Dans ces débats de société, on a d'un côté le monde associatif et de l'autre le monde agricole, deux acteurs qui s'affrontent face au consommateur, au citoyen et aux pouvoirs publics. Entre les deux on a aussi les médias et les acteurs de l'industrie agroalimentaire et de la distribution qui peuvent influencer dans un sens ou l'autre", développe Pascale Magdelaine.

Consommation de viande en déclin

De manière générale, la consommation de viande est en déclin depuis 20 ans, mais les disparités selon les productions sont réelles. Ainsi, la volaille maintient sa dynamique de consommation. Attention toutefois car certains signes doivent déjà interroger. En effet, si la consommation globale augmente, la consommation à domicile est en baisse depuis 5 ans. Face aux résultats des enquêtes menées auprès des consommateurs, les stratégies d'entreprises et nationales varient selon les contextes. En France et en Italie, on a fait le choix de segmentations de marchés anciennes, construites en partenariat avec les pouvoirs publics via des labels officiels. "C'est ce que l'on appelle la stratégie de grands pas sur des petits volumes", ajoute la représentante de l'Itavi. À l'inverse, en Europe du Nord, ce sont davantage des "petits pas sur des gros volumes" avec des marchés plus standardisés et des initiatives collectives récentes. À l'image de l'exemple néerlandais et son poulet de demain ou de l'initiative allemande Tierwohl.

Pour Pascale Magdelaine, un dialogue est nécessaire avec la société sur les sujets de débat sur l'élevage et "les évolutions attendues des systèmes d'élevage vont boulverser la segmentation de marché". Reste une question : comment répercuter vers l'aval les surcoûts et les investissements nécessaires ? Un sujet qui rejoint les discussions des récents États généraux de l'alimentation et la répartition des marges. Mais à défaut de passer de l'objectif au concret, les éleveurs risquent de ne pas récupérer la valeur ajoutée qu'ils auront créée.

Situation des marchés

Au niveau mondial, la viande de volaille sera la première viande produite dans le monde en 2017, avec une production concentrée autour de quelques acteurs mondiaux (États-Unis, Asie, Europe, Brésil). On assiste à une progression du commerce mondial depuis dix ans (Brésil : + 12,6 %, États-Unis : - 1,1 %, UE 28 : + 23,4 %, Thaïlande : + 31,8 %, Chine : + 17,9 %).

Au niveau européen, la production polonaise est toujours en forte croissance depuis son entrée dans l’Union européenne. Le solde est excédentaire en volume mais déficitaire en valeur.

Pour la volaille de chair française, on assiste à une baisse de la production de volaille depuis 1998. La consommation totale est toujours dynamique mais l'approvisionnement extérieur est croissant. L'évolution des achats des ménages est moins dynamique, et s’oriente vers davantage de produits transformés.

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