Aller au contenu principal

La formation, un levier pour adapter son exploitation

Au Gaec de Kergoat, à Spézet, se former a toujours été une évidence. Et, 20 ans plus tard, les associés mesurent le trajet parcouru !

Au premier plan : Joël et Sylvie Quéré, agriculteurs à Spézet. Au second plan : Sophie Jézéquel et Jean-Hervé Caugant, vice-présidents de la Chambre d'agriculture.
Au premier plan : Joël et Sylvie Quéré, agriculteurs à Spézet. Au second plan : Sophie Jézéquel et Jean-Hervé Caugant, vice-présidents de la Chambre d'agriculture.
© Chantal Pape

 

"Sans la formation, je n'en serai pas là". Producteur de lait à Spézet, Joël Quéré le reconnaît volontiers, c'est la formation continue qui lui a permis d'adapter son exploitation. D'abord installé en Gaec avec ses beaux-parents, il travaille, depuis leur départ en retraite, avec son épouse et son beau-frère. Et cela fait une vingtaine d'années qu'il participe aux formations dispensées par la Chambre d'agriculture, 15 ans qu'il fait partie d'un groupe Atout lait.

 

Essayer

 

Ce qui a changé sur l'exploitation ? "La part du maïs ! On en produisait jusqu'à 27 ha". Avec un rendement faible, 8 t MS/ha, dans ces terres froides des Montagnes noires. "Et on pratiquait la mono-culture dans certaines parcelles". Aujourd'hui, le maïs n'occupe plus que 7 ha. Implanté après une prairie de 5 ans, le rendement a grimpé à 11 t. Et, durant l'hiver, les vaches complètent leur menu avec de l'enrubanné et des betteraves. "L'an passé, elles ont pâturé du colza, ce qui m'a évité d'acheter du soja".

Au fil du temps, le concentré a également disparu. "Avant, on n'imaginait pas faire du lait sans blé ! On a commencé par le supprimer au printemps. Et on a vu que tout se passait bien". Des évolutions rendues possibles par l'échange au sein des groupes auxquels participe l'éleveur. "Quelqu'un a essayé. Ca a marché. On a envie d'essayer aussi. Ou ça n'a pas marché, et on essaie de comprendre pourquoi".

 

Calculer

 

Car la formation est aussi là pour éviter de faire des erreurs. "J'en ai suivi une sur le petit éolien, relate Joël Quéré. Et je me suis rendu compte que, dans ma situation, ça ne valait pas le coup". Situées à 245 m, ses parcelles sont suffisamment ventées. Mais aucune solution ne tient économiquement la route pour stocker l'électricité et la restituer au moment de la traite qui mobilise 70% des besoins de l'élevage. "Pour la maison, ça aurait été plus intéressant. Mais, pour le moment, nous bénéficions d'un tarif attractif".

La recherche d'une plus grand autonomie est le fil rouge des formations que suivent les associés du Gaec de Kergoat. Autonomie alimentaire mais aussi autonomie dans la prise de décision. "J'ai suivi une formation pour être capable de réaliser seul mon plan de fumure. Et une autre pour pouvoir mieux gérer la trésorerie de l'exploitation, indique Joël Quéré, qui reconnaît ne pas avoir le droit à l'erreur. Avec 450 000 litres de lait pour 3 UTH, on a intérêt à faire les bons choix !"

75 thèmes, 170 stages

 

"Ces dernières années, Certiphyto a absorbé une bonne partie des fonds de formation Vivéa, indique Jean-Hervé Caugant, vice-président de la Chambre d'agriculture. Mais, cette année, on a décidé de repartir sur des formations techniques, l'informatique, le développement personnel, l'AEI...". Et, pour 2013-2014, le catalogue des formations continues de la Chambre d'agriculture offre pas moins de 170 stages, regroupés en 70 thèmes.

Dans un souci de simplification, un seul tarif s'applique, 8 €/heure. "Et les agriculteurs peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt de 9,43 €/heure, plafonné à 40 heures par exploitation", précise Sophie Jézéquel, vice-présidente de la Chambre d'agriculture.

Bon an, mal an, près de 1 300 stagiaires participent aux formations de la Chambre d'agriculture, ce qui représente entre 800 et 900 agriculteurs, certains participant à 2 voire 3 formations par an. Pas suffisant pour la Chambre d'agriculture, qui a décidé d'en faire l'une de ses priorités. "L'agriculture évolue. Se former permet de se tenir au courant", rappelle Jean-Hervé Caugant. "Et, dans le groupe, la confrontation enrichit la réflexion des uns et des autres", renchérit Sophie Jézéquel.

Le catalogue des formations est disponible sur demande au 02 98 52 49 78 ou dans les antennes de la Chambre d'agriculture. Il est également consultable sur le site www.chambre-agriculture-finistere.fr.

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le cheptel porcin chinois reconstitué, la filière française en crise
Le ministère de l’Agriculture chinois vient de révéler que le nombre de porcs vivants sera bientôt au même niveau qu’avant la…
"Une démarche remplie d’espoir et de sens"
Quatre ans après la création de "C’est qui le patron ?!", son fondateur, Nicolas Chabanne, revient sur l’évolution de la marque…
Pompiers volontaires : Laïta favorise l’engagement de ses salariés
Une convention avec le Sdis 29 l’a officialisé : Laïta va octroyer jusqu’à 10 jours par an à ses salariés sapeurs-pompiers…
La grange du Guilar, un nouveau magasin à la ferme à Bodilis (29)
Le premier confinement a multiplié son activité de vente à la ferme par quatre ! Pour offrir à sa clientèle une plus large gamme…
Le boycott des produits français : quel impact pour la Bretagne ?
Les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis le samedi 24 octobre dans plusieurs pays du Moyen-Orient…
Les agriculteurs sous la loupe de l'Insee
Les chiffres agricoles de l'Insee confirment les impressions du terrain mais alertent sur la baisse du nombre d'agricultrices. En…
Publicité